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De l'ultra, de l'extra et du... "ah ça m'énerve"

Publié le 18 octobre 2012 par Pascal Boutreau

AllaisPour commencer, une pensée pour Emile Allais, décédé ce jeudi à l'âge de 100 ans. Emile Allais, c'est l'histoire du ski certes, mais c'est surtout l'histoire du sport. Il fut un pionnier, un inventeur (il a imposé le style en parallèle à la place du chasse-neige), un champion (1er champion du monde français en 1937, premier médaillé olympique tricolore en 1936 et pléthore de titres), un grand homme. Jusqu'à près de 100 ans, il skiait encore. Dans une société qui trop souvent oublie son passé et parfois même le dénigre (certains ont parfois tendance à penser qu'ils ont tout inventé), il est important de rappeler de temps en temps le nom et le souvenir de ceux qui ont fait avancer les choses. ça s'appelle le devoir de mémoire et le monde du sport ne doit pas... l'oublier. Emile Allais faisait partie de ce patrimoine du sport français.  

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Mardi soir avait lieu au CNOSF un colloque organisé par l’association Femix’Sports sur le thème de la place de la femme dans les institutions sportives. Le sport féminin, un thème qui vous le savez me tient à cœur.

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Si dans l’ensemble j’ai connu de meilleurs colloques Femix’Sports (les discours sont toujours jolis mais j'ai peur que ce soit les mêmes dans 10 ans et la "récupération" politique m'a agacé), il y a surtout un truc qui m’a énervé. Le discours de Brigitte Henriques, secrétaire générale de la Fédé de foot (ancienne internationale). A un moment, elle a évoqué le traitement dans L’Equipe du titre de championne du monde des U17. De façon très méprisante, elle s’est plaint de n’avoir qu’un petit titre à la Une et un article dans le journal (genre deux feuillets). Mais elle vit dans quel monde cette dame ? Qu’elle me cite un seul autre exemple d’une équipe U17 championne du monde qui ait bénéficié de ce traitement ! Au contraire, elle devrait dire merci et dire que c’est génial.

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Si le foot féminin n’avait pas été à la mode, elle aurait eu le traitement de tous les autres sports pour un titre U17, à savoir rien ou au mieux quelques lignes. Ce ne sont que des "cadettes" quand même. Pas sûr d’ailleurs que si un jour les garçons U17 obtiennent le même titre, ils bénéficient de la même exposition. Cette madame a continué son plaidoyer démago anti-L’Equipe en affirmant qu’avant les résultats de 2009, le foot féminin n’existait pas dans le journal. Visiblement, sa revue de presse n’est pas à jour… Je vais lui envoyer les pdf des pleines pages publiées à l’occasion des Championnats d’Europe 2001, 2005 et de la Coupe du monde 2003 où le journal avait à chaque fois envoyé un journaliste (en l’occurrence moi), ou encore des pages consacrées à Lyon. Et si le traitement était limité, c’est d’abord parce que les Bleues n’avaient à l’époque aucun résultat significatif. Quand cette dame évoque la première qualification de la France pour des quarts de finale lors de l’Euro 2009, elle oublie de rappeler que c’était aussi la première fois qu’il y avait des quarts dans une compétition à seulement 12 équipes (être dans le top 8 sur 12 n’est pas non plus un exploit) et que les Françaises s’étaient faites sortir dès ces quarts par les Pays-Bas, nation mineure du foot féminin. Pas forcément de quoi affoler les rotatives… Si les filles existent davantage aujourd’hui, c’est d’abord parce qu’elles ont eu des résultats et que leur « fraîcheur » a contrasté avec l’attitude de l’équipe de France masculine. Bref, si j’avais encore été en charge du foot féminin, sûr qu’après un tel discours, ma motivation pour « défendre » la discipline aurait été bien moindre. Alors qu’elle profite que le foot féminin soit à la mode, que tant se déclarent fervents supporters du foot féminin (comme au lendemain de la libération où tout le monde se vantait d'avoir été résistant), car les modes passent et le jour où les résultats seront moins bons ou même que les Bleus auront retrouvé un peu de dignité et donc de sympathie, on en reparlera… 

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Le Roc d’Azur, c'était la semaine dernière sur la Base Nature de Fréjus. Plus gros événement de VTT au monde avec plus de 18 000 participants sur 4 jours et plus de 150 000 visiteurs sur le salon. Ce n'était que la deuxième année que j'assistais à ce rendez-vous... et j'adore. J'adore parce que j'y retrouve les valeurs du sport que j'aime. Il y a cette convivialité avec toute l'équipe des précieux bénévoles qui depuis des années sont là, fidèles au rendez-vous. J'adore, parce qu'il y a aussi ce mélange des genres et des familles. Même si le vélo est le point commun entre tous, le Roc d'Azur est l'occasion de retrouver les pratiquants purs et durs dans leur cuissard et maillot cycliste mais aussi les adeptes plus "djeuns" du BMX ou du freestyle avec baggy et casquette comme accoutrement. J'adore, parce qu'il y a du haut niveau avec cette année le tout nouveau champion olympique, le Tchèque Jaroslav Kulhavy, vainqueur du Roc Marathon (83km).

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J'adore parce que les champions ne se la racontent pas et sont là avant tout pour partager avec le public et les VTTistes amateurs. Il suffisait de suivre notre championne olympique et mondiale Julie Bresset (en photo ci-contre) pour s'en rendre compte. Des sourires pendant plusieurs jours, des autographes signés par milliers et toujours la même sympathie et la même accessibilité. Il y avait aussi l'Italien Fontana, médaillé de bronze à Londres, venu participer à la course tandem (44km quand même) avec sa fiancée qu'il épousera le week-end prochain (elle portait un tee-shirt avec inscrit : "on se marie la semaine prochaine... si je survis au Roc). Parce que le Roc d'Azur est un rendez-vous incontournable pour tous, qu'ils soient anonymes ou champions. L'occasion aussi de faire la fête tous ensemble. Bref... j'adore !  

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Le Roc d'Azur était aussi l’occasion de croiser quelques stars venues se changer les idées. Des cyclistes "sur route" comme Sylvain Chavanel ou Jimmy Casper (rien à voir avec le fantôme... ok, c'est facile) mais surtout Alain Prost, le quadruple champion du monde Formule 1, au départ du Roc Marathon, la plus longue course du week-end avec 83km à parcourir. Eh bien figurez-vous que le monsieur a encore une sacrée condition physique. Pour sa deuxième course de VTT de sa vie, Prost a terminé autour de la 300e place sur près de 2000 avec un chrono de 5h19’. Et cela à 58 ans. Moi, je dis respect Monsieur Prost !

Voilà ce qu’il m’a confié sur la ligne d’arrivée : « C’est autant une aventure humaine qu’une épreuve cycliste. J’aime ces ambiances, j’aime me mêler à ces pelotons même si je n’ai pas encore assez d’expérience du VTT (il n’avait participé jusqu’au Roc d’Azur qu’au Cape Epic, une course en étapes en Afrique du Sud). D’une façon générale dans le sport mais aussi dans la vie, l’essentiel pour continuer à avancer est d’avoir des objectifs à relever. Ce Roc Marathon en était un. Mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi technique. Les descentes sont mon point faible… très faible même. Je n’ai pas la technique. J’ai peur, je me crispe et je perds donc énormément de temps. Pourtant, les pilotes, nous avons une faculté à anticiper et à avoir un regard qui va loin devant. Mais ma crispation m’empêche de passer ce cap et de mettre ça en place. A un moment, j’étais tellement lent que j’ai planté de l’avant et suis tombé. On dit généralement que plus on va vite, plus c’est facile… Encore faut-il réussir à aller vite. J’ai beaucoup de respect pour les champions de toutes les disciplines. On voit parfois certains amateurs se prendre pour des pros. Mais quel que soit le sport, il y a plusieurs mondes d’écart entre un amateur, même un très bon amateur, et un champion »  Tellement vrai. (photos ASO)

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J’adore cette quinzaine de l’année. D’un point de vue de mes « boutiques », c’est le paradis. Ça a commencé samedi dernier par l’Ironman d’Hawaï. Plus de huit heures en pleine nuit à regarder l’écran de l’ordi pour suivre l’épreuve en direct, à guetter les temps de passage des Français. Avec toujours ces incroyables images du départ et surtout celles des arrivées. Bien sûr, il y a les vainqueurs l’Australien Pete Jacobs et la Britannique Leanda Cave. Mais il y a surtout tous ces « anonymes » qui . Alors même si le circuit Ironman est aussi un méga business (mais personne n'a un pistolet sur la tempe pour l'obliger à s’inscrire), la part de rêve qu’il procure est très respectable.

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Et rebelote le week-end prochain avec cette fois le Grand Raid de La Réunion, désormais plus connu sous le nom de Diagonale des Fous. D’ailleurs, à ce sujet, j’ai enfin pris le temps de vérifier si ma mémoire fonctionnait encore bien. Comme il me semblait, cette appellation de « Diagonale des Fous » a été pour la première fois utilisée par Bernard Morin pour le mensuel  Jogging International (où je travaillais il y a 20 ans et où il était correcteur… eh oui, dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il y avait des correcteurs dans les journaux pour dénicher les p’tites fautes d’orthographe qui pouvaient traîner… le correcteur est aujourd’hui une espèce en voie de disparition… et ça se voit dans les journaux… bref). Comme il me l’a confirmé il y a quelques jours, les organisateurs l’on ensuite contacté pour lui demander l’autorisation de déposer la marque à l’INPI. C’était il y a donc près de 20 ans.

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L'épreuve est devenue une de celles qui comptent sur un CV de coureur. 170km et près de 11 000m de dénivelé, ça vous pose un homme... ou une femme. Les participants se sont élancés ce jeudi soir. Aucun suspense pour le gagnant puisque l'Espagnol Kilian Jornet, l'ultra-terrestre comme il est souvent surnommé, est au départ, cinq jours après avoir remporté une course en Malaisie qui le sacre une fois encore champion du monde de sky running (en gros une discipline où on fait des courses dans la montagne et à qui l'on a donné un nom anglais pour faire genre...). KJ a remporté le Grand Raid en 2010 en 23h17 en s'arrêtant prendre des photos partout. Alors à moins qu'il se perde, comme d'hab, personne ne pourra le battre. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans l'aventure que tous les traileurs vont vivre pendant parfois près de 60 heures à travers les grands cirques de l'île (Cilaos, Mafate etc.). Une aventure unique à laquelle ils pensent depuis des semaines, des mois et même souvent des années. Au passage grosse pensée pour Fanny (Fréchinet) qui s'aligne au départ.  

Et du 25 au 28 octobre, on remet ça avec Le Festival des Templiers, à Millau, autre grande classique des courses ultra.

Et puisque nous sommes dans le domaine de l'ultra et que je ne sais jamais trop quand je vous livrerai la prochaine new news, une grosse pensée pour Cécile Bertin (sites perso et courir au feminin) qui s'envole dans quelques jours pour l'Egypte pour y accomplir la troisième des quatre étapes du Challenge des Four Deserts avec au programme 250km en six étapes, le tout en autosuffisance alimentaire. Cécile, droit devant, sans se retourner... régale toi...

Et enfin, pas de grandes phrases mais juste un lien vidéo. Il s'agit du reportage de Sport + sur le Tor des Géants. Des paysages grandioses, des coureurs touchants, un texte pour le commentaire de Vincent Bachelot particulièrement bien écrit. A déguster sans modération et avec j'en suis sûr, pour certains d'entre vous, comme pour moi, les yeux qui piquent... (merci à Grégoire Millet de me l'avoir rappelé... et bravo à lui pour sa deuxième place).

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Les Mondiaux de tennis de table à Bercy, c’est pour bientôt. Du 13 au 20 mai 2013 précisément. J’en entends déjà dire « ouais ben on a le temps d’y penser ». Il n’y a pas urgence certes mais attention à ne pas traîner. En 2003, lors des précédents Mondiaux organisés au POPB, l’événement avait affiché un taux de remplissage de 93% sur l’ensemble de la semaine. Un score qui rendrait jaloux la plupart des événements qui se disputent sur une telle durée, à commencer par le tennis où les tribunes sonnent souvent creux jusqu’au vendredi. La billetterie de ce mondial de ping a donc été ouverte cette semaine. Entre nous, si vous aimez le sport et les grandes ambiances sans être forcément un spécialiste de tennis de table, ça vaut le coup. Il y a dix ans, je suivais la compétition pour L’Equipe et j’avais vécu une semaine juste géniale. Je me souviens notamment du vendredi avec un Bercy évidemment archi bondé et en ébullition, avec des cornes de brume, des olas et tout ce qui est susceptible de mettre le feu. Soutenu par les trois quarts de Bercy, l’autre quart étant occupé par les supporters chinois complètement déchaînés, l’Autrichien Werner Schlager avais conquis le titre suprême. Info : www.mondialping.com Sinon, côté ping, les Championnats d'Europe se disputent jusqu'à dimanche à Aahrus, au Danemark avec côté tricolore, des espoirs principalement placés en Adrien Mattenet, membre du top 25 mondial depuis quelques mois maintenant.


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