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Crise économique et morosité mettent à mal la R

Publié le 14 septembre 2012 par Copeau @Contrepoints

Le financement privé de la recherche et du développement a été frappé de plein fouet par la crise économique, la quasi-totalité de des pays de l’OCDE affichant un recul des investissements susceptible de pénaliser l’innovation et la croissance à long terme.

Crise économique et morosité mettent à mal la R
Selon l’OCDE (OECD Science, Technology and Industry Outlook), les dépenses que les entreprises de la zone OCDE ont consacrées en 2009 à la R&D ont enregistré une baisse record de 4,5%. Seules la France et la Corée ont échappé à la tendance. Selon toute vraisemblance, la faiblesse actuelle de la reprise économique se traduira jusqu’à nouvel ordre par le maintien de la stagnation des dépenses privées de R&D, surtout en Europe méridionale et orientale. L’avenir s’annonce également incertain à propos de l’Allemagne, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni. Dans les économies asiatiques telles que la Chine, la Corée et l’Inde en revanche, la crise n’a pas stoppé la croissance des dépenses. En 2010, sur 12 mois, l’investissement des entreprises dans la R&D a progressé de 29,5% en Chine et de 20,5% en Corée et en Inde.

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Certains secteurs ont mieux réagi que d’autres. Ainsi, le chiffre d’affaires des grandes entreprises a nettement moins chuté dans les branches de haute technologie – par exemple, aéronautique, matériel informatique et équipement médical – que dans celles de moyenne technologie comme la construction automobile. De même, les grandes sociétés informatiques et de santé ont continué, pendant la crise, d’accroître leurs investissements dans la R&D. La création d’entreprises et l’investissement en capital-risque n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la crise, ce qui aggrave le chômage et nuit à l’innovation. Bien que les travailleurs qualifiés soient moins durement touchés par la crise de l’emploi, ils commencent à grossir les rangs des chômeurs de longue durée, principalement en Estonie, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande et aux États-Unis. Or, dans des secteurs comme la biotechnologie, l’aéronautique et l’informatique, où tout évolue très vite, une longue période d’inactivité peut faire perdre le fil de l’évolution technologique et éroder son capital humain.

Par ailleurs, le ralentissement de la demande intérieure et les problèmes de financement risquent d’inciter encore plus d’entreprises à délocaliser leurs activités de R&D et de production à l’étranger, afin de profiter de l’essor des marchés asiatiques. L’investissement des pouvoirs publics en R&D a partiellement compensé la baisse d’investissement privé, du fait que de nombreux gouvernements ont consacré une part importante de leurs plans de relance au soutien de la R&D et de l’innovation. La part des dépenses publiques en R&D est passée de 0,78% en 2005 du PIB en à 0,82% 2009

Pendant la crise, certains États ont renforcé leur appui aux établissements de recherche et programmes éducatifs publics. C’est le cas de l’Australie, du Canada, de la Chine, des États-Unis, de l’Italie et de la Suisse. De leur côté, l’Allemagne, l’Estonie et la Suède ont intensifié l’investissement dans les programmes existants pour soutenir l’innovation. S’agissant de l’évolution future des dépenses publiques en faveur de l’innovation, la situation est très hétérogène au sein de la zone OCDE. L’Espagne, la Grèce, l’Irlande, la République slovaque et la Slovénie pensent baisser les dépenses publiques de R&D au cours des prochaines années. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni comptent maintenir les niveaux de dépenses actuels. D’autres, comme l’Allemagne, le Chili, le Danemark et la Turquie, prévoient de majorer les dépenses à court terme.


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