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(REPORT) Manu le Malin @ 101

Publié le 25 mai 2013 par Wtfru @romain_wtfru

On avait envie de gras, de sueur et de gros son. On est donc allé guincher devant Manu le Malin au 101. Eh ben il a pas vieilli, et nous non plus.

MANU-LE-MALIN

L’adage énonçant « plus c’est vieux, plus c’est bon » est d’ordinaire réservé à l’œnologie. On imagine aisément un vieux moustachu surplombant son verre, essayant de trouver au nez tel ou tel cépage. « Hmmm, 1996, très bon millésime ! » s’exclamerait-il alors. Pour la techno c’est pareil, sauf que les oreilles et le corps, véritable boîte-à-sub ici, prennent le devant sur les senteurs et autres effluves. Certes, la sueur et l’alcool nous environnent constamment, mais à vrai dire on s’en bat les pieds.

On voulait du vieux, on est allé voir Manu le Malin, et on a été servi. Très bon nez, assez sec, pas trop rond ni fruité. Un palais bien saisi, pour une bonne longueur en bouche. Enfin, un bon retour d’arômes sur la fin. Bref, un très bon pinard set de Manu. Enchainant les perles des années nonante, il a su manier les genres sans pour autant tomber dans un set hardcore. Du brutal, du lourd, du binaire, sans fioritures. Après 2h de tapage nocturne, une petite descente vers un son un peu plus minimaliste, bien bruyant et machinal, pour enfin finir sur une demi-heure de bourinage massif qui nous aurait presque converti en ouvrier du BTP spécialiste du marteau-piqueur-aplanisseur-multisurfaces. De là, plusieurs conclusions. C’est fou combien nos soirées et nos écoutes sont beaucoup trop dominées par des musiciens et djs de notre même génération. C’est fou comme c’est bon de voir du vieux qui t’apprends la vie rien qu’avec un instrument : la musique. C’est fou combien la techno ultra simple « boum tss boum tss boum tss » fait du bien. Le retour aux sources est une voie naturelle chez l’homme dans bien des différentes disciplines, et c’est vérifiable en musique, et d’autant plus en techno. De la sélection des morceaux, à la technique – souvent très simple, à l’ancienne, avec des gros coups de fader et des jeux de volumes – en passant par la présence sur scène et les sensations qu’il a su véhiculer, il a est resté maître des lieux du début à la fin. Dernière bonne note de cette fameuse bouteille de rouge bien tannique soirée de l’enfer, un public essentiellement composé de teufeurs et de trentenaires qui en avaient, eux, de la bouteille. Ah !

Allez, et bon appétit bien sur.


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