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Recettes de bonheur égoïste

Publié le 31 mai 2012 par Amaurywat

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« Le monde est peuplé d'imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde »

dialogue de Jean Yanne dans « Moi y'en a vouloir des sous »

affiche prise ici

1824385539.jpgNotre époque est très paradoxale, d'un côté elle prône la liberté totale de l'expression des idées, des sentiments, des buts de vie, met en avant un hédonisme de supermarché poussé à son paroxysme, et de l'autre il n'y a jamais eu autant de donneurs de leçons de sens et de bons sentiments, de recettes réputées immanquables, tel Frédéric Lenoir et « l'âme du monde » pour réussir sa vie et lui donner un sens en se basant sur un syncrétisme superficiel qui arrange car il ne fait qu'encourager la tendance actuelle des personnes au narcissisme :

Deux doigts de sentimentalisme, quelques doses de clichés sur le bouddhisme, le yoga, et la méditation, un peu de larmes de crocodiles sur les pauvres et les étrangers, (qui sont toujours les pauvres et les étrangers lointains, ceux qui sont sur le seuil de l'immeuble ou de la maison, on n'en a que faire), un zeste de développement durable et quelques achats dits « équitables », et beaucoup d'individualisme égoïste et sans culpabilité, surtout pas de culpabilité, ce qui est la plus grande peur du bourgeois et petit bourgeois actuel, qui croient pouvoir s'acheter une conscience en donnant une fois par an pour les « chtits gnenfants » myopathes, les « chtits gnenfants » du Tiers Monde, et en lisant en hiver deux ou trois articles sur les pauvres qui meurent dans la rue (pas en été s'il faut en croire les médias), etc...

Mélangez bien, même si c'est un peu fade, ça conviendra.

La spiritualité n'engage à rien, ne force à aucune exigence intellectuelle de réflexion et d'introspection, c'est juste une gymnastique mentale favorisant une hygiène de vie personnelle aux yeux de ceux qui la pratiquent, sans aucun souci de ce que cela devrait impliquer de sens de l'autre.

Ce qui est pratique pour les personnes médiocres ou n'ayant pas beaucoup de capacités intellectuelles est que le coaching de vie de ce genre est une aubaine, tout le monde peut s'improviser « coach spirituel », il suffit d'énoncer quelques lieux communs psychologisants d'un air convaincu et le tour est joué.

Cette pseudo recherche de sens se double d'un désir apparent de moralisation de la vie publique et de la société dans son ensemble, procédant d'une morale étroite, vaguement humanitariste, procédant très lointainement des admirateurs révolutionnaires de la Vertu républicaine, ce qui consiste surtout aujourd'hui en quelques clichés et lieux communs tout en évidences commodes :

La violence c'est mal, le racisme c'est pas bien, les dictateurs, ils sont méchants, les catholiques sont intégristes s'il leur prend de s'exprimer, et être bourgeois et matériellement favorisés, c'est un sentiment et non un état de fait objectif.

Et Bernanos dans cette phrase, tirée de « la France contre les robots », le résume bien :

« Il y a du mérite à penser. Un plus grand mérite encore à bien penser. Là où le Bien-Pensant prête à rire, c’est qu’il ne tient que de lui-même ce brevet du Bien-Penser. Comme le Mondain, son frère frivole, déclare avec un irrésistible mouvement du menton que "ça ne se fait pas", lui décide que "ça ne se pense pas" et reste perché sur cette affirmation sans preuves avec la gravité du condor sur la plus haute cime des Andes. »

Bien sûr, quant à ce désir de morale, ce qui compte surtout, ce ne sont pas vraiment les idées mais la posture et les faux semblants, l'image que l'on donne de soi même si cette image est fausse.

Sarkozy n'avait pas compris ce désir apparent de moralisation de la vie politique et il a multiplié les symboles mauvais aux yeux du pékin moyen, n'a finalement pas réfléchi aux conséquences en allant au « Fouquet's », qui n'a plus rien d'un lieu honorable ou chic d'ailleurs, on y trouve surtout des retraitées tirées (liftées veux-je dire) et des touristes japonais, sur le yacht de Bolloré.

Le nouveau président a parfaitement compris que les symboles singeant la moralisation étaient fondamentaux, même si tout le monde sait que cela lui arrive de manger de temps en temps chez « le Laurent », bien plus « sélect », avec BHL le philosophe « low cost ».

Tous oublient la plupart du temps que la morale en politique n'a aucun sens, et surtout ce qui en tient actuellement, cette bouillie tiède suraffective consistant surtout en divers indignations qui ne mènent à rien de concret. Un politique peut très bien ne pas du tout se conformer à celle-ci et faire beaucoup plus de bien à son pays qu'un bon apôtre aux discours lénifiants.

L'enfer est pavé de bonnes intentions, actuellement on se contente d'une politique très affective, totalement irrationnelle, une indignation qui ne mène à rien.

C'est bien gentil de dire, les dictateurs y sont méchants, ça satisfait l'égo, mais après ?

On fait quoi ?

Je me souviens de personnes bien intentionnées en Palestine qui venaient jouer aux cow boys et aux indiens, et qui après avoir bien bouté le feu sous la cendre rentraient bien tranquillement dans leurs pénates sans aucune culpabilité et aucun remords de leurs actions entrainant un peu plus de violence et de haine.


Le bonheur! par LisaGirls


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