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Interview - Clémence Savelli

Publié le 17 avril 2013 par Flash-News
Aujourd’hui Flash-News pose des questions à Clémence Savelli que certains surnomment déjà la « Léo Ferré au féminin », alors pour celles et ceux qui ne la connaitraient pas, ou peu, allons à sa découverte au travers de quelques questions. clémence savelli   Bonjour Clémence, pour commencer, peux-tu nous parler un peu de toi avant que tu ne deviennes chanteuse. J’ai eu un parcours assez « rangé ». J’ai grandi à la campagne et j’ai vécu une enfance très heureuse. J’ai appris le piano dans une petite école de musique. J’ai toujours été une « bonne élève ». Après un bac littéraire, j’ai ensuite suivi des études à l’Université, tout d’abord dans le secteur culturel (Licence de Conception et mise en œuvre de projets culturels) puis un Master 2 de Musicologie, dans le cadre duquel j’ai présenté un mémoire sur la chanson française. Comment te définirais-tu ? Je ne me définirais pas. C’est assez étrange de tenter de se définir. Je crois qu’on est ce que l’on fait, tout simplement. Je pense que c’est sur scène que je « suis », et que ce que je suis le reste du temps n’a pas grand intérêt. Quel a été le chemin qui t’as amené à la chanson ? C’est également complexe de définir un chemin. Aujourd’hui, avec le peu de recul que j’ai, je réalise que la chanson a toujours été présente, à la fois en moi, et dans ma vie au quotidien. Comme pour beaucoup de gens, elle a bercé mon enfance, mais j’ai ressenti au fil du temps une envie très forte, un besoin de passer du côté l’auditeur à celui du créateur. Très tôt, j’ai su que ce serait « mon chemin ».       Ton premier album « Paris terminus » date de 2007, comment en es-tu arrivé à vouloir coucher sur CD ton univers ? J’ai commencé à écrire des textes à 19 ans et c’est ma rencontre avec Pascal Pistone qui a déclenché mes débuts sur scène en tant qu’interprète de mes propres textes, un peu plus tard en 2006. C’est comme si cela avait toujours été en moi depuis longtemps, mais je n’arrivais pas à franchir le cap. Parle-nous de ton univers. J’en suis désolée, parce que je sais que c’est un terme à la mode, mais j’ai un peu de mal avec le terme « univers ». Je fais des chansons que certains disent « enragées », « engagées », « sensibles ». Je sais juste que je fonctionne à l’émotion et à l’intuition uniquement. J’écoute beaucoup ce qui se passe autour de moi. Et je pense que je suis ce que l’on appelle une « éponge », et ma manière d’essorer, c’est d’écrire des chansons. Avec « Chômeur » ou « Homme », on est dans du réalisme, est-ce un fil conducteur que tu veux perpétuer, ou envisages-tu un virage vers des morceaux plus légers comme « J’emmerde » ? Ce que vous appelez le réalisme est présent dans beaucoup de mes chansons, parce ce que je ne parle que de ce que je connais ou me touche, m’interpelle. Ce n’est pas un fil conducteur. Les chansons viennent comme cela, un sujet me touche, je me mets au piano, et j’écris sur une émotion, un malaise, une réflexion sur le monde. Concernant « J’emmerde », c’est une chanson que vous qualifiez de « légère » car la musique l’est mais le texte est assez acide. J’ai pas mal de chansons « légères » en terme de thème, j’en avais d’ailleurs beaucoup plus à mes débuts, mais à la fin des concerts, lorsque l’on vient me voir, je comprends que ce ne sont pas celles qui marquent. Je ne souhaite m’appliquer aucune contrainte de couleur musicale ou de thème de textes, j’écris les chansons comme elles viennent. Je ne sais pas me mettre au travail et me disant « allez aujourd’hui j’écris une chanson légère», c’est impossible. Et lorsque je pense avoir écrit une chanson «drôle », je réalise sur scène qu’elle ne l’est pas tant que cela. Tu es auteur compositeur interprète, est-ce que tu te vois toujours créer l’intégralité de tes titres ? Je ne peux pas prévoir l’avenir. Pour l’instant effectivement, j’ai l’impression que je ne suis pas à court d’idées, musicalement et dans l’écriture des textes. J’ai encore beaucoup de chansons « non finies » sous le coude. J’écris des textes sur des musiques que Pascal Pistone m’offre parfois. Maintenant, chanter les mots des autres, c’est plus difficile pour moi. La création est-elle pour toi difficile ? Cela dépend. Ces derniers temps, pas tellement. J’ai écrit beaucoup de chansons paroles et musiques en début d’années, qui me sont venues assez rapidement, et qui constituent donc mon nouveau spectacle. Je ne saurais pas expliquer pourquoi. Parfois je n’écris pas pendant des mois, rien ne vient. En ce moment, si je pouvais consacrer mon temps uniquement à la création, j’écrirais une chanson par jour. Mais c’est intéressant la contrainte, l’attente, la frustration. Je crois que cela donne de belles choses aussi au final. Tu as offert au public le 13 mars la primeur de tes nouveaux titres au Théâtre de l’Ile Saint-Louis, est-ce que cela t’es difficile de franchir le pas de la délivrance ? Si l’on parle du fait qu’il s’agissait d’un spectacle avec uniquement de nouvelles chansons, franchir le pas n’a pas été plus difficile qu’avec mes «anciennes » chansons, parce que je ne viens pas sur scène pour plaire mais pour faire entendre des choses. Je n’ai jamais l’angoisse de ce que les gens vont penser de mes chansons. Par contre, l’angoisse d’être à la hauteur de ce que je m’impose à moi, oui. Donc cela a été tout aussi difficile. J’entends par là que je suis toujours aussi malade avant de monter sur scène. C’est quelque chose qui ne change pas et j’en arrive à des états physiques très difficiles à gérer mais tout s’arrête quand le spectacle commence, donc il vaut mieux cela que l’inverse. Ton dernier album « Le cri » date de janvier 2012, ces nouveaux morceaux vont-ils être bientôt sur disque ? Je l’espère. Nous étions en auto-production jusqu’à présent avec Pascal Pistone. J’avoue que nous n’allons pas pouvoir produire seuls le prochain album. Je cherche donc un producteur. Quel en sera l’atmosphère ? Suspens ! pascal pistone Justement, tu viens de parler de Pascal Pistone, je trouve qu’il habille d’un jeu subtil tes prestation par la douceur de son jeu pianistique, est-ce toujours lui qui te sert d’accompagnateur ? C’est toujours Pascal qui m’accompagne sur scène effectivement. Il est bien plus que quelqu’un qui « sert d’ accompagnateur ». Il est mon compagnon et nous avons ensemble une petite fille. Ce sont tout autant ses chansons que les miennes puisque le travail d’arrangement qu’il effectue est d’une importance capitale. Et il a composé beaucoup de musiques sur les 4 albums. Tes chansons sont-elles ton reflet parfait, ou joues tu parfois un personnage ? Chez tous les artistes, il y a deux types de chansons, celles qui sont effectivement auto-biographiques bien que romancées, puis celles qui parlent des autres, qui sont chez moi assez nombreuses. Pour ces dernières, j’aime incarner un personnage en prenant pleinement sa place. Mais j’ai souvent entendu dire qu’en parlant à travers les autres, on parle toujours de soi. Tu enregistres toujours des disques qui contiennent un minimum de 15 titres, ce qui est une joie pour tes admirateurs, mais, est-ce à dire que tu as du mal à synthétiser ce que tu veux exprimer ? Non, c’est tout simplement que je ne me suis jamais posé la question du nombre de chansons sur un album. Je pense que c’est un faux débat. Je suis en auto-production totale, donc lorsqu’il s’agit d’enregistrer, j’enregistre toutes les chansons dont je dispose. Si je les considère comme « abouties », alors elles figurent sur le nouvel album. Ce qui compte ensuite effectivement pour l’écoute, c’est l’ordre, l’agencement. Moi je trouve que des albums de 10, 12 titres c’est très peu. Les artistes qui « marchent » disent carrément enregistrer environ 20-30 titres et garder ensuite 10/12 titres qui « sonnent » bien entre eux ! C’est un argument auquel je ne crois pas. Et c’est un luxe d’enregistrer pour ne pas garder. Et je ne pense pas que synthèse rime forcément avec qualité. De qui te sens-tu le plus proche dans la scène actuelle ? Je ne me sens proche de personne. Et cela ne veut pas dire que je suis « en dehors » pour autant. Je pense faire partie de la scène actuelle, mais « se sentir proche », c’est trop fort. Parfois je me sens véritablement plus proche du milieu du slam et du rap que de celui de la chanson française dans ma démarche artistique, dans l’importance que j’apporte au sens, aux mots, à l’art comme arme. Je ne supporte pas les chanteurs/chanteuses qui s’écoutent chanter en permanence. J’ai besoin d’être émue, chamboulée, bouleversée, en colère surtout. Rester en colère, c’est rester vivant. As-tu un ou des « modèles » dans les artistes qui font la richesse du monde musical depuis des décennies ? Oui, le premier est Léo Ferré. Ensuite, je pense à Allain Leprest, Mano Solo. J’ai découvert Anne Sylvestre sur scène il y a un ou deux ans et j’ai été sous le choc. Si tu avais un morceau à reprendre du patrimoine musical, vers lequel pourrait se tourner ton choix ? « Sombre dimanche »/Gloomy Sunday, parce qu’elle est la première chanson que j’ai chanté un jour devant quelqu’un. Pour conclure cette interview, quel mot te vient spontanément à l’esprit ? Liberté ! Merci Clémence pour avoir répondu si franchement à cette interview.   clémence savelli...     Site Clémence Savelli Site Pascal Pistone Crédit photos DR (interview michel p. / copyright flash-news)

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