Magazine Cinéma

[Critique] LIMITLESS

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Limitless

Note:

★
★
★
☆
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Neil Burger
Distribution : Bradley Cooper, Abbie Cornish, Robert de Niro, Anna Friel, Johnny Whitworth, Robert John Burke, Tomas Arana…
Genre : Thriller/Science-fiction
Date de sortie : 8 juin 2011

Le Pitch :
La vie d’Edward « Eddie » Morra, un écrivain New Yorkais raté et sans ambition, bascule à jamais lorsque son ex-beau frère lui propose du NZT, une substance pharmaceutique expérimentale qui booste ses facultés cognitives au maximum, lui permettant d’utiliser 100% de son cerveau. Eddie remet sa vie en ordre, se réconcilie avec sa copine et fait fortune à Wall Street, devenant le partenaire idéal de Carl Van Loon, un redoutable homme d’affaires. Mais son ascension fulgurante attise les curiosités. La pilule n’est pas sans effets secondaires et il découvre vite qu’il n’est pas le seul à en connaître l’existence…

La Critique :
C’est une chose qu’on connaît bien : c’est scientifiquement prouvé qu’on utilise qu’une petite portion de notre cerveau. On sait presque tout, mais on a oublié une grande partie de ce qu’on savait. Limitless suit les aventures du beau gosse Eddie Morra après que son beau frère lui donne une pilule magique qui lui permet d’utiliser 100% des capacités de son cerveau. La question se pose alors au spectateur : que feriez-vous si vos capacités cérébrales étaient augmentées ?

Eddie lui, range son appartement. Il finit son roman sur lequel il bossait depuis trois piges. Il apprend à parler des langues étrangères en quelques jours. Il devient un as au poker, s’intéresse aux bourses financières et gagne des millions. Il impressionne sa copine qui l’avait autrefois rejeté comme un bon à rien. Il sait gérer intuitivement des situations qui l’auraient jadis planté. Il devient le monsieur-je-sais-tout à Wall Street.

Bradley Cooper est ici l’homme de la situation. Ayant déjà montré son talent dans La Comédie Au Titre Débile (Very Bad Trip), il fait preuve de charisme et de conviction dans le rôle d’un loser qui devient un roi. Ce genre d’ascension mentale à la fortune a inspiré tout un panthéon de films, comme Charly par exemple. La différence ici est qu’Eddie reste lui-même avant et après. Tout ce qui change est sa capacité de retenir ce qu’il a vu et entendu dans sa vie. Limitless suppose que ceci est un avantage qui fera de lui un homme riche. Peut-être, mais si tout ce qu’il avait vu et entendu à propos de Wall Street était faux ?

D’une certaine façon, l’élément scientifique du film suit les règles d’une bande-dessinée. En prenant la pilule, Eddie devient plus ou moins Superman, simplement parce que sa concentration est intensifiée. À cet égard, Limitless est le Scanners du monde moderne : l’âge de la Ritaline, de l’Adderall, des THADA (Troubles d’Hyperactivité Avec Déficit de l’Attention). Ici, la drogue est plus affûtée. La cocaïne est remplacée par les psycho-stimulants et les super-amphétamines. C’est le potentiel de Limitless qui fait la force du film. Libre au spectateur de choisir son interprétation du thème : une anecdote d’addiction à la drogue, le pouvoir et la corruption, l’accès au savoir, la puissance de l’argent etc…

Le film fait un bon usage d’effets visuels inventifs pour montrer les effets de la drogue à l’écran. Les couleurs deviennent plus vives lorsqu’Eddie consomme la pilule, l’image semble se télescoper et les réponses aux problèmes qui lui passent par la tête se matérialisent au sens figuré devant ses yeux. Et le zoom artificiel qui passe à travers toute la ville de New York pendant le générique est sans doute l’un des meilleurs plans du long-métrage. C’est certainement l’une des représentations les plus cool d’un trip psychotrope au cinéma.

Toutefois, si le héros de Limitless est hyper-concentré, le réalisateur Neil Burger lui, l’est moins. Le film contourne timidement son problème primordial : l’homme moderne a besoin de plus d’intelligence et d’une meilleure capacité à raisonner, pas d’une meilleure mémoire. Pour la mémoire, il y a Google. D’ailleurs, vu que la drogue permet à Eddie de vivre le rêve de l’écrivain (plus de thune, plus de sexe, et plus de bouquins à écrire), est-ce que c’est vraiment intelligent de sauter d’une falaise quand on est en vacances? Ce genre de truc dangereux est réservé exclusivement aux suicidaires. Et aux génies, à ce qu’il paraît.

Et si c’était sûrement une bonne idée d’inclure Robert De Niro dans le casting, le film n’en tient pas compte. De Niro est convaincant dans son rôle de magnat de la finance, mais sa prestation reste très légère. Son personnage est plat et superficiel, ce qui est bien dommage étant donné que Bob aurait pu lui apporter une profondeur intéressante. Il y a aussi une intrigue secondaire inutile à propos d’un meurtre, qui soulève des questions mais n’apporte pas de réponse. L’ensemble reste un peu survolé et les rebondissements sont parfois tardifs.

Alors certes, Limitless a ses limites (oui, elle était facile…). Mais le film reste tout à fait passable. L’idée est intrigante, le scénario tient la route, et le tout est bien rythmé. Même dans ses invraisemblances, il reste fun et logique. Dès le début, les règles sont établies et tout le monde y adhère, rien n’est inventé en chemin. Cooper prend bien les choses en main avec le rôle principal et prouve qu’il a du potentiel.

Limitless divertit, provoque, dérange parfois, et n’utilise malgré tout que 15 à 20% de son cerveau. Mais bon, si on le compare à d’autres films, c’est déjà pas mal.

@ Daniel Rawnsley

[Critique] LIMITLESS
Crédits photos : Rogue Pictures


Retour à La Une de Logo Paperblog