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Pawn (David A. Armstrong, 2013)

Par Doorama
Pawn (David A. Armstrong, 2013) Un jeune homme fraîchement libéré de prison, se retrouve pris dans une prise d'otage dans un restaurant. La police pense qu'il fait partie des preneurs d'otages, les malfaiteurs cherchent un mystérieux disque dur, un individu kidnappe sa femme... : Il se cache bien des choses derrière ce braquage ordinaire, il faudra que le jeune homme démêle la situation pour se tirer d'affaire.
Un joli casting vient appuyer ce petit thriller, jugez plutôt : notre Ray Liotta de Cogan ou Narc, notre ripoux préféré de The Shield et Forest Whitaker... le tout ficelé dans un petit thriller malin ! C'est en tout cas l'emballage de ce Pawn, parce qu'à mieux y regarder, tout n'est pas aussi idéal que ça dans le film de David A. Armstrong. Original et bien foutu, ou bien roublard et creux ? La rédaction se penche sur cette question, après vous avoir dit cependant que nous ne sommes pas ennuyés avec ce Pawn-là...
Avec un intéressant casting, Pawn pourrait allécher les amateurs de thrillers malins. Elaboré comme un jeu de marabout-bout de ficelle, Pawn distille ses infos au compte-goutte, en commençant par un braquage "anodin" dans un restaurant.Après une brève présentation de ses personnages, Pawn débute son opération et ajoute des sur-couches de lectures pour ajouter à ce braquage des infos qui nous en donne une nouvelle lecture. Le braquage ordinaire n'est pas si ordinaire que cela, la police n'est pas forcément du bon côté de la barrière, des personnages lointains tentent de contrôler à distance ce qui se passe dans le restaurant. Un jeu de chat et de la souris commence entre le jeune ex-taulard et les preneurs d'otages et la police, le spectateur ne cesse, avec le personnage, de relire la situation pour découvrir une opération bien plus ambitieuse que la maigre caisse du restaurant ! Ok, pourquoi pas... Commençons à l'ordinaire et terminons au super... Les nobles ambitions de Pawn ne parviendront pas à atteindre des objectifs trop haut.
Jeu d'apparences hérité d'un Usual Suspect, et sur-écriture à tendance Tarantinienne, voilà ce qui à nos yeux définit Pawn et le rapproche d'un Catch 44 (Sans Compromis). Pawn fonctionne plutôt bien, et se suit jusqu'à son terme non sans une certaine curiosité, mais ce qui reste après sa découverte est surtout un grande impression d'artificiel. Comme s'il cherchait à surprendre le spectateur avant même de lui proposer une base classique, Pawn fait partie de ces films écrits par la fin. Tout y est fait pour que la moindre des infos distillées soit ensuite rééclairée pour être réinterprétée. Si rien ne vient heurter trop radicalement l'expérience du spectateur, le systématisme du procédé irrite autant qu'il est censé surprendre. Pawn ressemble à un jeu mécanique, presque automatique, de chat et de la souris avec le spectateur et y perd son âme. Pas désagréable, mais complètement vain, ce qui surprend réellement dans Pawn, c'est ce paradoxe.
Penser que toutes ces fausses bonnes idées vont faire de Pawn le thriller malin qu'il rêve d'être est une illusion. Les rééclairages permanents de ses orientations ne fonctionnent qu'à moitié, appuyé par une réalisation plutôt ordinaire, Pawn se subit plus qu'il ne vous emporte. Oui, l'amateur boulimique de policier trouvera dans Pawn quelque chose à se mettre sous la dent, mais l'amateur éclairé reconnaîtra ses multiples références qui bien que correctement exploitées ne fonctionnent que peu. On n'y croit pas beaucoup, c'est artificiel (voire prétentieux à bien y regarder...) et finalement bien plus automatique qu'original. S'il est difficile d'affirmer que Pawn est raté, il est en revanche évident que le pion dont il est question, c'est le spectateur ! A la rédaction, nous avons refusé de jouer le jeu, gageons que nous ne serons pas les seuls à sentir la manipulation un peu poussive de Pawn.
Pawn (David A. Armstrong, 2013)

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