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Les coups de coeur de Sébastien Lacombe

Publié le 19 avril 2008 par Raymond Viger

Chronique de livres
Les coups de coeur de Sébastien Lacombe
Marie-Claude Marsolais, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

L’auteur-compositeur-interprète Sébastien Lacombe nous dévoile ses coups de cœur littéraires. Qu’ont en commun ses bouquins fétiches? Des histoires qui l’ont amené à se questionner sur sa propre histoire.

Sa première rencontre marquante avec la littérature, il la doit à Émile Zola et à son roman Germinal. Alors élève au secondaire, Sébastien n’en avait que pour la bande dessinée. Zola a changé la donne. Germinal traite du monde minier à l’époque de la France industrielle du 19e siècle. Pauvreté, chômage, misère humaine, tout est dépeint durement. «Ce livre m’a fait sortir de ma coquille bourgeoise. Je viens d’une famille aisée de Ville Mont-Royal. Quand j’étais jeune, je ne manquais de rien. J’étais le type d’enfant qui passait ses vacances à jouer au tennis en bermuda blancs. Zola raconte que les gens ne pouvaient pas manger de viande, qu’ils trimaient dur pour survivre. Ça m’a vraiment marqué.»

Ce livre lui est toujours resté en tête. Si bien qu’il a, par la suite, fait du bénévolat pour Action contre la faim, en plus d’organiser un concert-bénéfice pour l’organisme en novembre dernier. «Bien que je n’ai jamais été aussi pauvre qu’en ce moment, je me considère riche et j’essaie de donner de mon temps et de mon énergie à des gens qui en ont vraiment besoin.»

L’Immortalité, de Milan Kundera, a aussi laissé sa marque chez le chanteur. Difficile de résumer cet ouvrage, puisque Kundera s’amuse plutôt à déconstruire le récit qu’à le construire. Qu’à cela ne tienne, Sébastien retient surtout ce que Kundera appelle la petite et la grande immortalité. La petite immortalité, c’est le souvenir que nos proches gardent de nous après notre mort. La grande immortalité, c’est passer à l’histoire grâce à son œuvre, qu’elle soit littéraire, scientifique ou autre. Du coup, ce sont des inconnus qui gardent un souvenir de nous. «L’immortalité est un sujet qui me fascine, j’ai même écrit une chanson là-dessus, Gaspard le homard.» Si Sébastien a ardemment souhaité laisser sa marque en tant qu’artiste, il avoue que depuis qu’il a des enfants, il privilégie plutôt la petite immortalité.

Son troisième livre coup de cœur l’a d’ailleurs fait réfléchir sur sa famille. L’an dernier, le papa de deux jeunes garçons est parti seul en Thaïlande. «J’avais besoin de faire le point, d’affronter ma solitude. Ma blonde est très compréhensive et m’a encouragé à partir.»

Dans les bagages de Sébastien: Comment devenir un monstre. Jean Barbe y raconte l’histoire d’un avocat qui part à l’étranger pour défendre un criminel de guerre. «Quand j’ai lu ce livre, j’étais en grande période de réflexion à propos de ma famille et de ma carrière. Je cherchais ce qui était important dans ma vie. L’avocat dont il est question dans le livre fuit sa famille en prenant des contrats loin de la maison. Finalement, il se rend compte à quel point il veut revoir ses proches. Ce livre m’a tellement touché qu’à la fin, j’ai pleuré comme un bébé! J’ai réalisé que j’avais laissé ma famille derrière. Ce voyage et cette lecture m’ont ouvert les yeux. Je n’ai pas toujours été un bon père, mais là, je peux dire que je le suis.»

Gageons qu’il est aussi bon père que chanteur!


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