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Histoire de codes

Publié le 18 mars 2008 par Frednetick
This entry is part 1 of 1 in the series Vie d'élu

Dans la vie tout n’est que code. Dans la vie sociale, dans la vie privée, dans la vie politique, les codes sont partout et régissent les relations inter-individuelles comme Kim il sung la corée du nord, d’une main de maitre qui n’appelle pas de contestation.

L’apprentissage incrémental de ces codes est un processus long de formatage (aussi parfois appelé apprentissage) cérébral, commencé durant l’enfance et poursuivi toute la vie durant. On peut néanmoins admettre qu’il trouve son utilité soit en ce qu’il donne à chacun des références communes, des bases de relations à peu près partagées, facilitant le contact et permettant de s’affranchir de trops longs préliminaires.

Se précipiter sur la suite (mais sans quitter cette page !)


Ne pas disposer des codes c’est devoir sans cesse expliciter SA propre référence eux choses afin que l’interlocuteur se postionne et adapte sa propre perception à la votre - si toutefois c’est possible.

Chaque instant de la vie collective possède ses codes, ce qui explique généralement les phrases de vos grands parents qui ne comprennent rien à la jeune génération, la tektonik et le ukulele de Julien Doré. Les modalités de la relation à l’autre, à l’autorité, au corps social ne sont pas les même, en résumé, ils ne parlent pas le même language social.

Dans la vie d’une collectivité locale il est un code plus puissant que les autres, celui de la relation aux élus. Chaque fonctionnaire, reçoit plus ou moins instinctivement (il existe des formations sur ce sujet particulier notamment pour les cadres) ces rouleaux de la mer morte de la relation aux édiles. Une déférence, une retenue, une relation d’infériorité, de religieuse considération. Non que l’édile ne reçoive pas parfois des joyeusetés en guise de compliments mais jamais en face à face et jamais plus qu’il ne faut.

Chacun comprendra l’utilité de ce code de conduite élu/fonctionnaire, car le premier décide et le second exécute. Il ne revient pas au second de s’immiser dans le moment de la décision mais de l’éclairer, comme il ne revient pas au premier de superviser chaque détail de la mise en oeuvre.

Pour voir ce code à l’oeuvre, il faut avoir déjà assisté à une réunion durant laquelle un élu est présent avant de partir vaquer à ses occupations (golf, chasse, et autres activités largement financées par les prestataires de la collectivité dans la légende populaire).

La présence de l’élu comme la présence d’un corps céleste sur le trajet de la lumière déforme la réalité. Les réflexes sont bien ancrés, personne ne renchérit sur lui, personne n’attaque de front, personne ne remet en cause la vision politique,il ne manquerai plus que le petit personnel crache dans la soupe le yop.

Et pourtant tout cela n’est que convention collective. Un élu peut avoir une vue qui n’est pas politique, du moins pas politique politicienne. Croyez le ou pas mais c’est une réalité que la quasi totalités des fonctionnaires ne veulent pas entendre, ne perçoivent pas, n’imaginent possible.

En général en effet, l’élu est aussi éloigné de la réalité de terrain que pluton du soleil. Il ne comprend et ne veut comprendre que l’essentiel en ignorant que le détail fait la richesse d’une situation, le fil ténu qui sépare le bon de l’excellent, l’innovant du banal.

Parfois cependant, la situation devient bancale, les codes se défont, la construction intellectuelle implicite cède, pour on ne sait quelle raison. L’élu n’est plus dieu, sa parole n’est pas parole divine, et la déférence n’a rien de religieux. Et l’on assiste alors à un curieux retournement de situation les administratifs devenant perturbés devant l’explosion des codes qu’ils avaient pourtant imaginé immuables. Leur réaction s’en trouve parfois violente, niant la réalité, celle d’un rapport qui peut être humain, professionnel sans être dévôt.

Tout ça pour dire que pour les 6 années qui viennent je vais me trouver fort schizophrène, administratif et élu. Une double identité sur laquelle il me faudra réflechir, dont il me faudra défendre la singularité, et en expliquer le fondement.

Bref, vous aviez compris qu’il existait une raison à ces 11 jours de silence. Je dormais. Pour récupérer de ces 5 mois de campagne…

A partir d’aujourd’hui, une nouvelle catégorie voit le jour: La vie d’élu. Déjà culte !!

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