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Les TIC peuvent contribuer au Mécanisme pour le Développment Propre (MDP)

Publié le 26 mai 2013 par Ticanalyste
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Graines de jatropha à différents stades de mûrissement

Le Burkina Faso est pauvre sur le plan énergétique, cette pauvreté se caractérise par : «  l’absence de choix qui donne au pays l’accès à des énergies adéquates, abordables, efficaces et durables pour supporter le développement économique et humain » selon le PNUD. Depuis quelques années le pays s’est engagé dans une politique de promotion de plantes énergétiques aux huiles non-comestibles notamment le jatropha. Avec une superficie maximale d’exploitation de 5% des terres arables soit environ 500.000 ha autorisée par l’Etat burkinabé, la culture du jatropha est devenue une réalité.  A ce jour, plus de 70 000 ha  de terre sont utilisés par des promoteurs et des porteurs de projets pour produire cette plante bioénergétique. Le cœur du débat actuel sur le jatropha n’est plus lié au fait qu’on doit le produire ou pas, mais comment mieux le produire. La question se pose de cette manière parce qu’au-delà des exploitations agro-business il y a des milliers de exploitants agricoles à la recherche de meilleur revenu qui se sont lancés dans la production du jatropha à l’intégrant à leur système de culture. Pour leur permettre d’atteindre leur objectif les Technologies de l’Information et de la Communication peuvent être mis à contribution à deux niveaux:

  • Dans le renforcement des capacités pour une meilleure production de la graine jatropha ;
  • Dans la collecte de données sur les exploitations agricoles pour une meilleure quantification des crédits carbones stockés par les plantes.

Avec ces deux éléments la génération du revenu se fera à deux niveaux au lieu d’un niveau:

  • La vente des graines de jatropha
  • La vente de crédits carbones de leur plantation conformément aux mécanismes pour le développement propre (MDP).

Dans le présent billet nous allons mettre l’accent sur le deuxième point, celui de la vente du crédit carbone.

Un crédit-carbone est une unité correspondant à une tonne d’équivalent CO2 (dioxyde de carbone) sur les marchés du carbone. Tout a commencé à Kyoto lors de la 3e conférence annuelle de la Convention (COP 3). Lors de cette conférence, un traité international visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques fut signé. Le 16 février 2005, le traité connu sous l’appellation protocole de Kyoto entra en vigueur. Au travers du Protocole les 38 pays les plus industrialisés du monde (dont la liste figure en Annexe B du Protocole) devaient réduire de 5 % de leurs émissions globales de six gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFC, PFC, SF6) par rapport aux niveaux observés en 1990. Les pays ne figurant pas à l’Annexe B du Protocole (pays en développement) n’ont pas d’objectifs. Pour eux, surtout ceux de l’Afrique le Mécanisme pour un développement propre (MDP) a été pensé. « Le Mécanisme pour le Développement Propre (MDP), un mécanisme coopératif établi dans le cadre du Protocole de Kyoto (article 12.2), a la possibilité d’aider les pays en développement à atteindre leur objectifs de développement durable, en favorisant des investissements profitables pour l’environnement, en provenance des gouvernements et des entreprises de pays industrialisés. »

Pour être éligibles au MDP les projets doivent être dans les secteurs suivants:

• Amélioration de l’efficacité énergétique des usages finaux ;

• Amélioration de l’efficacité énergétique au niveau de l’offre d’énergie ;

• Énergies renouvelables ;

• Substitution de combustibles ;

• Agriculture (réduction des émissions de CH4 et de N2O) ;

• Procédés industriels (CO2 dû au ciment, etc., HFCs, PFCs, SF6) ;

• Projets d’absorption du carbone (seules les opérations de boisement et de reboisement sont éligibles au MDP).

Le projet dont il est question dans cet article concerne l’absorption du carbone par les plantations de jatropha, précisément la collecte des données en temps réel sur l’état des plantations et l’estimation de nombre de tonne de CO2.

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Plan technique d’un projet d’intégration des TIC dans la vente du crédit carbone et dans la production du jatropha

La Jatropha est une plante « piége à carbone » par sa capacité d’absorption de CO2 (gaz carbonique), mais dans la mesure où il est planté sur des terres non forestières. En plantant le jatropha dans son champ, un exploitant agricole contribue à ce que la plante absorbe du carbone, ce qui n’aurait pas été le cas si la plante n’avait pas été plantée. Mais pour valoriser les tonnes de CO2 stockés, une certification carbone est indispensable. Cette certification en milieu rural et paysan est une véritable course d’obstacles qui suppose de lever des difficultés techniques, organisationnelles et financières.

La question primordiale à laquelle doit répondre un projet de vente de crédits carbones est la suivante: Combien de CO2 est stocké dans un arbre en fonction de certaines de ses caractéristiques ? Pour plus d’efficacité dans réponse à cette question, l’utilisation des Technologie de l’information et de la communication s’avère utile.

Pour déterminer la quantité de CO2 il faut:

  • Géo-référencer les exploitations agricoles ce qui nécessite la collecte de coordonnés GPS, donc l’utilisation d’appareil avec GPS.
  • Compter le nombre de plantes absorbant le CO2, cela nécessite des outils de collecte de données qui transmettent les données qui peuvent être traitées en temps réel, les Smartphones ou tablettes avec connexion 3G et application de collecte de données peuvent régler ce problème.
  • Constituer une base de données sur les exploitations. Une base de données SQL et un serveur NAS peuvent être des supports technologiques solides.
  • Vente du crédit carbone en ligne avec des organismes intéressés. Pour ce faire la mise en ligne d’un site web ou d’une boutique en ligne peut être nécessaire.

Les pays africains sont absents du marché du carbone et cela peut être un désavantage pour eux. Le MDP est une opportunité pour intégrer le marché et les TIC peuvent intervenir comme un moyen pour y arrivé, parce qu’elles permettent d’obtenir les informations nécessaire à l’estimation du crédit carbone en temps réel.

Des organisations de producteur de jatropha au Burkina Faso ont dans leur plan d’action l’utilisation des TIC, il est vrai qu’ils sont au début de la mise en œuvre mais cela annonce des lendemains meilleurs pour les producteurs.


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