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CTM – Variations EP

Publié le 27 mai 2013 par Hartzine

Toutes droit venues du Danemark, Cæcilie Trier et sa voix aussi sépulcrale que sensuelle tentent à nouveau de conquérir nos âmes émotives et nos corps dansants via un projet tout neuf : CTM. On se rappelle peut-être des précédentes tentatives de Trier au violoncelle avec le magnifique fendeur de c(h)œur Choir of Young Believers, au chant avec les ténébreux Chimes and Bells et avec l’excentrique et bizarroïde Valby Vokalgruppe.
Désormais principalement dévouée à CTM, Trier s’aventure dans des contrées bien plus explicitement rétro, à grands renforts de théâtralité et de mid-tempo reluquant vers les dancefloors et les sensibilités adulescentes de 1982 (une bonne année pour les premiers autant que pour les secondes). De loin l’élément le plus original de CTM, la voix de Trier, grave, androgyne et très expressive, porte les cinq chansons de Variations avec beaucoup de panache, tant et si bien que l’on souhaiterait parfois l’entendre de façon plus dépouillée, débarrassée de la production chargée en réverb’ et nappes de synthé de la belle époque. Car si les mélodies vocales de Variations sont toutes plus belles et touchantes les unes que les autres (mention spéciale à Jewel et Variations), on se passerait bien des breaks de batterie caricaturant Tears For Fears ou des incrustations de Casio bon marché singeant le plus agaçant d’Ariel Pink.

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Heureusement, les arrangements demeurent la plupart du temps plus ambitieux que ça et parviennent à tisser un hommage séduisant et dépourvu d’ironie aux heures les plus glorieuses de la pop des années 1980 et ses jeunes gens avant-gardistes qui pensaient dur comme fer pouvoir conquérir le monde en restant aventureux et sophistiqué (on pense à Lawrence (Felt, Denim), le Talk Talk de The Colour of Spring, China Crisis, le David Bowie berlinois et la Laurie Anderson du hit de 1981 O Superman).Ainsi, si l’on attend toujours que Cæcilie Trier ose se livrer au monde dénudée d’artifices, les douceurs expérimentales et le charme brumeux de CTM réussissent néanmoins à emporter son auditeur assez loin de son monde plus souvent expérimental que doux, plus souvent brumeux que charmant.

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