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Le corset à la Belle Epoque - 3eme partie : Evolution du corset

Publié le 19 juillet 2012 par Cameline

 

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A la Belle Epoque, entre la fin du XIXeme siècle et la 1ere guerre mondiale, le corset subit des modifications en fonction de l'évolution des modes.

Le corset en sablier qui accompagne la tournure, se transforme pour modeler la femme en un "S", puis s'allonge progressivement et atténue les courbes.

Le corset cambré devant : silhouette en sablier

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Dans les années 1890, le corset donne à la femme la forme d'un sablier, à la taille étranglée à la manière d'une guêpe, le corps étant séparé en deux parties distinctes autour de ce que l'on nomme « la taille de guêpe ».

Ce corset, appelé « corset cambré devant », serre la taille, suivant l'arrondi du ventre avec son « busc cuillère », et laisse beaucoup de place au bas-ventre et aux hanches. Il rehausse le fessier et accentue la cambrure.

Il remonte très haut, enveloppe le thorax et l'abdomen, comprimant le premier à sa base et repoussant le second du haut vers le bas.

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« Il étrangle les organes à la base du thorax, rapproche la paroi antérieure du corps de la colonne vertébrale et paralyse les fonctions des muscles droits, leur enlève leur élasticité et rend ainsi plus difficiles les mouvements de flexion en arrière, de droite à gauche et de gauche à droite. En outre, il refoule de haut en bas la masse intestinale, provoquant par le relâchement de la paroi abdominale la saillie du ventre en avant ».(1)

Le corset droit devant : silhouette en "S"


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Peu à peu la tournure disparaît, les robes sont ajustées et soulignent la rondeur des hanches, ce qui nécessite les contrôle des lignes d'un corps désormais rendu visible(2).

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En cette fin de XIXeme siècle, une mode nouvelle apparaît. Le volume donné par le bas du costume n'existe plus, ce qui a pour conséquence un corps féminin différent, plus fluide et plus long, à la silhouette serpentine : la poitrine est basse et généreuse, la taille est fine et le ventre est plat, les reins sont très cambrés et les fesses en arrière, le devant du buste est très droit.

Un nouveau corset est alors créé : le « corset droit devant », « corset sans ventre »,ou « corset abdominal », comme le nomme Inès Gaches-Sarraute. Ce corset fait disparaître toute rondeur au niveau du ventre, en écrasant l'abdomen d'avant en arrière. Il descend très bas jusqu'au pubis et enveloppe les hanches. Il monte moins haut et libère la poitrine qui est mise en valeur (3).

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Le busc est très droit et très rigide. Il appuie sur l'aine, ce qui incite la femme qui le porte à se cambrer et à projeter le buste en avant. Cette cambrure extrême en « S », d'autant plus accentuée par le laçage souvent bien trop serré, caractérise alors l'idéal du corps féminin.

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"L'engouement pour cette nouvelle cuirasse la fit bientôt adopter par la mode. Nouvel appareil de torture qui les empêchaient de s'asseoir et leur donnait, surtout avec les hauts talons, assez bien la marche du kangourou, dont les membres supérieurs semblent destinés à éviter une chute en avant.

Nous avons vu la marche des « entravées » ne pouvant lever le pied pour monter en voiture, allonger le pas pour franchir une flaque d'eau, et leur donnait la marche du pingouin.

Il aplatit l'abdomen, dont les organes sont, les uns écrasés dans la cavité pelvienne, les autres rejetés en haut où ils refoulent l'estomac, le foie, le coeur, les poumons, qui ne peuvent plus accomplir normalement leurs fonctions. Enfin, savamment appliquée sur les reins et les hanches, la cuirasse projette en arrière des parties souvent trop charnues »(4).

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« Sa rectitude exagérée déprime le ventre et dirige les organes en arrière, vers la colonne vertébrale : ceux-ci sont bientôt forcés de redescendre, par la compression de la taille. La silhouette féminine ressemble ainsi à un croissant et la femme, incapable de se plier, revêt une allure de gallinacée (poule) »(5).

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Paul Poiret dit de ce corset que « les femmes sont divisées en deux masses distinctes, d'un côté le buste et la poitrine, et de l'autre, toute une masse vers l'arrière, de sorte que la femme semble traîner une remorque ».

Le corset s'allonge : la silhouette s'affine

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Vers 1905, le corset se modifie, et le corps féminin aussi.

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Le corset est de plus en plus long, avec un busc qui descend plus bas et vient envelopper les hanches jusqu'aux cuisses, rendant la position assise très pénible. Les hanches deviennent ainsi plus étroites et sont dissimulées, la silhouette s'affine et s'allonge.

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La cambrure reste quelques années très accentuée, avant de s'estomper peu à peu.

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« Dès 1907, la ligne « S » est en perte de vitesse et laisse place à des lignes plus épurées. La silhouette retrouve des formes proches de celles de l'Empire avec la taille haute, la poitrine effacée et les hanches étroites, donnant à la femme l'aspect d'un tube. Cette nouvelle mode marque la fin du laçage serré à la taille, mais nécessite l'aplatissement des hanches et des fesses, donc le port d'un corset bas sur les hanches, plat devant et rigide. La mollesse est rendue au buste grâce à l'invention du soutien-gorge.

Cette liberté du corps est favorisée par des spectacles dans lesquels le corps des femmes évolue sans contrainte sur scène. Conscients de ces évolutions, les couturiers Paul Poiret, Madeleine Vionnet et Nicole Groult contribuent à la suppression de la ligne sinueuse. Ces innovations font leur apparition au même moment que l'engouement nouveau pour les danses latino-américaines (tango, charleston) qui nécessitent justement un corps en liberté. Par ailleurs, l'émergence d'une classe moyenne qui travaille, demandeuse de vêtements plus fonctionnels, contribue à cette cette simplification des formes »(6).

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La fin du corset : la gaine

La forme du corset évolue ainsi au gré des modes, jusqu'aux années 1920 où il laisse la place à la gaine.

La Première guerre mondiale annonce la fin du corset et des dessous compliqués, avec la nécessité pour les femmes de nouvelles activités, qui demandent souplesse et liberté de mouvements.

« Avec la Première Guerre mondiale, la ligne se simplifie encore et on renonce au volume. Le corset est réduit et insoupçonnable »(6).

(L'histoire des sous-vêtements féminins, Muriel Barbier et Shazia Boucher, 2010, Parkstone Press International)

Mais c'est dans les années 1925 à 1930 que le corset baleiné disparaît vraiment(7).

 « La guerre finie, on s'aperçut soudain qu'on avait changé de siècle. Les femmes, en l'absence des hommes, avaient conquis quelque indépendance et voulaient des toilettes plus pratiques … Le goût du sport se répandait dans toutes les classes et, avec lui, celui de la nudité et du soleil.

Après les grandes secousses, tout fut porté à l'extrême. Les modes n'y échappèrent pas. Les jupes raccourcirent un peu, puis trop, et en 1928, elles couvraient à peine le genou. Les corsets s'envolèrent, la taille glissa jusqu'aux hanches. A la robe-sac répondit la disparition de la lingerie. Le corps même se transforma »(8).

Sources :

Le costume français, ouvrage collectif, Editions Flammarion, 2002

Histoire du costume en Occident, par François Boucher, Editions Flammarion, 2008

(1) La femme et le corset, article du Dr Degoix paru dans Les Modes en décembre 1915

(2) Histoire de la beauté, Georges Vigarello, Paris Seuil, 2004

(3) Le costume dans tous ses états ici et là

Sur ce même site : photos de l'expo « Le corset ou l'élégance contrainte » (Musée de Vire)

(4) La femme et le corset, article du Dr Degoix paru dans Les Modes en décembre 1915

(5) Pour le beau sexe : conseils d'un vieux spécialiste, par le Dr E. Monin, 1914

(6) L'histoire des sous-vêtements féminins, Muriel Barbier et Shazia Boucher, 2010, Parkstone Press International

(7)  Force et beauté : Histoire de l'esthétique en éducation physique aux 19e et 20e siècles, Gilbert Andrieu, Presses Universitaires de Bordeaux, 1992

(8) Histoire de la mode, Jacques Wilhelm,1Hachette, 955

Sources images : 

Collection Maciet sur le site des Arts Décoratifs


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