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Los mercaderes del Che

Publié le 26 mai 2013 par Montagnessavoie
Alex Ayala Ugarte, Los mercaderes del Che, 2012. Il est étonnant de se rendre compte que l'un des livres les plus vendus en 2012 en Bolivie a été écrit par un Espagnol et qu'il ne s'agit pas d'un roman mais de chroniques journalistiques. Mais Alex Ayala n'est pas un Espagnol comme les autres, puisqu'il a décidé, alors qu'il était arrivé dans le pays un an plus tôt avec une bourse en main, de rester en Bolivie. C'était en 2001 et, depuis, il a collaboré à plusieurs journaux, a notamment été directeur du supplément dominical du journal La Razon, ce qui ne fait qu'accréditer son grand talent. De plus, si son livre est composé de chroniques, elles sont rédigées dans un style si fluide, tellement bien écrit et si éloigné de la médiocrité de ce qu'on peut malheureusement lire aujourd'hui dans certains journaux boliviens, que l'on est aussitôt happé par les pérégrinations de ce journaliste hors normes. Alex Ayala choisit en effet pour cet ouvrage un axe totalement inattendu. Il est allé chercher, fouiller, investiguer dans les petits recoins de l'Histoire, pour y dénicher les récits de personnages incroyables, de faits qui, malgré leur apparence de détails insignifiants, en disent long sur les grands événements historiques contemporains ou plus anciens. Du tailleur des présidents boliviens à l'équipe de football d'El Alto séquestrée dans son stade par les habitants, en passant par le roi noir des Yungas, les souvenirs laissés par Pablo Escobar et les témoins des dernières heures du Che à La Higuera, nous suivons le journaliste, l'enquêteur, à travers des rencontres fascinantes de vérité et de profondeur, écrite dans une langue qui ressemble à s'y méprendre à celle d'un bolivien du cru. C'est à peine croyable, et pourtant, tout comme il se fond dans le paysage, dans le décor et parvient à pénétrer dans l'intimité des personnages dont il raconte la vie, Ayala manie la langue de La Paz, d'El Alto avec la facilité d'un faussaire professionnel de chefs-d'oeuvre. Son oeuvre à lui, pourtant, n'est pas une falsification, et elle mérite bien tous les lauriers qui lui ont été décernés depuis sa publication. Un livre à mettre entre toutes les mains et un auteur à suivre.

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