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Comment se fâcher -peut-être- avec deux camps en même temps - au sujet du suicide de Dominique Venner

Publié le 23 mai 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

x240-1vj.jpg Ce petit texte ne veut pas ménager la chèvre et le chou, il attaque les deux, ne tente pas un grand écart risqué, exprimant simplement mon opinion. Il fâchera, ou pas, les tenant de ceux qui font, quoi qu'ils en disent, l'éloge de ce geste, et ceux pour qui c'est un « fââchiiste » en moins, se réjouissant de cette mort, ce suicide qui rappelle un peu celui de Montherlant dans ce qu'il exprime ou veut exprimer, les incultes ne se référant pour leur part qu'à Mishima (ils ont au moins entendu parler du film de Paul Schrader).

Dans la « bonne » presse, et chez ses lecteurs et commentateurs, c'est un déluge d'injures et de calomnies toutes plus basses les unes que les autres, et se complaisant dans l'abjection la plus crasse, donnant à cet événement une large publicité tout en prétendant combattre le risque de retour des fameuses « z-heures les plus sombres... » (TM°), dont la  grotesque "Femen" hier, et en employant rigoureusement les mêmes procédés que les torchons éditées par les ligues fascistes justement des années 30, tout en reprochant à ceux que l'on prétend combattre d'être haineux, sans voir le paradoxe criant qu'il y a à cette prétention tout en agonisant d'injures un mort, sans souci ni respect humain du chagrin que vivent déjà ses proches.

L'abjection et la haine, la psychiatrisation de l'adversaire (cf la déclaration de Bergé, ce phare de la pensée sur les maires « bons à soigner » s'ils ne célèbrent pas les « mariages gays »), dans la « bonne » presse c'est moins grave quand c'est contre une personne « d'esstrème-droite », un « facho », un méchant, un malveillant accusé par certains qui ne l'ont pas lu d'être un « n'intégriss catholique », un « tradi » alors que Venner, anti-chrétien militant (avec une nuance de taille, cela ne l'empêchant pas de participer à diverses publications catholiques, certes surtout car de son bord idéologique), faisait plutôt montre d'un paganisme bon teint dans son milieu politique, persuadé qu'être logique dans son nationalisme impose de croire ainsi que nos ancêtres gaulois ou celtes aux divinités cachées dans les arbres ou les sources, ou à la « Déesse Mère ».

Sa mort devant un autel dédié à la Vierge pourrait sembler paradoxal, et témoigner d'une méconnaissance de la miséricorde qu'elle peut demander pour n'importe quel croyant, même pêcheur, envers son fils...

A l'inverse, j'ai pu lire sous la plume de nombreux commentateurs sur le Réseau, tout comme sous celle de monsieur l'Abbé Guillaume de Tanoüarn, des textes, qui si ils ne sont pas clairement une glorification de ce geste d'une gravité extrême pour un chrétien, sont malgré tout des éloges de ce « sacrifice » qui serait en somme expiatoire de la dégénérescence actuelle de la société libérale-libertaire. Ainsi que je l'évoquais au début de ces lignes, ce suicide ressemble plus à celui de Montherlant, voire de Mario Moniccelli, de Roland Barthes ou Drieu, provenant de leur morale personnelle aristocratique et de leur dégoût face à la médiocrité du monde moderne plus que véritablement le sacrifice de combattants pour des idées.

Les cadets de Saumur se sont sacrifiés en combattant jusqu'au bout en 1940, les « Vendéens » aussi, les soldats de « l'Armée des ombres » évoqués par Malraux dans son discours au Panthéon dont le seul souvenir me fait vibrer, ils sont restés debout, ils n'ont pas renoncé. Je pense aussi à cet ancêtre , dans la Chouannerie du Berri, à Palluau, à cet arrière grand-père, héros de la Première Guerre

Personnellement, j'ai en horreur les suicides glorieux, ou présentés tels, comme à Massada par exemple, je n'y vois rien de grandiose, simplement un geste qu'un chrétien ne peut décemment cautionner. Il ne s'agit pas de juger Dominique Venner, de le condamner, mais de rappeler cette évidence. Il y a des signes d'espérance, ce suicide étant un péché contre elle, j'en vois par exemple chez des enfants qui me sont proches, j'en vois chez ces jeunes méprisés qui un tout petit peu encouragés sont capables d'être exigeants avec eux, j'en vois parmi tous ceux qui n'ont pas peur d'exprimer leur colère face à l'idéologie mortifère qui empoisonne ce pays depuis quelques décennies déjà.

image empruntée ici


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