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Interview - Poney Poney

Publié le 17 mars 2008 par Oreilles

Poney Poney, au départ, c’était Antoine Hilaire en one-man-band. Mais dès son deuxième concert, le chanteur/guitariste s’est fait tirer son IPod, qui lui servait de batteur et de bassiste. Florent Lyonnet et Samuel Nicolas l’ont alors rejoint. Quelques morceaux sur des compiles, des remixes et un paquet de scènes plus tard, le trio pop et électro commence à se faire un nom. On a même pu écouter son remix de Don Rimini sur le sampler du magazine Tsugi de février. Et c’est aujourd’hui que sort, en Angleterre seulement, le premier EP officiel des Parisiens, Cross the fader (Perspex Recordings). Le fruit d’une collaboration avec un vieil ami : Xavier de Rosnay, de Justice. Antoine nous en dit un peu plus sur son groupe et ses projets.
International Pony, Poni Hoax, Ponypony Runrun, New Young Pony Club, Poney Poney, etc... Mais que se passe-t-il avec les poneys ?
Aucune idée, tous ces gens ont dû trouver ce mot mignon en même temps. Ca fait un petit moment que je me le trimballe, je l'aime bien donc. Malgré les amalgames parfois malheureux, on garde le cap. Je trouve que le côté cool est surtout dans le double nom plutôt que dans l'image de l'équidé.
Comment as-tu rencontré tes acolytes Florent et Samuel ? Se contentent-ils de jouer batterie et basse ou bien composez-vous ensemble ?
Sam était dans la même fac que moi, on s'est échangé des cassettes de démos de nos groupes. Florent a commencé à sortir avec une amie à moi et on a vite sympathisé et commencé à jouer ensemble dans une cave avec un ami, Benji, qui a d’ailleurs enregistré des morceaux de Poney Poney.
Au bout d'un moment, il a semblé normal de monter un vrai groupe Poney Poney plutôt que pondre un titre de temps en temps sous ce nom, vu que les groupes de fac, c'était fini.
Comment en êtes-vous venus à sortir votre EP Cross the fader sur le label anglais Perspex ?
Anu Pillai, le boss et leader de Freeform Five, a été l'un des premiers à nous proposer une sortie, bien avant que quiconque ne s’intéresse à nous. On s'est dit qu'on avait tout intérêt à bosser, pour une première sortie officielle, avec une personne aussi motivée, quitte à disposer de moins de moyens.
Le fait que le disque ne sorte qu'en Angleterre n'est pas un peu frustrant ?
C'est un choix de notre part. Le label est petit, donc pas besoin de licencier le morceau pour l'Europe ou le Monde. 1000 exemplaires, ça devrait se vendre rien qu'en Angleterre ou à l'import sur Internet.
Que contient ce premier EP ?
Un titre original, "Cross the Fader" et deux remixes par Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et Headman. La version digitale contient aussi un remix d'un ancien titre, "Junior" par nos copains de Chateau Marmont.
A l'origine, votre son est plutôt pop/new wave, mais vous vous faites connaître avec des titres plus électro, comme votre remix de Don Rimini. Comment expliques-tu cela ? Signe des temps ou évolution logique ?
Le remix pour Don Rimini est notre premier, on était curieux de s'essayer à l'exercice et on a donc pondu ce truc assez bizarre et hors formats. Coup de bol, il a été gardé par l'artiste et son label. Je pense que si le remix a fonctionné un peu, c'est plus grâce à son petit côté anti-conformiste pour un artiste dancefloor. Après, il y a un vrai amalgame avec des groupes électro, à cause de notre parti pris de production ou de nos potes. On devrait pousser ce côté pour la scène, mais l'album sera plus large musicalement.
Même nos remixes ont toujours une structure de chanson. Le choix des sons colle plus à l'époque, mais tout ça reste de la pop.

C'est Xavier de Rosnay (Justice) qui a produit Cross the fader. Qu'a-t-il apporté à votre son ?
C'est un super mixeur, il sait très bien placer tous les éléments d'une chanson dans les oreilles, il est de goût très sûr et aime profondément les choses pop et épurées. Et puis, oser mettre un larsen aussi gros et aussi long à la fin de notre premier single, c'est vraiment le genre de choses amusantes à faire qu'un producteur plus classique n'aurait pas proposé.
Tu connais Xavier et Gaspard depuis longtemps. Comment as-tu vécu leur ascension foudroyante ?
Leur succès est arrivé de façon assez progressive, depuis le premier maxi et les premiers sets de dj à l'étranger. C'est super marrant de mesurer le chemin parcouru et maintenant d'assister à des demandes d'autographes dans le métro. Mais surtout ça fait très très plaisir qu'une aussi bonne musique fonctionne auprès du grand public.
Il y a deux semaines, vous étiez invités par Sébastien Tellier à jouer à l'Institute of Contemporary Arts de Londres. C'était comment ?
C'est Stage of The Art, le promoteur, qui nous a invité, pas Sébastien Tellier. En tout cas, c'était une bonne expérience : 3ème show pour nous à Londres, probablement le meilleur. Jouer dans une salle rock classique nous a plutôt bien convenus; d'habitude on se produit dans des clubs plus électro et l'ambiance est plus chaotique.
Quelle est précisément ton rôle au sein de Tahiti Boy ?
Je joue de la guitare et je chante quelques parties. Tahiti Boy écrit toutes les chansons, donc les cinq autres membres et moi- même avons pour rôle de mettre notre grain de sel dans l'interprétation - forcément - et parfois de prendre part aux arrangements sur certains titres. Au niveau humain, j'ai pour mission de pousser le groupe à aller coûte que coûte s'en coller une bonne après les concerts.
Tes coups de coeur musicaux du moment ?
J'adore Vampire Weekend, qui mérite mieux que cette étiquette de renouveau du rock de la semaine. C'est juste un très bon groupe d'art school. Ladyhawke, aussi : une jeune Stevie Nicks des 00s, fantastique, qui va au bout des références eighties très usées mais en conservant beaucoup de fraîcheur. J'ai aussi hâte d'entendre l'album de Santogold.
Le Ghost Days de Syd matters est à pleurer de beauté; l'album de Tahiti Boy @ The Palm Tree Family qui sort en mai prochain est vraiment bluffant - et pourtant je suis plutôt impliqué. Il y a aussi les nouvelles chansons en ligne sur le Myspace de l'énigmatique John John.
Tes projets ?
M'acheter enfin un ordinateur pour pouvoir enregistrer des démos de chez moi. Réussir à payer mes impôts. Terminer l'album qu'on aurait envie d'entendre. Moins fumer. Remarque, non.
Propos recueillis par Dave
L’original de Cross the fader en écoute sur leur Myspace
Pour les remixes, c’est ici
Prochaines dates de Poney Poney en France :
27 mars au festival des Inrocks (Paris, lieu tenu secret)
16 mai au Summum (Grenoble), première partie de Justice
20 mai au Nouveau Casino (Paris), avec Das Pop et The Little Ones
26 mai à la Maroquinerie (Paris), première partie de Midnight Juggernauts
8 août au Pantiero Festival (Cannes)


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