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Jack Reacher (Christopher McQuarrie, 2012)

Par Doorama
Jack Reacher (Christopher McQuarrie, 2012) Un sniper dégomme tire sur des civils et est rapidement arrêté. Sur son lit d'hôpital, il demande aux autorités de contacter Jack Reacher pour l'innocenter, alors que tout l'accuse. Jack Reacher, un loup solitaire d'une efficacité redoutable, commence son enquête... La tuerie du sniper n'est pas aussi évidente qu'elle n'y paraît, quelque chose se cache derrière...
Mister Perfect... Comme depuis bien des années, le scientologue apparaît une fois de plus dans la peau d'un héros absolument infaillible à qui tout réussit : il pige tout très vite, il n'a peur de rien et il est super efficace quand il se bat ! Le scénariste de Usual Suspect, réalisateur de Mission Impossible 5, accouche donc sur l'écran de Jack Reacher, sorte de vigilante super flic aux méthodes directes et expéditives... Jack Reacher a divisé la rédaction, étrangement coincé entre l'étron de divertissement vide, le plaisir coupable et une efficacité bien palpable... On fait le tour de la "chose"...
Après une longue scène d'ouverture silencieuse, diablement efficace et particulièrement exécutée, Jack Reacher s'oriente vers ces films où un "seul contre tous" doit innocenter celui que tout désigne comme le coupable idéal... Jack Reacher est donc cet homme qui creusera, contre les apparences, pour innocenter son ancien "collègue"... Il trouvera au cours de son enquête des choses pas très claires et devra affronter bien des péripéties pour mettre la vérité au grand jour ! "Wow... il est trop fort Tom Cruise ! Trop intelligent... !" pourront s'extasier nos chers teens devant ce héros "parfait", et ils auront raison, car au premier degré Jack Reacher est une resucée de ces scénarios à la con des 80's où l'action et le rythme l'emportaient haut la main sur la crédibilité ou la psychologie. Jack Reacher est d'un manque d'originalité aussi redoutable que son héros, il enchaîne comme des perles les clichés et les lieux communs...
Et puis régulièrement, dans cette longue traversée d'un désert nommé "originalité", surgit de beaux instants un peu pêchus et fun... La facilité de son scénario et son déroulé progressif séduisent le spectateur en recherche d'un simple moment de détente. Ce qu'on demande à Jack Reacher, il nous l'offre finalement : un peu d'action (mais pas trop quand même, le film revêt pas mal de longueurs et l'action est loin de se tailler la part du lion !) et une vérité qui lentement se dessine... Jack Reacher, des années 80's, a aussi récupéré une certaine idée du ciné de divertissement où distraction et divertissement peuvent être dissociées des neurones sans être montrés du doigt. Il reste quand même que dans Jack Reacher, l'on découvre une vérité plus complexe que les apparences (avec de vrais morceaux de méchants dedans !) mais que le film en oublierait presque de nous dire le "pourquoi" de la motivation des méchants, tellement il se concentre sur le "qui"... Sauf à avoir loupé l'explication (et c'est possible, car la rédaction avait quand même les paupières lourdes devant cette autoroute trop familière, trop droite...) le "pourquoi" de la tuerie d'ouverture n'est pas donnée, ou alors en mode express... (mais on ne peut pas creuser, sinon on spoile... vous nous donnerez votre avis alors.).
Jack Reacher est un dieu du combat à main nue, il voit tout, entend tout, il n'a peur de rien, il est intelligent et beau : bref il est très fort ! Si cette décomplexion totale est purement est parfaitement divertissante, il faudra cependant absolument éviter à l'issue de votre projection de prendre le moindre recul sur l'intelligence de l'objet, car force est de constater qu'il n'y en a pas ! Jack Reacher, c'est du basique ! Du basique un peu jouissif, certes, mais nous ne sommes quand même pas si loin que ça du scénar de série télé 80's, entre le justicier et le super-héros. Avec une longueur presque abusive pour ce type de projet (dont il paie le prix par un manque de rythme et de punch palpable dès que l'action s'arrête...) Jack Reacher, d'un point de vue cinématographique, ne tient le coup que par sa très, très belle scène d'ouverture. Pour le reste, bien sûr qu'il se regarde sans efforts ni déconvenues, mais quitte à se faire un revival 80's relooké sauce aujourd'hui, on était en droit d'attendre bien mieux, plus fun, plus punchy et quand même moins clichés ! Le 6 de la rédaction, c'est vraiment de justesse, et uniquement parce qu'il y a quand même quelques pépites de plaisir dedans... Jack a dit "rigolo", mais il a pas dit "bon" !
Jack Reacher (Christopher McQuarrie, 2012) 

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