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[Critique DVD] Le grand passage

Par Gicquel
[Critique DVD] Le grand passage

Etats-Unis, 1759. Deux garçons s'engagent dans une expédition dont le but est d'anéantir une tribu indienne à la frontière canadienne. Ils ont cependant très mal mesuré les conséquences de leur acte... Interdit aux moins de 12 ans Etats-Unis, 1759. Par idéalisme, deux jeunes garçons s'engagent dans une expédition dont le but est d'anéantir une tribu indienne résidant à la frontière canadienne. Les deux individus ont cependant très mal mesuré les conséquences de leur acte...

[Critique DVD] Le grand passage
"Le Grand passage. Edition prestige ( avec livre inédit )" de King Vidor

Avec : Spencer Tracy, Robert Young,Ruth Hussey, Walter Brennan

Sortie le 05 septem 2012

Distribué par Wild Side Video

Durée : 121 minutes

Nombre de : 1

Film classé : Tous publics

Le film :

★
★
★
½
☆

Les bonus :

★
★
★
★
☆

C’est le genre de film qui au-delà de son aspect purement distractif – une grande aventure – se découvre aussi sous son aspect historique. Le gros et excellent bouquin qui l’accompagne en témoigne.
Il est bien difficile alors de lui jeter un regard critique, tant le jeu des acteurs (Spencer Tracy, Ruth Hussey, Walter Brennan…)  et leurs dialogues, prêtent désormais à sourire. Mais pour l’Histoire du septième art, et sa contribution « Le grand passage » demeure à jamais inscrit dans nos mémoires. Du moins, celles de ceux qui s’intéressent au cinéma. Avec des comédiens à l’époque réputés, il y avait derrière la caméra Mr King Vidor.

http://www.dailymotion.com/video/xd4kje

L’histoire est joliment racontée, malgré une vision sans partage du massacre des méchants indiens (les bons se trouvent à leur côté…) Je pense à « Soldat bleu » de Ralph Nelson. La même violence aveugle, une cruauté sans limite. Un racisme tout aussi rampant. On est bien d’accord Nelson et Vidor avaient des objectifs différents, et un siècle d’intervalle dans leur relation des faits.
Nous sommes ici en 1759, dans le New Hampshire où les Rangers utilisés par l’armée britannique assurent les tâches les plus ardues. Ce qui ne semble pas les inquiéter outre mesure, tant qu’ils ont à boire et à manger. Et même au bout du rouleau, contraints à ingurgiter une bouillabaisse infâme, ils sont toujours vaillants…
C’est pour l’anecdote, le sel du récit. Le plus intéressant à mes yeux, ce sont deux ou trois scènes qui méritent un grand coup de chapeau. Celle du passage des barques par-dessus la colline, afin d’éviter la flotte française faisant barrage dans un étroit goulet. Je ne sais dans quelle mesure Werner Herzog a pu s’en inspirer pour son « Fitzcarraldo » mais elle mérite… le détour.

[Critique DVD] Le grand passage

Encore plus fort, la chaîne humaine imaginée afin de traverser un rapide. Dans son ouvrage Jean Ollé-Laprune ( voir les bonus ) raconte l’humeur massacrante de Spencer Tracy sur cette séquence. A l’écran on ne voit qu’un vaillant soldat prêt à tout pour sauver son équipage.
Et puis, il reste la fameuse scène de l’attaque du village indien, qui d’un point de vue formel est une grande leçon de mise en scène. Sur le fond, et bien que l’on nous ait prévenu que les dits indiens ne sont pas des tendres, la manière dont on les anéantit est une boucherie sans nom.
Cette fois c’est vers Coppola que je me tourne et son fameux « Apocalypse now ». L’intervention des GI’s au cœur des rizières ne manque pas de similitudes. L’Histoire, il est vrai, est un perpétuel recommencement…

LES SUPPLEMENTS

  • Making of (9 mn)

[Critique DVD] Le grand passage

Ca peut surprendre pour l’époque, mais on n’est pas loin effectivement de l’esprit du making of d’aujourd’hui. Il s’agit en réalité d’un court-métrage, qui nous montre comment faire un film. La mise en place depuis le bureau du régisseur, jusqu’au plateau de tournage, avec une scène en direct.
C’est formidable à voir surtout que les commentaires ne manquent pas de sel du genre : « Sommairement on va vous montrer comment on fait un bon film, il n’y a pas que facilité, paillettes et gloire, mais ça reste amusant ».
Au passage on remarque qu’on a « la chance de tourner dans un paradis qui s’étend sur des milliers d’acres. Nous devons en aplanir quelques-uns ». Je ne vous dis pas la tempête que cela produirait aujourd’hui en voyant ses bûcherons et les engins ratiboiser « quelques acres ».

  • « Surprise attack » de Jacques Tourneur (25)

Il s’agit de l’un des épisodes tournés pour la TV, d’après le film de King Vidor. Au-delà des similitudes, plusieurs images de l’original se retrouvent dans cet épisode.

  • « Dans la gueule du lion » de Jean Ollé-Laprune.


C’est toute l’histoire du film raconté par le détail, et de manière très vivante. Je l’ai lu d’une traite avec en prime des photos et des documents, assez rares parfois. L’édition prestige porte bien son nom.

En bref

Le film

★
★
★
½
☆

A l’époque on ne s’embarrassait pas trop de moral et de respect des droits de l’homme. Mais c’est aussi ça l’Histoire du cinéma dans une composante technique de première importance. Certaines scènes du film sont extraordinaires.

Les bonus

★
★
★
★
☆

un making of qui est en réalité un court-métrage sur la préparation du film, avec dans la dernière minute une scène de tournage. Mais c’est formidable à voir, de la même manière que le court-métrage de Jacques Tourneur, tiré de la série TV sur ces fameux Rangers


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