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Les tigres de Birmanie, victimes collatérales de la guerre civile

Par Radiocaracol

Les tigres de Birmanie, victimes collatérales de la guerre civile

Les combats qui font rage depuis un an dans l’extrême nord de la Birmanie font des victimes inattendues: des dizaines de tigres, qui survivent tant bien que mal dans la plus grande réserve au monde dédiée à leur protection, et située près des zones de combats.

Tigres de Birmanie

En 2010, la junte aujourd’hui dissoute avait étendu ce sanctuaire, qui atteint désormais près de 22.000 km2 –quasiment la taille d’Israël– dans la vallée reculée de Hukaung. De 50 à 70 tigres y vivraient aujourd’hui.

 
Mais les affrontements entre armée birmane et rebelles de la minorité ethnique kachin, qui ont déplacé des dizaines de milliers de dollars. Et leurs chances de survie n’augmenteront pas tant que les combats continueront.

 
La vallée de Hukaung est “un habitat idéal pour les tigres”, note Colin Poole, directeur de WCS en Asie, qui souligne que ces “gros chats” ont juste besoin de nourriture et d’espace pour se reproduire. “Mais cela ne va pas arriver tant qu’il n’y a pas un certain degré de paix et de sécurité”. Les combats qui font rage depuis un an dans l’extrême nord de la Birmanie font des victimes inattendues: des dizaines de tigres, qui survivent tant bien que mal dans la plus grande réserve au monde dédiée à leur protection, et située près des zones de combats.

 
En 2010, la junte aujourd’hui dissoute avait étendu ce sanctuaire, qui atteint désormais près de 22.000 km2 –quasiment la taille d’Israël– dans la vallée reculée de Hukaung. De 50 à 70 tigres y vivraient aujourd’hui.

 
Mais les affrontements entre armée birmane et rebelles de la minorité ethnique kachin, qui ont déplacé des dizaines de milliers de personnes, ont entravé les efforts visant à empêcher l’extinction de ces félins convoités par la médecine traditionnelle chinoise.

 
La plupart des combats ont lieu plus à l’est, près de la frontière chinoise, mais les rebelles de l’Armée pour l’indépendance Kachin (KIA) contrôlent une partie de la vallée de Hukaung, riche en biodiversité et interdite aux étrangers.

 
Et même si la KIA a soutenu la création de la réserve, la forêt reste très dangereuse.

 
“Il est très difficile de patrouiller”, explique Robert Tizard, expert à Rangoun de l’organisation de défense de l’environnement “Wildlife Conservation Society” (WCS, Société pour la conservation de la faune ndlr ), qui forme des gardes-forestiers avec le gouvernement.

“Notre personnel porte des treillis de camouflage et des équipements similaires à ceux de l’armée ou de la KIA, alors si l’une de nos équipes venait à rencontrer l’un des groupes armés (…), les risques d’accident seraient assez élevés”.

Les écologistes estiment que la vallée a tous les atouts pour accueillir un jour des centaines de tigres. Mais les dizaines qui restent aujourd’hui “sont dans un état déplorable”, regrette Alan Rabinowitz, responsable du groupe Panthera qui a aidé à créer la réserve.

 
“Le tigre a toujours de la valeur et les populations autochtones, les Lisus ou les Kachins, sont très impliquées dans le commerce avec la Chine et ils ont tué des tigres”, explique celui qui avait participé à la première expédition dans la zone en 1999.

 
“Je ne suis franchement pas convaincu que nous allons pouvoir sauver les tigres là-bas. Nous allons essayer”, ajoute-t-il depuis les Etats-Unis, regrettant notamment le manque de moyens financiers.

 
Il ne reste aujourd’hui que quelque 3.000 tigres dans le monde, contre 100.000 il y a un siècle, en raison de la chasse illégale et de la destruction de leur habitat.
En Birmanie, le gouvernement affirme vouloir vraiment sauver les félins de la vallée de Hukaung, qui pourrait aussi servir de sanctuaire à d’autres mammifères en danger comme la panthère nébuleuse (ou longibande) et l’éléphant d’Asie.


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