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Devient-on un « vieux con » l'âge venant ?

Publié le 22 mai 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

 société, politique, littérature, personnel, vieux con ?Hier j'ai eu quarante-quatre ans. « On vieillit, mine de rien », m'a dit fort justement un ami, il faut commencer en effet à songer à poser peut-être enfin ses bagages et à trouver un havre de paix doux et tranquille, un foyer. Ce foyer je l'ai trouvé et perdu, car je n'ai pas su l'apprécier avec la sagesse qu'il aurait fallu sur le moment. Comme tout un chacun, comme la plupart des gens qui se mentent sur ce qui serait vraiment bon pour eux, recherchant toujours un bonheur illusoire et rêvé alors que celui-ci est à portée de main.

Je ne suis pas certain que cela soit pour moi, ni pour cet ami d'ailleurs. Nous ne sommes pas de l'espèce de ceux qui ont le droit à une sérénité domestique douce et tranquille, ainsi que beaucoup de personnes que j'aime tendrement, et je crois bien que nous ne le serons jamais vous mes amis, vous mes vieux camarades malgré tout de par notre sensibilité aux autres et au monde qui est à la fois une bénédiction remarquable et une malédiction insigne.

Je ne sais pas si je suis un « vieux con », je ne sais pas tellement d'ailleurs ce que l'on entend par là, à part une épithète pour désigner tous les emmerdeurs de penser confortablement en rond dans une société qui privilégie au delà de toute mesure l'instinct grégaire, un instinct grégaire de plus en plus effarant :

Évoque-t-on à ce sujet la lucidité, le léger cynisme quant aux illusions, la causticité quant au monde qui viendraient avec la maturité ?

Auquel cas, j'ai toujours été un « vieux con », moins sûr de lui avant, insatisfait de la perte de ses illusions, et de ses utopies, de ce que la vie est généralement la plus injuste avec celles et eux qui le méritent le moins.

La réalité de cette absurdité du monde ce sont les souffrances de tous ces innocents qui ne les ont pas mérité, qui n'ont rien fait pour devoir les subir, et qui n'ont pas de sens, les pires souffrances étant celles de l'âme, les tortures spirituelles et psychologiques que cela implique étant les pires, de celles dont il est souvent question dans les « newsmagazine » sous la plume d'auteurs qui ne savent pas trop en fait de quoi ils parlent.

Le pire étant que ceux qui les vivent préfèrent parfois rester perdus dans ces abîmes que de se risquer à vivre enfin, tout simplement. Ils se perdent aussi de plus en plus dans le gouffre sans fond qu'est Internet, qui rend fou, confondant les amitiés réelles et virtuelles. Une amitié sur le réseau et seulement sur le réseau n'est pas encore tout à fait une véritable amitié, elle n'est pas fondée sur des bases solides.

Quand nous sommes enfin prêts à prendre ce risque, de vivre, il est souvent presque trop tard, ou cela arrive souvent « in extremis », ainsi l'auteur de ces lignes qui s'est décidé à vivre au bord du gouffre, du néant.

Pour le croyant que je suis, elles en ont sans doute un aux yeux de Dieu ces souffrances, un sens que pour l'instant, je ne suis pas capable de comprendre ni d'accepter, qui ne suis, simple croyant, qu'un être humain faible et tellement limité. Je ne supporte pas ces croyants qui répondent à ceux qui subissent ces souffrances « Dieu t'aime » avec un sourire de « figue éclatée » (Desproges TM°) absolument insupportable, non la seule réponse face à ceux qui souffrent ce sont des actes d'amour, et rien d'autres.

image issue d'une mise en scène de "Rhinocéros" de Ionesco prise ici


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