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Fifty Shades of Grey: MA version du "Mommy porn" (sauce à l'ail)

Publié le 18 octobre 2012 par Unechambreamoi
Pour vous faire patienter pendant l'insoutenable attente des résultats du concours (pour gagner une superrrrbe paire de chaussons de lutins, vous pouvez participer jusqu'à vendredi 19 octobre minuit), voici une nouvelle un peu affriolante, pour vous mesdames, et pour vous messieurs, en exclusivité!
Avertissement:
-Extrait de roman conçu et réalisé avé l'accent de la région PACA
destiné aux "audiences matures", comme ils disent aux US.
"Driiiiing"! La sonnette retentit de manière retentissante.
"Bonjour madame! je suis le réparateur de magnétoscope! A moing que ce soit plutôt... votre machine à laver.... qui a un problème? (dit le technicien d'un air assuré et volontaire)
- Oh bonjour monsieur... bredouilla Josiane, dandinante. En effet, mon magnétoscope ne fonctionne plus très bien, mais à vrai dire, c'est surtout ma machine à laver qui me pose souci. Veuillez prendre la peine de vous déplacer jusqu'à la buanderie. Voilà qui est fait. Voyez à présent la machine, là, j'ai l'habitude de m'assoir dessus en mode essorage, mais depuis la mort de mon chat, je trouve qu'elle vibre un peu moins qu'avant."
-Té, pourtant, elle parait flambant neuve la bécane! Allons-y voir ce qui s'y passe. Passez-moi la clé de douze" rétorqua le bel homme en se frottant les mains sur sa combinaison.
 "J'ai les mains qui pèguent", jugea-t-il bon de préciser.
Josiane, en répondant au technicien, en profita pour l'observer. De haut en bas. De bas en haut. Tandis qu'il se penchait avantageusement en bleu de travail vers l'appareil d'électro-ménager, elle retira ses lunettes pour les frotter frénétiquement contre son pull mohair. Puis les rechaussa, salivant, le regard torve vers son torse glabre.
Le technicien de réparation avait une bien jolie gourmette en or, gravée et répondant au doux sobriquet de "Bouzigue", preuve sans doute qu'il était quelqu'un qui avait réussi et qui devait avoir un certain pouvoir. Un blackberry aux couleurs de l'OGC Nice dépassait de sa poche. Elle nota que la combinaison du mâle était légèrement trop serrée sur ses cuisses noueuses et musculeuses. Pourtant ce n'était pas son porte-feuille qu'il avait dans la poche ("grrrrr", pensa-t-elle, en se mordant la lèvre supérieure, les pupilles dilatées).
 Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre (à cette heure-ci, y avait dégun dans la rue), et aperçut l'Audi Tété noire du monsieur. C'en fut trop. Ces signes extérieurs de richesse méridionale lui firent l'effet qu'ils font à toutes les femmes: ils l'hyphnothisèrent. Nan, ils l'hypnotisairent. Enfin, bref, ils lui firent de l'effet sensuel, avec de la hausse conséquente de température corporelle, quoi.

Owwwwch


Josiane, (plus toute) jeune secrétaire sans beaucoup d'expérience, à la vue de tout ce luxe, ne se sentit soudain plus de joie. Quelques gouttes de sueur perlaient délicatement sur ses tempes. Elle entrouvrit la bouche fiévreusement et entreprit de déboutonner son petit chemisier en polyester à motifs floraux, confectionné dans le plus pur style anglais, jusqu'au bas-ventre qui lui criait silencieusement des mots d'encouragement.
Aujourd'hui était un grand jour. Non seulement elle allait pouvoir enfin regarder, sur son magnétoscope bientôt réparé, le reste des émissions "Pyramide" qu'elle avait enregistrées pendant ces 15 dernières années, mais elle allait aussi découvrir goulument le plaisir avec un milliardaire provençal. Sa détermination la surprit elle-même.
(Didascalie:)
A ce passage-ci du roman, il faut écouter une musique de ce style, ça vous aidera à visualiser l'état effroyablement bestial dans lequel se trouve Josiane.

- Monsieur Bouzigue, lui dit-elle, toute en sueur de désir. J'étais sur le point de finir de préparer mon aïoli.
Vous voulez faire une petite pause et déjeuner avec moi un morceau?
Sur ces mots, le technicien de maintenance, brutal et viril, lui répondit par un regard animal. Son regard, mais aussi une certaine partie de son anatomie, en disait... long. "Mmmmmh...", ("elle est morte de faim", pensa-t-il).
- Madame, je suis en effet un homme richissimeuh, et mon fantasme est de vous enduire d'huile d'olive, vous Bayonner telle un jambon, de vous fouetter avé le tuyau de douche ici présent, si vous n'y voyez pas d'inconvénient bieng-sûr!
Et j'ai une autre idée, puisque vous m'avez tout l'air d'être une sacrée coquine, l'aïoli, vous allez le manger, mais pas sur la table. Héhéhé... . (Regard lubrique, concupiscent, turgescent, etc)
Sur ce, Josiane, qui était allée chercher des ustensiles dans sa chambre, prépara les apéritifs. Elle versa un peu de Pastis au creux de ses Louboutaing, et le reste d'aïoli, bien dosé en ail, sur son nombril. Elle avait apporté aussi un peu de thym et de romarin pour la déco, et puis deux boules de pétanque retrouvées par hasard sous son oreiller, sans encore vraiment savoir ce qu'elle pourrait bien en faire. Elle décida de faire confiance à l'expérience de son Bouzigue, qui serait certainement entreprenant, en tant que bouliste semi-professionnel (sa passion du boulodrome étant magnifiquement tatouée sur son biceps tendu).
Puis, vous connaissez l'histoire, il lui dit des trucs salaces à l'oreille. Des mots-doux, aussi crus que son aïoli, et aussi chauds que la bouillabaisse qui frémissait, dans le même temps, sur thermostat 5 dans la cuisine américaine tout aménagée.
 Josiane, moite, disait non, puis parfois disait "oh et puis flûte, peut-être bien", et puis disait "oh non, je ne peux pas", pour finalement dire "oh Yes", "oh Jeez", "oh mon PDG, je suis ta cagole, ton rosbeef, saucissonne moi, punis-moi je ne suis rien qu'une méchante, une vulgaire pute-borgne, prends-moi dans ton A6, emmène-moi dans ton cabanon à Cassis, que le jour recommence et que le jour finisse! Patron, dis-moi encore et encore des cochoncetés!".
Bouzigue, rageur comme un taureau camarguais, lui ôtait sa nuisette Marks & Spencer, lui arrachait d'un coup de machoire ses Jimmy Chou pointure 41, avec les onomatopées de rigueur telles que "oh my", "ooooohm", "rhaaaaa"; "huuuuuuuuuu", héyhéy", "goooooosh", "je vais te montrer c'est qui papa".
S'ensuit le vocabulaire fleuri et attendu, les clichés propres à ce genre littéraire; explosion des sens/ toison qui crie famine/ grimpage au rideau/ jacuzzi/ enfonçage d'ongles dans le dos/ mordillage de lobes/ menottes et lit à barreaux/ yeux révulsés/ petite mort/ Champagne/ draps de soie/ Oh I'm coming/ soupir.

didascalie:
et là le roman se termine. Il vous faut, malheureusement, redescendre du rideau, vous passer un coup de peigne, et ainsi retrouver vos activités normales.
C'est fini.
---
Ne me remerciez pas. Cet extrait littéraire était un acte totalement gratuit, longuement travaillé avec un linguiste à domicile (comme vous le constatez j'ai essayé de faire un chef-d’œuvre de style, léger et subtil) destiné à vous faire plaisir et à réchauffer vos cœurs, tout simplement.
A vrai dire je n'ai pas lu "Fifty Shades of Grey". J'ai en revanche lu un article hilarantissime sur Slate.fr, intitulé Fifty Shades of Grey, roman plan-plan cul-cul. Lisez-le, il vaut le détour.
Je n'ai rien contre ce bouquin (surtout que je ne l'ai pas lu!), je sais qu'il y a des mauvaises critiques, notamment sur la forme. Je ne sais pas si je le lirai... en même temps, peut-être, par curiosité. Bon, je n'aime pas beaucoup la segmentation marketing "Mommy Porn". Comme le dit très bien Marlène dans son article, cette opposition maman/putain est assez exaspérante.
Mais je pense aussi qu'un livre qui libère les femmes, les pousse à la curiosité et à écouter leurs désirs, c'est toujours positif! Peu importe que ce livre ne soit pas de la "grande" littérature, je crois qu'ici ce n'est pas le but, et ça n'enlève rien à la Littérature avec un grand L.
Les mauvaises langues disent que ceux qui n'aiment pas ce genre de bouquins sont soit snobs, soit coincés. Ah.
Bon, après, moi, je crois que j'ai un problème avec le genre littérature érotique. Je crois que je n'aime pas ça. Je n'ai peut-être pas lu les bons livres... mais je trouve ça assez casse-gueule d'écrire un livre entièrement consacré au sexe. Un peu comme si on faisait de la littérature culinaire, ou sur le thème des pieds, ou des bras d'un type.
La sexualité fait partie de la vie, je trouve difficile de la distinguer complètement du reste. Je trouve souvent plus réussies de belles scènes érotiques au sein d'un roman, plutôt qu'un bouquin entier dévolu à la chose.
On m'avait conseillé de lire "La femme de papier", de Françoise Rey, par exemple... je n'ai pas aimé. J'ai trouvé cette façon de parler du sexe crue, trash, juste porno, en fait, assez dégueulasse, pour résumer... pas du tout plaisante. Laissant de côté, selon moi, tout ce qui fait le sel de l'attirance entre 2 personnes: le jeu de séduction, l'attente, l'imagination, les sentiments, une forme de passion, et pourquoi pas l'amour.
La violence, les pratiques borderline, SM, les éternels mots gynécologiques et synonymes médicaux lus et relus pour décrire les parties de jambes en l'air, l'anatomie des personnages... ça ne me parle pas beaucoup, et je trouve que ça a un potentiel comique/ridicule/chiant/épouvantable assez fort, lorsque c'est écrit noir sur blanc.
Je ne sais pas si je suis un mauvais public, où si je n'ai pas trouvé les bons livres.
Vous avez un avis?
Pour lire d'autres aventures de Josiane... c'est ici
Une recette de daube provençale un peu olé-olé... c'est dans les fiches-cuisines de Tante Mildred.

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