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Pourquoi les femmes ne s'aiment pas entres elles?

Publié le 04 mai 2013 par Nadegemambe @nadegemambe

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„Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur ceux que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d‘horreur devant tant d‘hypocrisie, de jalousie, de méchanceté, de bassesse„ disait l’écrivain belge Amélie NOTHOMB dans son roman „Hygiène de l’assassin“. Cette citation est assez suggestive quant à la guéguerre qu’entretiennent les femmes entre elles. En effet c’est un véritable secret de polichinelle : les femmes ne s’aiment pas ! A l’inverse des hommes qui entre eux sont très soudés, soutiennent contre vents et marées leur masculinité, sont solidaires et même prêts à défendre aisément un comportement à l’évidence ridicule d’un autre mâle, les femmes quant à elles se jalousent, se dénigrent, médisent les unes sur les autres, à tel point où beaucoup de femmes disent mieux s’entendre avec les hommes plutôt qu’avec les femmes. Alors, que faut-il penser de cette misogynie endogène dans nos sociétés où le besoin de plaire aux hommes conduit à une lutte sans merci pour éclipser une rivale ? D’où vient ce complexe qui amène à jalouser au lieu de complimenter quand on croise plus belle que soi ? Pourquoi cette hypocrisie qui consiste à dire du bien en sa présence, et puis par derrière cracher tout le mal qu‘on en pense ?

 

Voilà autant de questions qu’on pourrait légitimement se poser tant les faits sont aussi têtus qu’incongrus. Têtus parceque, désopilants ou désespérants, perplexes ou complexes, apodictiques ou énigmatiques, ces comportements existent bel et bien et participent de la concrétisation du phénomène par nous décrit dans les prolégomènes de cette chronique. Incongrus parcequ’on s’attendrait plus à ce que les femmes se plaignent des hommes que de leurs semblables. Je le dis d’autant plus que les féministes (pour ne citer que ces connasses), sont par exemple plus prolixes quand il s’agit de pondre des balivernes dans lesquelles les hommes sont présentés en sempiternels bourreaux des femmes, alors qu’en réalité l’ennemi de la femme c’est la femme ! Eh oui ! Souvenez-vous que c’est au cœur même des légendes et des contes de fées qui ont fait rêvé des générations entières de petites filles, que se nichaient les histoires de rivalité les plus célèbres : Cendrillon, harcelée par ses demi-sœurs qui ne l’aimaient pas, et Blanche-Neige, assassinée par sa marâtre qui ne supportait point d’être supplantée par plus belle qu’elle. Ainsi, et de façon tout à fait antithétique,  on peut dire que de telles fictions n’ont jamais été aussi réelles.

 

Effectivement, les filles sont prêtes à tout genre de coup bas et de complot pour se détruire. A cause des garçons, elles se crêpent le chignon ! Cruelles entre elles, elles se dévorent à plusieurs échelles : entre copines, entre collègues, et même quand elles ne se connaissent pas du tout.

 

Entre copines : Franchement les filles, je ne parle pas des voisines pour le commérage, ni des camarades pour la calomnie, mais combien avez-vous de véritables amies ? Je dis bien VÉRITABLES ! Celles d’entre vous qui sont honnêtes répondront « Très peu ! ». La vérité étant qu’au fil du temps, vous en avez viré pas mal de votre liste parcequ’à un moment donné, vous vous êtes rendue compte de certaines choses déplaisantes. Entre celle qui a fini par coucher avec votre gars à votre insu alors qu’elle n’hésitait pas à dire du mal de lui lorsque vous lui  parliez de vos problèmes de couple, et celle qui a colporté des ragots et cassé du sucre dans votre dos et pourtant vous étiez des confidentes inséparables, et celle qui a balancé tous les secrets de votre vie alors que vous lui aviez dit de les garder pour elle, la liste de vos « ex amies », ou plutôt de vos « fausses amies », est loin d’être exhaustive…

 

Entre collègues : A quelques encablures d’un entretien d’embauche combien n’ont pas croisé les doigts et touché du bois pour tomber sur un homme plutôt que sur une femme ? Ce n’est pas tant parce qu’elles ne souhaitent pas travailler avec les femmes, mais c’est plus parceque la présence de plusieurs femmes à différents niveaux hiérarchiques dans une même boite produit assez souvent une ambiance glaciale et électrique. L’heure de la pause est un moment de défouloir sur les unes, et la machine à café le lieu où on entend des vertes et des pas mûres sur les autres. L’écrivain Susan SHAPIRO BARASH ne croyait pas si bien dire quand elle déclarait que « Souvent, lorsqu’une femme arrive au sommet de la hiérarchie, elle en a tellement bavé qu’au lieu de se montrer solidaire de ses congénères, elle veut rester seule en compagnie des hommes, bénéficier de la totalité du pouvoir et de la relation de séduction ».

Dans cette optique, l’arrivée d’une nouvelle dans l’équipe ne manque pas de susciter quelques appréhensions chez ses collègues du même sexe, surtout quand la nouvelle recrue est plus jeune, plus diplômée et plus belle. Très vite on tombe dans la paranoïa : on a peur qu’elle nous prenne notre place, peur qu’elle soit plus appréciée du chef, peur qu’elle soit destinataire des meilleurs compliments. Dans un tel contexte, l’esprit d’équipe se trouve nécessairement compromis puisqu’on verra l’autre non pas comme une partenaire mais plutôt comme une adversaire.

 

Entre inconnues : Les femmes n’ont pas besoin de se connaitre pour se détester. Dans la rue, dans les transports ou en boîte de nuit, elles se dépècent du regard, à la recherche du moindre défaut chez l’autre. Tout se passe comme si elles avaient besoin de se rassurer en cherchant moins belle et plus bête que soi. Et même devant une femme qui objectivement a beaucoup de qualités, les autres femmes vont toujours trouver le moyen de lui ôter son mérite : « Elle est belle mais elle est refaite », « elle est intelligente mais elle n’a pas d’humour », « elle a réussi mais elle ne sait pas s’habiller »… En clair, vous n’aimez pas les femmes belles, intelligentes et qui ont réussi. Mais le plus absurde dans l’histoire c’est que même la femme qui a la beauté, l’intelligence et la richesse peut être très jalouse d’une femme banale, qui n’a rien pour elle et qui l’envie en tout point. Un vrai cercle vicieux ! On comprend mieux pourquoi « jalousie » est un mot féminin.

 

Combien peuvent dire sans mentir qu’elles n’ont jamais ressenti une irritabilité, une colère, une gêne, toutes proches de l’aigreur, à la vue d’une fille plus jolie ? Pus appréciée ? Mieux habillée ? Une fille avec votre sac idéal, ou la veste que vous rêvez d’avoir et que, non, vous ne pouvez pas vous payer ? Une nana, que tu ne connais même pas, porte les « louboutins » les plus « Tendancé » du moment, toi tu l’envies tellement que tu finis par la jalouser et la détester gratuitement. Sérieux, faites vous soignez les filles ! Beaucoup d’entre vous aiment à dire que les mecs sont immatures, mais eux au moins ne se prennent pas la tête pour des broutilles. Alors, pour une fois, prenez exemple ! Dans les soirées par exemple, les mecs sont souvent habillés de la même façon: ils portent tous un costard noir, une chemise blanche et un nœud papillon ou une cravate. Personne ne s’attarde sur le physique de l’autre. Et même s’il y’en a un qui ne s’est pas rendu compte qu’il a le col surélevé, on n’hésite pas à venir le lui arranger. Mais si deux femmes qui portent la même robe se croisent malencontreusement, c’est le scandale, elles vont se jeter des regards agressifs et méprisants. Et même quand elles se connaissent, l’une va se dire dans sa tête que l’autre a copié chez elle, alors que leur similitude vestimentaire peut n’être que pure coïncidence.

 

Au-delà de ces rivalités mesquines et hypocrites, il reste intéressant de comprendre comment ce basculement comportemental au demeurant dégueulasse a pu devenir une norme. Ainsi, même si je ne leur fais pas souvent de cadeaux, je dois dire qu’il n’y a rien dans les gênes des filles qui les prédisposent à ces fâcheuses manies.  Le fait est que la société, dans sa globalité, y est aussi pour quelque chose. En effet, nous vivons dans un monde de conventions et de diktats où il est en permanence demandé aux femmes d’être tout et son contraire : Mince mais pas au régime, intelligente mais pas imposante, belle mais naturelle, bonne épouse et très bonne maîtresse, jeune toute sa vie même quand elle est vieille… Dans un univers aussi paradoxal que concurrentiel, certaines perdent facilement confiance en elles. Cette perte de confiance crée une frustration, qui à son tour va provoquer une certaine jalousie. Ainsi, aux femmes la société ne pardonne rien, et en retour, les femmes ne pardonnent rien aux autres femmes.

Par ailleurs, la société les juge le plus souvent sur leur physique. C’est pourquoi la jalousie qu’elles entretiennent et les attaques qu’elles se lancent sont d’abord concentrées sur ce physique. Vous remarquerez que dès le plus jeune âge, naturellement la petite fille fait sa coquette et voudrait ressembler aux poupées princesses qu’elle habille et coiffe. En grandissant, la jeune fille va donc être plus sujette et sensible aux regards extérieurs. A la différence des hommes qui sont très peu jugés sur leur apparence, et qui font moins semblant quand ils ne s’apprécient pas (on sait très vite à qui on a à faire), les femmes sont plus sournoises, il faut donc s’en méfier deux fois plus.

 

En outre, on ne saurait faire fi de l’emprise psychologique des médias. Dans ce monde d’images ou le paraitre prime sur l’être, les femmes grandissent à grand coup de séries américaines à la con et de films à l’eau de rose, au point qu’elles finissent par confondre la réalité et la fiction. Beaucoup vont très vite se sentir mal dans leur peau quand elles réalisent qu’elles ne passent pas sur le marché car leur physique ne reflète pas l’idéal de beauté qu’elles voient à la télé. Voilà pourquoi elles se sentent « en danger » devant d’autres qui sont plutôt bien foutues.

 

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que si la nature féminine est plus intrigante, plus sournoise, plus revancharde, elle est aussi plus fragile, plus émotive et plus sensible. La femme a souvent besoin d’être rassurée, d’être désirée sinon elle aura l’impression de perdre sa féminité. Elle place souvent sa propre valeur sur l’appréciation qu’on lui porte. C’est ce qui va expliquer son désir compulsif d’exclusivité affective.

 

Non mais franchement les filles, arrêtez de vous pourrir la vie inutilement. Surtout que ceux qui tirent profit de votre manque de solidarité, ce n’est même pas vous, ce sont les hommes…

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