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La condition féminine en Inde

Publié le 20 mars 2008 par Bouba83

Voici un article datant d'il y a (seulement) deux ans, que j'ai trouvé sur le site du quotidien The Independant. Bonne lecture aux amateurs de scénarios gores... Le point positif? Cet article est tiré d'un journal indien, et s'il y a bien une chose dont on ne peut pas se plaindre dans ce pays, c'est la liberté de la presse!

L’Inde abolit le droit du mari à violer sa femme.
Par Justin Hugler de Delhi.
Vendredi 27 Octobre 2006
Pour la première fois, la femme Indienne a une protection contre les mauvais traitements qu’elle peut subir au sein de sa propre maison grace à une loi passée hier en force. C’est la première fois qu’une loi indienne reconnaît le viol au sein du mariage ainsi que les maltraitances sexuelles, émotionnelles ou verbales. Les rues sont sûres en Inde, mais une femme n’est pas en sécurité chez elle.
Il y a un taux remarquablement bas de violence contre les étrangers dans la plupart des grandes villes et il est n’est pas dangereux d’arpenter les rues de Bombay ou Bangalore tard dans la nuit. Mais toutes les six heures, une jeune femme mariée est brûlée vive, battue à mort ou forcée à se suicider par un mari la torturant psychologiquement.
Plus des deux tiers des femmes mariées en Inde, âgées entre 15 et 49 ans ont été battues violées ou abusées selon le Fond des Nations Unies pour la Population.
L’une des raisons les plus fréquentes de cette violence envers les femmes est liée à la dot. En effet, dans la plus grande majorité des cas, la famille de la mariée est encore censée la pourvoir lors du mariage.

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Les maris -ou leur famille- qui ne sont pas satisfaits du prix payé, maltraitent émotionnellement la nouvelle épousée et souvent même vont jusqu’à la tuer. En 2005, 6787 cas de femmes assassinées par leur mari ou leur belle-famille à cause de la dot ont été enregistrés. De nombreuses ont vu leur sari prendre feu par « mégarde » dans la cuisine ; meurtre unanimement déclaré comme un accident domestique par la belle-famille…
Les violences envers les femmes étaient déjà illégales, selon une loi datant de 1983, mais celle-ci reconnaît le viol dans le mariage. Car auparavant, il était impossible de porter plainte pour cela étant donné que le mari ne faisait qu’accomplir son devoir conjugal. La nouvelle loi innove en ce qu’elle reconnaît également les maltraitances verbales, émotionnelles et économiques comme un crime. La sanction peut aller jusqu’à un an de prison et 300€ d’amende. Une loi existante prévoit encore un allongement de la sentence pour violences physiques. Plus important encore, la loi oblige un mari abusif à partager son patrimoine avec sa victime et à lui offrir les soins médicaux. Un autre point crucial : elle garantit à la victime le droit de pouvoir continuer à vivre dans la maison de famille, qui est encore habitée par la majorité de ses membres en Inde, et les victimes sont souvent jetées dehors par leur époux ou sa famille, les laissant sans abri ni argent pour survivre.
« Cela va pousser les femmes à se lever pour leurs droits et prendre toutes les précautions nécessaires pour les faire valoir » a commenté la ministre du developpement de la femme et de l’enfant Renuka Chowdury. Auparavant les femmes avaient peur de parler car elles risquaient de perdre le support financier de leur mari non seulement pour elles mêmes mais aussi pour leurs enfants.
Reste le problème que même sous cette nouvelle législation, de nombreux cas de maltraitance ne seront pas référencés, et cela même si les comportements domestiques changent. Le rapport de l’UNFPA déclare que 70% des mauvais traitements ont étés justifiés par les maris selon certaines prétendues circonstances spéciales, dont par exemple un refus de rapport sexuel ou même un dîner servi en retard…
Une femme tuée après avoir refusé un rapport sexuel
Tripla, née en Inde de l’ouest.
Tripla est née dans la jungle de l’Inde orientale, mais est morte à des centaines de miles de son lieu de naissance, dans un champ broussailleux près de Delhi, assassinée par son mari parce qu’elle avait refusé de coucher avec le frère de celui-ci. Née dans une famille sans le sou, elle se laissa vendre par ses parents pour la somme de 130€ lorsque le premier prétendant se présenta. Elle n’a jamais revu son foyer ou sa famille.
Son mari l’a emmenée dans son village, au sein du district de Mewat, à une heure de route de New Delhi. Il faut savoir qu’il y a une pénurie de femmes dans cette zone, due aux avortements massifs de fœtus de petites filles. Ils y ont vécu en tant que mari et femme durant six mois, jusqu’à ce qu’Ajmer, son époux, lui ordonne de coucher avec son frère, qui ne pouvait pas se payer une épouse. Devant son refus, Ajmer l’a traînée dans un champ éloigné pour la décapiter avec une faucille.
Son histoire est connue grâce à la couverture médiatique orchestrée par Rishi Kant, un militant des droits de la femme. Lorsque celui-ci a interrogé les parents de la jeune femme à Jarkhand, pour les interroger sur ce qui avait pu se passer, la mère de la victime a seulement pu déclarer en pleurant que face à la misère qu’ils vivaient, elle n’avait eu d’autre choix que de vendre son enfant. Quand au mari de Tripla, il doit désormais répondre de meurtre devant un tribunal. Mais cette tragédie n’est qu’un cas parmi des  milliers. Chaque semaine dans les villages du seul district de Mewat, monsieur Kant vient secourir de plus en plus de femmes endurant une vie de maltraitance.


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