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« Le métier d’infirmière spécialiste en hygiène hospitalière? Rigueur, disponibilité et adaptabilité »

Publié le 27 mars 2013 par Juliap

Pour la première interview 3 questions à, Véronique, infirmière spécialiste en hygiène hospitalière à la clinique Générale-Beaulieu, nous parle de son métier … avec passion et enthousiasme.

« En quoi consiste votre métier et comment le définiriez-vous en 3 mots ? »

Véronique : « Mon métier consiste tout d’abord à être au cœur de la sécurité du patient au sein de la clinique Générale-Beaulieu. Je poursuis essentiellement deux objectifs : prévenir les infections liées aux soins et éviter la propagation des épidémies.

Si  je devais résumer mon métier en trois mots ? Rigueur, disponibilité, et adaptabilité. Pour moi, il est essentiel dans ce métier d’avoir une capacité d’adaptation très importante, aux situations, au contexte, aux évènements qui ne sont pas prévus justement. »

« Quelle formation avez-vous suivie pour pouvoir exercer ce métier ? »

Véronique : « Dans un premier temps j’ai suivi une formation en immersion aux HUG (hôpitaux universitaires de Genève), dans le service de prévention et de contrôle de l’infection auprès du Professeur  Didier PITTET, responsable du Programme pour la Sécurité des Patients de l’OMS et reconnu pour son engagement dans la promotion de l’hygiène des mains dans tous les pays.

Ensuite, j’ai voulu rejoindre une formation diplômante, mais en 1999 en Suisse, cela n’existait pas.

Je me suis donc inscrite à l’Université Claude Bernard de Lyon pour y suivre une formation sur la « stratégie globale en hygiène hospitalière », et obtenu ce diplôme universitaire en 2000.

Actuellement, je prépare un CAS (certificat de formation continue universitaire en qualité des soins) autour du thème de la sécurité, de l’implication du patient et de  l’efficacité. Ce certificat me permet de compléter ma formation en hygiène, car l’hygiène et la qualité sont étroitement liées. »

« Pouvez-vous nous décrire l’une de vos journées types à la clinique Générale-Beaulieu ? »

Véronique : « Il faut savoir qu’il n’y a pas de journée type pour une infirmière hygiéniste, sinon la vie serait trop belle ! Les journées sont généralement ponctuées d’imprévus.

Au quotidien, je surveille et je suis les patients hospitalisés à la clinique Beaulieu. Je mets en place des mesures d’isolement pour protéger les autres patients qui sont présents, et limiter les risques de transmission croisée (d’un patient à un autre).

Pour cela, je travaille en direct avec les infirmières sur le terrain, ou avec leur responsable, et je réponds à leurs questions et étudie les dossiers des patients avec elles. Les formations que je donne en interne à la clinique Beaulieu leur permettent d’avoir une certaine autonomie à ce niveau-là : souvent je ne fais que  valider les mesures qu’elles mettent en place avec l’accord du médecin en charge du patient. Par exemple, les mesures d’isolements, qui peuvent être de plusieurs types* : isolement contact, aéroporté ou gouttelette. Je travaille également en collaboration avec le Dr Dufour J.P., médecin répondant de la clinique et président de la commission d’hygiène.

Je rencontre aussi régulièrement les responsables des autres départements, en fonction de leurs besoins. Par exemple, s’il y a des travaux à la clinique, pour la mise en place de mesures de protection et la sécurité de l’environnement.

Je surveille également l’application de ces mesures sur le terrain ; je vais m’assurer que les ouvriers vont prendre les circuits indiqués, et qu’ils vont mettre les protections quand il le faut.

Je contrôle et j’analyse aussi les résultats bactériologiques de tous les patients de la clinique, pour ajuster les mesures de prévention que nous mettons en place et pour détecter les micros épidémies .

Je récolte également  des feuilles de surveillance des cathéters veineux centraux ; cela me permet de voir si les pansements ont été faits à la bonne fréquence, si les tubulures* des perfusions ont été changées selon les protocoles en vigueur. Au départ du patient, on me transmet systématiquement  ces  feuilles de surveillance pour contrôler ce qui a été fait pour ce patient au cours de son séjour.

Je relève aussi des données pour des patients spécifiques : pour certaines interventions chirurgicales comme la pose de prothèse de hanche ou de genou, les césariennes et les colons, car pour ces patients-là, nous participons à l’enquête d’incidence sous l’égide de Swiss noso. C’est une enquête nationale, qui se déroule dans 140 hôpitaux en Suisse. Je suis en charge du suivi des infections au niveau des sites opératoires : je dois surveiller au quotidien les données des patients qui sont inclus dans cette enquête.

Plusieurs niveaux d’isolements existent en fonction de la bactérie impliquée, car elles ne vont pas toutes se transmettre de la même façon.

Isolement contact : (le plus courant)

Mise en place de matériel dans la chambre du patient, matériel qui va servir seulement à ce patient. Le patient sera peut être limité dans ses sorties, les infirmières vont devoir porter une sur blouse, des gants et un masque, selon les types de contacts qu’elles ont avec le patient.

Isolement aéroporté (exemple : la tuberculose)

Réservé aux infections pulmonaires. En plus de la sur blouse et des gants, les infirmières doivent porter un masque spécifique, le patient mettra un masque quand il sortira de sa chambre pour éviter de contaminer l’environnement.

Isolement gouttelette (exemple : la grippe)

Un patient qui a la grippe, va aussi rester dans sa chambre ; la grippe se transmet très facilement, à moins d’un mètre. Il portera un masque s’il doit quitter sa chambre.

Tubulure : tuyau reliant la perfusion au cathéter


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