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Inbred (Alex Chandon, 2011)

Par Doorama
Inbred (Alex Chandon, 2011) Deux travailleurs sociaux emmènent 4 jeunes pour un week-end dans un coin reculé de la campagne anglaise. L'accueil dans le village est plutôt glacé, il ne tardera pas à devenir hostile, ses habitants n'aimant visiblement pas beaucoup les étrangers. Après un incident, les habitants vont s'attaquer au petit groupe, ils trouveront un nouveau clou pour ces petit spectacles dont ils sont friands...
Pour les amateurs seulement... Inbred nous concocte un sorte de parodie à mi-chemin entre Délivrance et Masacre à la tronçonneuse en immergeant 6 personnages dans un village de consanguins sous la houlette d'un patron de pub, moins abimé (à l'intérieur, comme à l'extérieur...) que ses clients locaux. Gore jusqu'à l'excès, techniquement et scénaristiquement très modeste, Inbred revêt cependant une forme suffisamment fun et débridée pour emporter le morceau auprès des fans du genre. Grotesque et excessif, on se prend au jeu...
Ne faisons pas la fine bouche, la pléthore de films de genre qui débarque en DVD et Blu-ray, souvent sans passer par la case grand écran, est suffisamment source de déceptions (souvenez-vous de Dark feed !) pour ne pas s'enthousiasmer lorsque enfin l'un deux surnage, ne serait-ce que légèrement ! Disons-le tout de suite,  même si la raison principale est la petitesse de son budget, Inbred est plutôt moche à l'image, sa réalisation ordinaire, son originalité quasi nulle, son écriture faiblarde et ses acteurs pas toujours au courant qu'ils doivent convaincre des spectateurs... Et pourtant Inbred parvient à nous maintenir, sans trop de peine dans son univers cradingue, gratuit et un poil barré.
Inbred ne s'encombre pas de cette volonté, souvent "plombante", de crédibiliser ses personnages ou son histoire, son style et sa volonté sont clairement affichés : humour et gore ! Inbred s'assume, et construit donc son village de Freaks, avec ses spectacles de torture tordus et pervers, dans le seul but de proposer un jeu de massacre peu original dans le fond, mais finalement original dans la forme. Avec ses effets spéciaux goreux, numériques et propres, il joue à pulvériser des têtes ou à faire exploser (?) des victimes remplies de "caca" ! Ca charcle, ça démembre, écrase, transforme les mises à mort en spectacle, pousse le bouchon aussi loin qu'il peut pour trouver l'inspiration propice à déverser des litres de sang. Même si son rythme est souvent défaillant, lorsque la tuerie arrive on se dit que cela valait la peine d'attendre. Grotesque, dégueu, assumé et franchement fun, Inbred réussirait même à se doter d'un petit côté subversif, pas désagréable.
Avec son gore à la Bad Taste, Inbred parvient à tenir la longueur malgré un début qui manque quelque peu de rythme (quoique nous aimons sa scène d'ouverture...) et le relatif vide de son scénario. L'amateur y trouvera quelques "dégueulasseries" à la Saw et réceptionnera Inbred comme il se doit : un défouloir grotesque et maladroit, teinté d'humour, dont le seul but est de satisfaire l'amateur de tripailles. Tout ça n'est vraiment pas bien épais, ni vraiment très bon, mais l'esprit d'Inbred, modeste et potache, le mène définitivement bien loin du naufrage : "Nous sommes là pour nous amuser, pas pour vous montrer à quel point nous sommes doués dans notre genre" semble t'il dire au spectateur. Si Inbred n'est pas mémorable (et ses comédiens encore moins...) au moins on s'y amuse. Pourquoi pas...
Inbred (Alex Chandon, 2011)

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