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Georg Trakl : la bouche noire du poète

Par Juan Asensio @JAsensio
Bataille de Passchendaele, novembre 1917, Ministère de la dé́fense nationale. Bibliothèque et Archives du Canada.
«Qui peut-il avoir été ?»
Rainer-Maria Rilke à propos de Trakl, Lettre de 1915 à Ludwig von Ficker.

Né en 1887, Georg Trakl est mort le 3 novembre 1914, d'une paralysie cardiaque due à l'absorption d’une trop forte dose de cocaïne.
Ce que dit Trakl
«Qui peut-il avoir été ?» s’interroge Rilke alors que, face à l’œuvre de Georg Trakl, n’importe quel lecteur est en droit de se demander, plutôt, comment a-t-il pu écrire, comment a-t-il pu écrire cela, comment, après Baudelaire, Nerval et Lautréamont, un poète a-t-il pu s’enfoncer aussi profondément dans l’obscurité d’une langue irrémédiablement hantée par le Mal, et hantée puissamment, poétiquement, je veux dire réellement, sans les afféteries d’un Baudelaire et les jeux parodiques d’un Ducasse ? Comment, jour après jour, inlassablement, celui qui fait profession d’écriture peut-il à ce point tenter de donner corps et parole à ce qui n’a pas de visage ni de bouche, à ce qui n’a pas de nom, à l’horreur ? Je sais bien quelle réponse, bêtement trouvée, platement trouvée, les mauvais lecteurs, les lecteurs qui arrosent copieusement le lichen de la clarté intellectuelle me donneront…

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