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Pourquoi Twitter fascine: le cas Trierweiler

Publié le 18 juin 2012 par Karalyslaurencelubrano

Twitter fascine, tout le monde en parle, beaucoup l'utilise (400 millions de tweets par jour dans le monde selon son CEO Dick Costelo et 600 milions d'utilisateurs dans le monde selon Twopcharts). Est-ce un réseau social ? Est-ce un média ? Certains le nient et pourtant. Le vrai terme "officiel" est site de micro-blogging. Ce qui veut bien dire que c'est un site d'expression libre. On y blogue de façon courte (les fameux 140 caractères par tweet). Une chose est sûre c'est qu'en France tout le monde où presque connait désormais le nom de ce site, ou au moins le mot "tweet" depuis le "trierweilergate" de la semaine dernière. Il est vrai qu'à cette occasion si nombre de Français (les plus âgés ou les non-internautes, ce qui doit faire peu en réalité) n'avaient jamais entendu ce mot, depuis ils ont pu enrichir leur vocabulaire et ont dû se renseigner pour voir de quelle bête il s'agissait. Les plus de 5 millions de Français utilisateurs de Twitter ont dû voir de nouveaux copains venir les rejoindre, puisque visiblement c'est là où il faut être en 2012 en France ! Présidentielle et Législatives obligent.
Pourquoi Twitter fascine - le cas Trierweiler Au-delà du fond de cette affaire, que je ne me permettrai pas de commenter ici car ce n'est pas le lieu, ce qui est fascinant c'est une fois de plus, le rôle phénomène voire phénoménal que peut jouer ce "petit oiseau". D'ailleurs au passage, ce terme est d'autant juste qu'à l'occasion du lifting récent de leur logo, les dirigeants de Twitter ont carrément supprimé le mot Twitter lui-même. Un logo résumé à un dessin, et donc un oiseau, ce n'est pas donné à toutes les marques. Même pas une lettre. C'est dire la notoriété acquise en 6 ans par ce site internet. Sur le plan communication c'est très puissant. Malgré cette notoriété montante et le nombre d'utilisateurs grandissant, Twitter laisse encore beaucoup de questions en suspens. On rencontre encore des personnes, peu ou prou utilisatrices de réseaux sociaux, se poser des questions sur le fonctionnement même de Twitter. Mais où partent les tweets ? Qui les lit ? Restent-ils sur votre profil ? etc... questions que j'ai entendues de mes propres oreilles. On sent que cela interpelle, que cela titille mais que ces personnes là n'osent pas y aller de peur non pas de se brûler les ailes mais de ne pas être suffisamment au top pour être dans la mouvance.
En revanche, dans certains microcosmes, les journalistes ou les politiques, utiliser Twitter est devenu un art. Savoir lâcher une petite bombe au bon moment n'est pas à la portée de n'importe qui. Comment enflammer la Twittosphère et tous les médias en général devrait être primé ! Non, je rigole. Cela montre que 140 caractères peuvent en dire aussi long qu'un discours retransmis en direct au journal de 20h ou qu'un communiqué de presse repris par tous les journaux et télévisions. Cela montre la puissance exceptionnelle de Twitter en matière de viralité, c'est le seul réseau social selon moi qui permet une telle rapidité de circulation de l'information. C'est logique car c'est plus simple de retransmettre un message court, car on sait qu'il sera lu, plutôt qu'un article complet de blog ou de site. Une des clés de la réussite de Twitter tient au fait justement qu'il est de plus en plus utilisé via les mobiles, (+ 101 % sur un an en Europe), ce qui accroît le phénomène de rapidité de transmission des tweets.
compte Twitter Trierweiler
Pour information, Valérie Trierweiler avait 80 000 followers sur son compte Twitter le 12 mai (selon Le Monde), elle en a aujourd'hui même 118 770 ! Qui peut se targuer de gagner 38 000 followers en un mois ? Au passage, elle n'a toujours pas retweeté depuis le fameux tweet du 12 juin.
Personnellement, une autre des caractéristiques que j'apprécie beaucoup sur Twitter et que je ne trouve pas sur les autres réseaux sociaux, c'est le ton décalé et humoristique que les twittos et mêmes les politiques utilisent dans certaines situations. Par exemple, les fameux tweets détournant l'annonce des résultats à la Présidentielle avant 20h dont j'ai déjà parlé ici, ce fût une rivalité d'imagination sans borne pour nous faire rire tout en donnant le nom du vainqueur à mot couvert. Mais ce fût aussi plus récemment le détournement fait par Jean-Pierre Raffarin lui-même du tweet de Valérie Trierweiler, soutenant de son côté un autre Olivier (Chartier - candidat à la députation mais qui n'a pas été élu hier) utilisant exactement les mêmes mots. Twitter enflamme la créativité et l'humour, c'est d'autant plus attirant.
Tweet Raffarin - parodie Trierweiler
C'est là que l'aspect réseau social ressort le mieux avec les réactions et les commentaires que les tweets de certains peuvent entraîner. Et une fois de plus, mêmes ces réactions peuvent circuler vitesse grand V sur la toile grâce au principe du retweet. C'est le cercle vertueux (ou infernal c'est selon) de Twitter. On a pu assister pendant ces longs mois de campagne en France à des lancers de petites phrases d'ici ou là, à des réponses publiques à des tweets qui finalement ne le méritaient pas, etc... De même, en dehors de la sphère politique, Twitter est truffé de tweets qui n'ont rien à faire en tweets, de simples messages privés auraient suffi pour répondre. Si un défaut (et il y en a) devrait être cité, ce serait celui-là. Un peu comme les mails "répondre à tous" qui viennent inonder votre boite mail inutilement. Discuter, échanger, oui, mais point trop n'en faut. Sachons sérier les propos et leur "outil d'envoi".
Valérie Trierweiler (elle sert de cas d'école) utilise Twitter pour régler ses comptes ou émettre des opinions très tranchées, selon le Figaro. Ses tweets n'engagent qu'elle, comme on dit. Ici même, je mentionnais le fait que désormais des salariés exerçant de hautes fonctions dans des entreprises, voire des dirigeants, font apparaître cette phrase sur leur profil Twitter. Afin de ne pas engager la responsabilité de l'entreprise. Lorsqu'une personne s'exprime, il est difficile effectivement de faire la part des choses entre son rôle professionnel et sa posture d'individu. Or pourtant les deux sont intimement liés. Pour moi, c'est de l'hypocrisie que de se cacher derrière ces termes. En tant que compagne du futur Président (pour ses tweets d'avant le 6 mai 2012) ou en tant que première dame, est-ce ses tweets n'engagent qu'elle ? Je ne suis pas sûre. C'est tout le problème de Twitter. C'est que c'est tellement simple, que même une personne qui n'a pas de site internet ou de blog pour s'exprimer sur la place publique peut tout de même le faire. Et du coup, il peut y avoir des dérives. Et la liberté d'expression me dira-t-on ? Et surtout celle des femmes diront les femmes musulmanes ? Certes. La facilité de communication que permettent aujourd'hui les réseaux sociaux et donc Twitter ne doivent pas pour autant autoriser à tout faire. Une fois de plus, je ne juge pas le tweet de la première dame, je me contente de réfléchir sur le phénomène qu'il a suscité et de l'utilisation que celle-ci fait du site de micro-blogging.
Et d'ailleurs, on peut citer un autre cas récent, celui de Pierre Salviac, viré pour un tweet. Et si vous ne le savez pas, je vous le donne en mille, son tweet concernait... Valérie Trierweiler. J'aurai voulu le faire exprès que je n'y serai pas arrivée. Son tweet, carrément vulgaire, a pour le coup engagé que lui. En effet, RTL, son employeur l'a aussitôt viré, ne voulant surtout pas être associé à ce genre de communication. Comme ce n'était pas le premier coup d'essai de Pierre Salviac (voir d'ailleurs ci-dessous comment il se définit lui-même sur son profil Twitter), on peut se demander s'il était conscient qu'il parlait en place publique. Je finis par me demander si certains n'ont pas l'impression de communiquer uniquement à ceux qui les suivent, à "leurs amis", comme ceux qui écrivent des messages sur leur mur Facebook, en pensant que seuls leurs amis avec qui ils sont en contact pourront les lire. Et de ce fait, ils se permettent des choses qu'ils ne feraient pas autrement.
Comme quoi, il n'est pas si simple de tweeter n'importe quoi en son nom "perso", il y a forcément des répercussions. Et parfois, on se brûle. Twitter, comme les autres réseaux sociaux ne sont pas des dîners en ville où l'on peut régler ses comptes ou lancer des piques.
compte Twitter Salviac
Ces beaux exemples que nous venons de vivre illustrent en tout cas parfaitement les problématiques de personal branding.
Quand on pense, que des dirigeants hésitent encore à utiliser Twitter pour communiquer, quand on voit tout ça, on se demande si c'est encore bien justifier. Visiblement ceux qui n'ont aucune crainte arrivent à faire le buzz. Et certainement au-delà de leurs espérances. Mais nous reviendrons dans un autre article sur le rôle et l'utilisation de Twitter par les dirigeants d'entreprise.
Nous n'avons vu jusque là que le côté émetteur d'informations, mais il faut voir aussi l'autre côté. La vue des "followers". Car les tweets ont par essence des lecteurs. Et si il y a 400 millions de tweets chaque jour, il y a au moins 400 millions de lecteurs. Sachant qu'entre ceux qui passent à la trappe et ceux qui sont retweetés, ce chiffre est un minimum (sans aucune valeur estimative scientifique de ma part). En effet, désormais les réseaux sociaux sont devenus de vrais médias, de vraies sources d'informations. D'une certaine manière, on pourrait dire que Twitter s'apparente à des dépêches AFP ! On peut si on le veut faire la chasse au scoop, en utilisant les hastags pour rechercher les infos sur un thème, et retraitée l'info immédiatement dès qu'elle "tombe". Certains n'ont plus ou presque que cette source. C'est un moyen d'avoir rassemblés en un seul endroit tous les articles (via les liens émis ans les tweets) qui nous intéressent. Cela dépend du secteur d'activité, certes. Tous les domaines ne sont pas surexposés sur Twitter. Mais qui c'est pour demain ? Les modes changent, les habitudes aussi. Internet a envahi les vies de tous, la presse papier périclite, les sites d'information pleuvent, et les médias sociaux prennent le relais.
Pour tous ceux qui ont bien compris que les réseaux sociaux dont Twitter étaient une formidable vitrine d'informations à lire, il est donc d'autant plus intéressant d'y figurer en bonne position, quitte à faire des tweets décoiffants !
ps : mise à jour, sitôt publié cet article, je trouve un article sur Elle qui ne fait que conforter tous mes propos. Je vous le livre : http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Affaire-Trierweiler-Twitter-nous-pousserait-il-a-la-gaffe-2090420
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