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Les mots de la politique (32) : Copé, Besancenot, l’opposition « décomplexée »

Publié le 04 septembre 2012 par Variae

Chaque été, le même et curieux ballet se produit entre presse féminine et partis politiques éloignés du pouvoir. Les unes, puis les autres, exhortent leur public à abandonner leurs complexes pour aborder, qui les vacances, qui la rentrée politique, de façon décomplexée ; oubliant qui ses bourrelets ou ses hanches trop larges, qui ses pudeurs face à la radicalité. On assumera donc ses rondeurs sur la plage (« belle et sans complexes en maillot »), ou alors une ligne politique claire et frontale (« droite décomplexée » tendance Copé, « opposition de gauche décomplexée » tendance Besancenot).

Les mots de la politique (32) : Copé, Besancenot, l’opposition « décomplexée »

Ce qui est bien avec les complexes, c’est qu’ils ne sont pas compliqués. La preuve : on peut les régler facilement, en une page de conseils de bon sens, ou en un discours politique d’une simplicité biblique. Sur la plage, on se trouve grosse ? Solution : « On arrête : de se planquer ». Tu te trouves moche, montre-toi. En politique, ce n’est guère plus sorcier : la droite (gauche) décomplexée, c’est la droite (gauche) qui s’accepte comme droite (gauche), qui revient à des fondamentaux dont il n’est même pas question de discuter tant ils sont évidents. On est de droite, on perd les élections ? Solution : on prend les mêmes et on recommence, en s’inscrivant à nouveau dans la ligne Sarkozy-Buisson. Un problème, quel problème ?

 

Les mots de la politique (32) : Copé, Besancenot, l’opposition « décomplexée »

On était loin de soupçonner que la France abritait tant de complexés. On en viendrait presque à soupçonner les vendeurs de décomplexitude de vivre des complexes de leur (é)lectorat, au point de chercher à les inventer, voire à les susciter. Quoi de mieux que de diagnostiquer une maladie pour se proclamer médecin ? Et mauvais médecin, ou maladie chronique, au choix, puisque l’on sait déjà que la chasse aux complexes repartira de plus belle dans 12 mois, et que l’on s’entendra édicter les mêmes recommandations, au complexe près, par les mêmes champions décomplexés. C’est là tout le mystère de ce marronnier journalistique et politique : comment se fait-il, alors que les recettes sont si évidentes, si rabâchées et si connues, que l’épreuve du maillot de bain en soit toujours une ; que le patron sortant de l’UMP exhorte son parti à se libérer de sa timidité ; et que le mentor du dernier candidat du NPA fasse la leçon à sa famille politique ?

Rubricards sexo/bien-être et politiciens tenants du retour aux sources idéologique doivent, au fond, faire la même prière : que la mauvaise conscience (ou la faible confiance en eux-mêmes) de leurs (é)lecteurs n’ait d’égale que leur amnésie.

Romain Pigenel

Les 31 précédents mots de la politique, et les autres, sont disponibles ici.


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