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Petite chronique de l’ouest

Publié le 27 mai 2013 par Legraoully @legraoully

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Devezh mat, Metz, mont a ra ? Vous savez, je ne suis pas du genre à être à cheval sur les symboles : quand le parti communiste français a abandonné le marteau et la faucille, contrairement à d’autres, je n’ai pas poussé les hauts cris, considérant qu’un symbole n’était qu’un symbole et que tant qu’un parti politique garde ses idées, il a parfaitement le droit d’abandonner un symbole, surtout quand il a un passé aussi chargé que celui du marteau et de la faucille… Bref, les symboles peuvent bien passer, ils ne sont jamais qu’un emballage, l’important étant le contenu.

Mais il n’empêche que quand j’ai lu dans la presse locale qu’il était question de changer le nom du lycée de Kerichen, où j’ai passé cinq années de ma vie (trois comme lycéen et deux comme étudiant), j’ai eu un petit pincement au cœur : je garde en effet un bon souvenir de mes années à Kerichen. Pas seulement parce que j’étais très bon élève (je le jure sur la tête de ma mère, je ne dis pas ça pour me vanter) mais aussi parce que c’était le premier endroit, dans toute ma scolarité, où je me sentais enfin chez moi : pour la première fois, je pouvais assumer d’être ce que j’étais sans que mes camarades me le fassent payer cher, contrairement au collège où j’étais littéralement harcelé parce que j’avais le malheur de ne pas correspondre au standard du petit branleur qui se prend pour un rebelle dès qu’il a fait une grimace dans le dos du prof… Bref, mon attachement endémique envers ce lycée m’a valu d’accueillir la perspective du changement de son nom avec… Non, pas avec effarement, je n’étais pas scandalisé, je trouvais seulement dommage qu’on brade un aspect du passé de la ville de Brest (le lycée de Kerichen a été fondé dans les années 1950) pour mettre ENCORE à l’honneur une tête de cul poudrée (en l’occurrence, La Pérouse), comme s’il n’y avait pas assez de lieux qui portent des noms de ministres ou de militaires, pour obéir au caprice d’un rond de cuir. C’est pourquoi, exceptionnellement gagné par la nostalgie, ce sentiment ridicule qui vous empêche d’avancer, je suis allé assister à la réunion d’information animée par le proviseur actuel, histoire d’en savoir plus.

Je vous passe les détails, sachez seulement que je m’étais mis le doigt dans l’œil ! La presse locale m’avait induit en erreur : il n’était pas question de débaptiser le lycée mais d’y ACCOLER le nom de La Pérouse, de façon à ce que le lycée devienne La Pérouse-Kerichen ! Mais les journaux ne l’avaient pas dit ! De plus ce n’était pas un caprice d’un rond de cuir, ça répondait à une nécessité d’ordre pratique vu que tout le monde confondait le lycée avec la cité scolaire de Kerichen au sein de laquelle il est inclus ! Et La Pérouse n’est pas une tête de cul poudrée ni même un ministre ou un militaire mais un marin qui avait été chargé par Louis XVI de faire le tour du monde à des fins scientifiques parfaitement pacifiques, ce qui le rend tout à fait digne de parrainer un établissement dédié à la connaissance et à l’ouverture à l’autre ! Que les descendants de La Pérouse me pardonnent d’avoir mal jugé leur ancêtre, sur lequel je n’avais que de vagues idées ; en revanche, pour les erreurs concernant les intentions de l’administration du lycée, adressez-vous à la presse brestoise locale qui y a beaucoup contribué ! Kenavo, les aminches !


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