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COLLOQUE"ECOLOGIE D AVENIR" :Le futur du Nucléaire ( suite 4)

Publié le 30 novembre 2012 par 000111aaa

Pensant en avoir terminé hier avec le « Nucléaire sans risques » de CARLO RUBBIA   je m’apprêtais a  vous offrir la suite lorsque un de mes plus «  rétifs » lecteurs de mon site  (pseudo :XYZ  !) m’a posé des questions  sur ce dispositif , , ses moyens de commande  etc. …. Je prolonge donc un petit peu mon exposé  sur ce point par des données personnelles  avant de repartir sur les exposés du colloque ……

1°/ IL N YA PAS UN RUBBIATRON MAIS PLUSIEURS  POSSIBLES !!!!

Je prie aimablement mes lecteurs de comprendre que si chacun veux que traite à fond tous les sujets du  Colloque  ,je ne vais jamais m’en sortir ! je m’en tiens donc à un petit résumé complémentaire à celui d’hier …

1 -1 /LE RUBBIATRON EN TANT QUE REACTEUR   DE THORIUM SEUL

-L’idée de base est correcte car le thorium est 4 fois plus abondant que l'uranium et surtout bien  répandu , éliminant donc  les problèmes stratégiques liés à  des approvisionnements sous conditions , ainsi d’ailleurs que les coûts de la séparation isotopique. Au taux de consommation actuel, les réserves de thorium suffiraient pour plusieurs millénaires d'exploitation…Toutefois une industrie structurée du thorium n’existe pas vraiment en France ….(  La  SFEC fabriquait des réfractaires en thorine mais elle a fermé)

-La question de mon lecteur  sur le  PC «  accélérateur- freins » d’un tel réacteur   ne trouve pas sa réponse  comme pour les réacteurs critiques  REP/REB ….en effet ceux-ci font appel à une fluence neutronique  à topographie 3D  dirigée par une statistique  MONTE CARLO avec corrections   , modérée avec l’eau et  arrêtée par barres de commande au bore   etc. …. Au contraire le thorium peut être bombardé de neutrons pour produire une fission, mais sans que cela créée une réaction en chaîne.et il  suffit donc  de trouver l’astuce technique pour que le type de combustible et le process qui l’utilise le gardent   homogène en cuve  le plus commodément du monde… L e projet initial comportait des billes ou des  cylindres  refroidis et dilués par le plomb  à la fois caloporteur et modérateur   ( voir ma photo)  sous convection naturelle ou «  dopée » etc. . DES PROGRES ONT ETE ACCOMPLIS AILLEURS ET DONT JE VOUS PARLERAI PLUS LOIN (réacteurs à sels fondus)

1-2/ LE RUBBIATRON EN TANT QU INCINERATEUR DE DECHETS

Mes lecteurs ne se rendent pas compte de leur chance ! En effet j’ai abordé  ce sujet cette semaine en parlant de l accelerateur de particules MYHHRA …..Or le projet d incinération par rubbiatron a été retenu …..Le CNRS a présenté les premiers pas de Guinevere, une maquette de réacteur qui permet réduire à la fois le volume et la durée de la radiotoxicité des déchets. Le prototype Guinevere, construit à Mol, en Belgique, dans le cadre d'une coopération entre le Centre d'étude de l'énergie nucléaire belge (SCK.CEN), le CNRS et le CEA (Commissariat à l'énergie atomique), est constitué d'un accélérateur de particules qui génère des neutrons particuliers . Le principe physique à l'œuvre est le même que dans la fission nuclé­aire des réacteurs d'EDF sauf que, pour scinder des noyaux d'éléments comme le plutonium, le neptunium, l'américium ou le curium,etc ; il faut les bombarder avec des neutrons plus rapides que dans une centrale classique. Le combustible, au lieu d'être de l'uranium comme dans les centrales classiques, peut etre remplacé par des déchets radioactifs à vie longue….

Et un élément, qui resterait radiotoxique pendant des centaines de milliers d'années, se coupera en deux noyaux plus légers, qui perdront leur radioactivité en quelques siècles seulement

Avec son accélérateur d'un mètre de long, sa source qui tient dans une armoire et son minicœur de 2 mètres de hauteur, Guinevere n'est encore qu'une maquette, d'un coût total de 10 millions d'euros. (Voir ma photo)

Selon Hamid Aït Abderrahim, directeur adjoint du SCK.CEN, ce prototype préfigure le Myrrha, un pilote préindustriel doté d'un accélérateur de 200 mètres de long qui pourrait être opérationnel en 2023, également à Mol, et dont le coût est évalué à un milliard d'euros.

Après ces 2 réalisations  on pourrait soit  déboucher sur une filière industrielle classique soit sur une filière incinératrice dont la  vocation ne serait pas de produire du courant, mais bien de contribuer à optimiser en la réduisant la solution de stockage souterrain des déchets

Reste le problème des  réacteurs haute température refroidis au mélange plomb –bismuth a accoupler derrière cette source de neutrons . RUBBIA  qui les a proposé sait très bien que les Russes les ayant utilisé pour des sous-marins nucléaires d’attaque  ont subi des avanies  avec ! En effet, si ces  réacteurs présentaient de nombreux avantages comme une forte puissance par rapport à leur masse et leur volume, la rapidité des variations de puissance et l'absence de pressurisation du circuit de refroidissement primaire,  le mélange se solidifiant très vite, ils présentaient un inconvénient majeur pour leur entretien, c’est à dire la nécessité de maintenir le fluide de refroidissement à une température supérieure à 125 °C, ce qui rendait problématique quelque arrêt du réacteur que ce soit pour des opérations de maintenance ! La rumeur en situe un quelque part au fond des eaux de l Atlantique  !La France n’a pas l’expérience de tels réacteurs... ni d’ennuis !

A suivre


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