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Clous Atlas (Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer, 2012)

Par Doorama
Clous Atlas (Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer, 2012) Hier, de nos jours, demain, et même après demain, pas moins de six destins, six combats, s'entrecroisent, se répondent et s'interconnectent. L'histoire de l'humanité n'est que la répétition d'hommes qui se battent toujours pour les mêmes choses, toujours pour les mêmes valeurs, toujours contre d'autres hommes.
Les Wachowski sont décidément bien difficiles à cerner... Après le très chouette thriller lesbien Bound, le choc visuel Matrix, les déceptions de ses deux suites et la bouse Speed Racer, voici qu'il reviennent avec l'adaptation d'un livre inadaptable : Cloud Atlas. Passant allègrement de tribus primitives à une Corée futuriste à la Soleil Vert, Cloud Atlas propose une aventure de presque 3h00. Trois heures avec les Wachowski (et Tom Hanks qui plus est !), est-ce bien raisonnable ? Voici notre réponse...
Oui ! Définitivement "Oui"... Même s'il aura quand même fallu une bonne heure à la rédaction pour entrer dans son univers... Le temps de comprendre ce qui nous arrive, ce dont on nous parle, ce que nous devons observer dans la belle réalisation qui nous est proposée, et le temps de laisser tomber notre envie de savoir où les Wachowski veulent nous emmener : Bref, juste le temps de nous abandonner au projet ! Une heure entière avant de nous laisser emporter, parce qu'il est bien difficile de réordonner 6 récits présentés "façon puzzle" et de comprendre que les acteurs similaires qui les habitent ne sont pas à appréhender comme Il Etait Une Fois L'Homme (si, si ! vous avez bien lu, le dessin animé à 19h55 de notre enfance...), avec des caractéristiques récurrentes et faciles à interpréter. Bien au contraire ! Une fois habitué aux codes de Cloud Atlas, c'est même ce qui séduit, ce qui fascine même. Cloud Atlas "emporte le morceau" par sa diversité, son refus du repère trop simple, sa grande ambition et le courage des choix de réalisation pour lequel il opte.
Techniquement, tout est là, traité avec soin, même en dépit de certaines curiosités (certains maquillages nous ont laissé dubitatifs... comme des asiatiques européanisés et des européens étrangement "asiatiquisés"... mais là n'est pas l'essentiel). Courage, humanisme, amour, devoir, vérité, Cloud Atlas brasse large, et chacune de ses histoires se refuse à ne représenter qu'un seul trait de caractère. Clous Atlas nous impose donc un film exigeant, que seul l'abandon du spectateur sauvera de l'incompréhension. Pour profiter de Cloud Atlas, il faudra accepter de remettre à pus tard sa compréhension. Il préfère composer un univers impressionniste fait d'une formidable multitude de touches, et même si ce n'est peut-être pas le grand et beau film qu'il semble prétendre être, c'est en tout cas grâce à ça qu'il s'avère particulièrement stimulant et qu'il procure un spectacle parfaitement maîtrisé. Alors bien sûr, c'est vrai que l'ampleur du projet et son ambition nous rappellent la prétention démesurée des deux derniers Matrix, mais cette fois, l'indigeste est soigneusement évité, cette fois l'humanisme l'emporte sur le grand n'importe quoi. Tout est lié, à hier comme à demain, tous s'interconnecte, comme guidé par une logique plus forte que l'homme, et franchement, quelque soit son message (superbe, niais ou inutile), Cloud Atlas nous offre à voir trois belles heures de cinéma.
Raconter Cloud Atlas dans le détail nous semblerait difficile, tant on ne saurait par où commencer. D'ailleurs, y'a t'il un début ? C'est cela qui fait sa beauté, qui lui donne ce coté universel... Juste une grande histoire... Les interconnections, échos, symétries, déformations, reflets et dissymétries entre chacun des récits qui le composent nous évoquent The Foutain, mais en plus abouti, et la difficulté qu'il suscite chez le spectateur pour comprendre son ordre caché nous rappelle le sublime (et très controversé) Southland  Tales... Peut être la rédaction s'est faite rouler par une fausse complexité ou une logique artificielle, c'est bien possible, mais même en tant qu'escroquerie déguisée, Cloud Atlas donne du beau et du grand à voir, et ce même s'il s'avérait effectivement vain ! En France il faudra attendre Mars pour le découvrir, et nous sommes hélas prêts à prendre le pari que malgré son ambition visuelle et scénariste,  il ne rencontrera que peu le public, faute d'être un film conventionnel et calibré (et pour certains, long en plus...). On le dit très net, Cloud Atlas vaut largement d'être vu, et même s'il très loin d'être exempt de défaut, sa découverte, et le plaisir qu'il nous a offert, lui à fait gravir un ou deux barreaux sur notre échelle ! Les plaisirs sont rares, il faut savoir les apprécier, nous avons adoré Cloud Atlas, même s'il nous a fallu plus d'une heure pour nous décider ! Comme quoi, bon ou mauvais, il ne nous a pas laissés insensibles, et ça c'est déjà beaucoup. Bien belle surprise...
Clous Atlas (Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer, 2012)

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