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Hollande, responsable et pas coupable

Publié le 14 novembre 2012 par Letombe
Hollande, responsable et pas coupable

«Je suis un président aujourd’hui responsable, pleinement responsable, responsable de tout mais qui ne décide pas de tout»
François Hollande, 13 novembre 2012
Deux heures et vingt-quatre minutes, l'évènement du jour. Quand il s'est arrêté, il est allé saluer ses ministres puis des journalistes parmi les 450 entassés dans cette salle de l'Elysée.
Comme il conservait encore un peu d'humour, il conclue en demandant grâce et pardon aux journalistes qu'il avait fait venir à l'Elysée au lieu de se déplacer à leur rencontre.
A droite, quelques-uns réclamaient sa destitution. Rien que cela. Ils nous faisaient regretter de n'avoir réclamer la décapitation à l'encontre de l'ancien monarque. Ce dernier, Sarkozy de son nom, était pourtant responsable d'irresponsabilité budgétaire, de collusion fiscale, de conflits d'intérêts, de narcissisme diplomatique, et d'incompétence politique. Il nous avait laissé le bilan que l'on connaît. Et pourtant, malgré notre anti-sarkozysme des plus primaires, nous ne réclamions que l'alternance, pas la destitution. Qu'importe !
Ce mardi, François Hollande était face à 450 journalistes, français ou étrangers, pour leur rappeler que la tâche n'était pas simple. Les grands éditocrates étaient restés dans leurs salons médiatiques. Jean-Michel Aphatie commença son analyse sur CANAL+ sans attendre la fin. Christophe Barbier en était encore à justifier son immonde couverture sur le coût de l'immigration. Il venait de réaliser combien il avait chiper le sujet et l'illustration à MINUTE. Michael Darmon récemment promu chef du service politique d'iTélé était resté cloitré sur le plateau de sa station.
De François Hollande, on retint quelques phrases qui auraient dû remettre en place les idées des esprits honnêtes. Elles n'appelaient pas nécessairement accord ni blanc-seing, mais elles étaient claires, précises et sans détour. Hollande évoqua bien sûr « la réorientation de l'Europe, le désendettement de la France et le redressement de la productivité du pays.»
1. « Depuis le 15 mai, bien des engagements ont été tenus.» Il avait raison. A 6 mois, Nicolas Sarkozy n'avait réalisé que 4% de ses engagements disait le Figaro. Hollande en était à un quart, et des plus graves.
2. «Nous vivons bien plus qu’une crise, nous vivons un changement du monde. Et, c’est pourquoi depuis six mois, j’ai fait mes choix et je m’y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage car ces choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et surtout, aux intérêts de la France.»
3. «Nous avons réduit l'écart avec l’Allemagne de près de 40%, pour ceux qui s’interrogent sur les rapports que nous avons avec l’Allemagne, et qui sont bons.» Une pique pour Libération qui s'interrogeait la veille sur la confidence anonyme d'un conseiller anonyme du gouvernement allemand sur la solidité de la France. La réponse fut officielle et prouvée.
4. «Un choc, ça faisait chic, paraît-il»
Sur la compétitivité, Hollande voulait remettre les Pigeons, Geonpis et autres Medef en place. Il ne satisfaisait pas sa gauche. Et pourtant... «ce n’est pas un cadeau, c’est un levier, qui offre au système productif un moyen de traverser la crise.» «C’est un pacte de confiance pour que l’investissement soit préféré à la distribution de dividendes». Arnaud Montebourg fut là quelques minutes plus tard pour défendre son engagement sur le plateau du Grand Journal.
5. «Je propose une restructuration de la TVA. Elle n’interviendra qu’au 1er janvier 2014. La refonte de la TVA - prévue par le pacte de compétitivité -, permettra de régler une fois pour toutes la question de la TVA dans la restauration. Ce sera 10% au 1er janvier 2014, contre 7% aujourd’hui.»
Factuellement, c'était vrai. Le monde est injuste. Quand Hollande augmente la TVA sur la restauration (un tiers de la hausse), on ne retient que la hausse, pas la correction d'une niche fiscale inutile. 
6. «Le non-cumul des mandats, nous le ferons.»
Oh fichtre ! Quelques sourires devenaient grinçant dans les rangs  y compris socialistes.
7. «Ma responsabilité c’est de faire passer mes engagements sans créer de fracture. J’ai conscience que je demande beaucoup à des catégories supérieures. 70% de l’effort est demandé à 20% de nos concitoyens.» Allez... soyons précis. Cela signifie que 30% de l'effort seront supportés par les 80% restant. Donc, oui, tous les Français vont contribuer. Inutile de couiner... C'est la Grande Crise. 
8. Sur le droit de vote des étrangers, Hollande récuse tout référendum. Il faut convaincre puisque la majorité parlementaire n'est pas là à ce stade sur cette promesse de campagne. «Un référendum en ce moment, vous pensez que je vais prendre cette décision ? Si nous n’aboutissons pas par la voie réglementaire, je verrai dans quel état est la société pour voir si nous pouvons aller vers un référendum.»
De quelques journalistes, heureusement rares, nous eûmes ces questions sans intérêt ni intelligence.
Jean-Marc Ayrault restera t-il Premier ministre durant tout le quinquennat? 
Fichtre...
Où étions-nous ?


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