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[Critique DVD] 09/05 Hara-kiri

Par Gicquel
[Critique DVD] 09/05 Hara-kiri

Au XVIIe siècle, le Japon n'est plus en guerre et le pays est dirigé avec fermeté. Hanshirô Tsugumo, un rônin (samouraï errant) sans travail parmi tant d'autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l'intendant du clan, il lui demande la permission d'accomplir le suicide par harakiri dans la résidence

[Critique DVD] 09/05 Hara-kiri
"Harakiri" de Masaki Kobayashi

Avec : Tatsuya Nakadai, Shima Iwashita

Sortie le 09 mai 2012

Distribué par Carlotta Films

Durée : 135 minutes

Nombre de : 1

Film classé : Tous publics

Le film :

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Les bonus :

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Si vous aimez un tant soit peu le cinéma, ce film vous est indispensable. Il s’agit d’un long-métrage japonais, dans la tradition des films de samouraïs, un genre à-priori peu aisé. Encore moins ici : l’action réside avant tout dans la théâtralité de la mise en scène, avec un personnage principal dont la posture est surtout celle de l’agenouillement.

Mais quand vous aurez croisé son regard de braise, cette fièvre entretenue dans les yeux d’un héros sublime et fascinant (le transcendant Tatsuya Nakadai ), l’histoire de Tsugumo,  ne vous laissera pas indifférent.

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Déchu par le pouvoir d’un puissant, cet ancien samouraï  ne peut sauver son honneur que dans l’acte suprême. Mais avant de mourir, il tient à raconter les événements qui l’ont conduit jusque là.

Toute  sa vie défile alors, et celle d’une famille et d’un clan réduit à néant. Ses amis  sont devenus des parias, à l’image du pauvre homme qui vient de le précéder, dans cette même cour, où l’honneur se lave dans le sang. Il disait lui aussi vouloir se faire hara-kiri, mais quêtait en réalité un peu d’aumône.On l’obligera à exécuter sa sentence.Tsugumo a entendu  cette histoire, qu’il mêle maintenant, intiment à la sienne.

 Shinobu Hashimoto  («Les sept samouraïs », «Dodes’kaden »… ), est à l’origine du scénario, et c’est un autre bonheur que de le suivre dans cette confession sublime d’un homme qui peu à peu prend l’ascendant sur son auditoire , au point de le rendre mal à l’aise et coupable. Un huis clos rare, d’une tragédie tendue à l’extrême, poignante et fascinante.

[Critique DVD] 09/05 Hara-kiri

Plutôt que d’en révéler l’exact contenu retenons encore ce récit parfaitement mis en lumière par un metteur en scène  Masaki Kobayashi, fascinant. A la fois minimale et grandiose, sa réalisation exprime encore mieux la tragédie qui se noue, et qui vise l’omnipotence de l’état féodal.

Elle est d’une extrême limpidité, car il n’est pas besoin «  de connaître les règles de la féodalité japonaise » comme le rappelle si bien Christophe Gans , dans les bonus, pour apprécier ce film aux  images ,noir et blanc,magnifiées.Kobayashi  les ordonne avec un naturel désarmant. Même la scène finale, un combat à mort, chorégraphié à l’extrême, coule de source. A voir et à revoir.

LES BONUS

. De l’art de bien mourir (7 mn)
Une introduction historique sur la féodalité et la culture japonaise au coeur de l’ère Tokugawa, lorsque la société était organisée de façon stricte. On y apprend mieux l’art de la pratique du hara-kiri, le pourquoi et le comment, et la raison d’être des samouraïs. Là encore il n’est pas nécessaire de savoir tout ça pour comprendre le film, mais ça ne peut pas faire de mal.

[Critique DVD] 09/05 Hara-kiri

. Entretien avec Christophe Gans (30 mn)
Scénariste, cinéaste, il revient sur les codes du chambara et sur l’impact de « Hara-kiri » dans le cinéma japonais des années 60. C’est à l’image du film, un décryptage absolument passionnant, resitué dans le contexte de l’époque du tournage. Gans fait souvent le parallèle avec Stanley Kubrick , pour évoquer un cinéaste majeur du septième art japonais. «  Alors que les films de samouraïs sont souvent des films d’action, ici il y en a peu. L’action est dans son avènement, et la façon dont l’engrenage de la vengeance se met en place est sidérant ».

Il dit encore que Kobayashi «  a été le premier à introduire la modernité dans le cinéma japonais », et que ce film est aussi «  le premier sur le mode de la transgression ». Il est alors question de cruauté…

19,99 €

En bref

Le film

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De l’interprétation générale à la mise en scène, une telle puissance se dégage de ces images, au noir et blanc si expressif, qu’il est difficile de quitter l’écran. Le scénario est du même tonneau : parfaitement écrit, et limpide. Rien à jeter

Les bonus

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Un point de vue historique, doublé par les commentaires avisé du cinéaste Christophe Gans sur le cinéma japonais, là encore rien à jeter.


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