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MALADIE AUTO-IMMUNE: Et si une molécule se déguisait en virus? – of Neurology

Publié le 22 décembre 2012 par Santelog @santelog

MALADIE AUTO-IMMUNE: Et si une molécule se déguisait en virus?  – of NeurologyComprendre pourquoi le système immunitaire se retourne contre nos propres cellules, c'est l'objectif de ces chercheurs de l'Inserm qui apportent, sur une maladie auto-immune, la myasthénie grave la preuve du concept qu'une molécule mimant un virus peut déclencher une réponse immunitaire inappropriée dégradant les fonctions musculaires. Ces résultats publiés dans la revue Annals of Neurology, montrent que des molécules mimant une infection virale sont capables d'induire une maladie auto-immune, ce qui jusqu'à présent n'avait jamais été démontré.


La myasthénie grave est une maladie auto-immune rare, touchant 5 à 6.000 patients en France, entraînant une faiblesse musculaire et une fatigabilité excessive. Elle touche généralement d'abord les muscles du visage, puis elle peut se généraliser aux muscles des membres ou encore aux muscles respiratoires entrainant une détresse respiratoire. Elle est due à la production d'auto-anticorps circulants qui bloquent les récepteurs de l'acétylcholine (RACh), un neurotransmetteur nécessaire à la transmission du signal nerveux moteur, au niveau de la jonction neuromusculaire.


MALADIE AUTO-IMMUNE: Et si une molécule se déguisait en virus?  – of Neurology
Facteurs environnementaux et infections virales sont suspectés de jouer n rôle clé dans le développement de la maladie. Alors que le diagnostic de myasthénie est souvent très longtemps après le début de la maladie, les causes sont difficilement identifiables.


Dans le cadre d'un projet européen FIGHT-MG, dont l'objectif est d'identifier ces facteurs de risque génétiques et environnementaux, l'équipe de l'Inserm est parvenue à décrypter le déclenchement de la maladie en utilisant une molécule nommée Poly(I:C), mimant l'ARN viral. Ils mettent en évidence in vitro que cette molécule est capable d'induire une surexpression de 3 protéines dont l'une entraîne une inflammation au niveau du thymus. En analysant les thymus de malades atteints de myasthénie, les chercheurs constatent une surexpression de ces 3 mêmes protéines du système immunitaire, caractéristique d'une infection virale. Enfin, les chercheurs ces mêmes changements moléculaires sont identifiés dans le thymus de souris, suite à l'injection de cette molécule Poly(I:C). Après une période d'injection prolongée, ces souris présentent la même prolifération de cellules B anti-RACh, la présence d'auto-anticorps bloquant les récepteurs RACh et des signes cliniques synonymes de faiblesse musculaire comme dans la myasthénie.


Ces résultats montrent que des molécules mimant une infection virale sont capables d'induire une myasthénie chez la souris, ce qui jusqu'à présent n'avait jamais été démontré. Une infection virale pourrait donc entrainer une inflammation du thymus et conduire au développement d'une myasthénie auto-immune. Dernière question, la molécule en question est-elle exogène ou activée par le biais de molécules endogènes ?


Source: Communiqué Inserm (Visuel © Inserm / R. Le Panse et MDA.org ) et Annals of Neurology DOI: 10.1002/ana.23791 Implication of dsRNA signaling in the etiology of autoimmune myasthenia gravis


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