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Faites entrer l’accusée

Par Katchoo86

J’ai pu découvrir aujourd’hui comme tout le monde les trois nouvelles pages de Wonder Woman: Earth One par Grant Morrison et Yanick Paquette, et j’avoue que j’ai du mal à trouver mes mots en voyant les décors hallucinants et la représentation architecturale de Themiscyra où Paquette nous livre un mélange extrêmement subtil entre le classique et l’art déco, on sent en effet dans ces quelques pages que la Cité Amazone dans sa totale démesure repose entre autre sur le culte des Déesses mythologiques aussi puissantes que protectrices.
Alors que Diana semble avoir été fait prisonnière par sa propre communauté, et sur le point d’être jugée dans l’enceinte d’un théâtre antique faisant office de tribunal peuplé de ses sœurs amazones, on notera la présence d’Hippolyta qui ne daigne même pas regarder sa fille enchaînée…
La relation mère/fille semble justement être l’une des clés de voûte de ce roman graphique, et en attendant d’en savoir encore un peu plus, voici ce que Morrison a laissé filtrer via le site USA Today sur ses influences concernant la création de ce comics tant attendu :

Avec Wonder Woman, j’ai écouté des tonnes et des tonnes de musique élisabéthaine comme Thomas Tallis et Palestrina. J’ai eu cette idée des Amazones à l’ère d’Elisabeth, qui était aussi dirigée par une femme, c’était une période très psychédélique avec Shakespeare et tout ce genre de trucs. Il y a donc un peu de cette influence dans la culture des Amazones.
J’ai écouté cette musique pour obtenir ce sentiment d’une culture un peu étrangère mais vraiment très développée avec une esthétique très différente de la notre, tout en étant capable de s’exprimer vraiment. Pensez à la langue de Shakespeare à l’époque, qui était vraiment complexe et insaisissable, la musique était la même.
[...] Cela devient de plus en plus passionnant. J’ai vu beaucoup de trucs de Yanick, il a fait environ 18 pages de travail jusqu’à maintenant, j’ai donc vraiment une idée de ce à quoi ressemble le personnage et quel est son aspect physique. Cela a vraiment été enrichissant à écrire. Ce n’était pas ennuyeux du tout.
[...] Elle est très différente, et je me suis vraiment beaucoup concentré sur la relation mère/fille entre Hippolyta et Diana. Je veux que ce soit ce genre de livre, une histoire de femmes. J’ai grandi avec ma mère et ma sœur, et j’ai observé la manière dont les femmes peuvent se déchirer et se soulever les unes contre les autres en même temps. Je voulais faire partager un peu de ma propre expérience avec ces personnages.
Diana est beaucoup plus rebelle et elle n’a pas été envoyée vers le monde des hommes – elle s’est enfuit et il ya une dynamique très différente entre elle et Hippolyta, et le plus important a essentiellement lieu autour d’un procès.
J’ai toujours senti que l’un des principes fondamentaux de Wonder Woman durant au moins les deux dernières décennies, c’est qu’elle semble toujours être en procès, et je ne veux pas dire dans un sens scénaristique. Tout le monde a toujours dit: «Pourquoi personne n’achete Wonder Woman ? Pourquoi n’est-elle pas quelque chose?" (Rires), comme si elle était toujours au tribunal, alors j’ai pensé que si j’écrivais cette l’histoire centrée essentiellement sur les Amazones la ramenant chez elle après sa première aventure lointaine et lui faire un procès, ce serait différent de tout ce que vous auriez déjà pu voir. Les Amazones ont leurs propres façons de faire les choses.
C’est un peu comme demander à Wonder Woman de se justifier elle-même, ce que le personnage aurait du faire depuis longtemps je pense.
[...] La structure de l’histoire est très différente, la façon dont s’est écrit, c’est beaucoup plus poétique, mais en même temps il y a une tonne d’action.
Ce qu’il s’est passé c’est que j’ai eu à lire toute l’histoire du féminisme, et je continue à y travailler dessus. En lisant cela vous vous mettez vraiment en colère. Vous devenez un peu militant. Cela a fait un peu ressortir mon côté politique qui avait été enterré depuis longtemps. Ça m’a renoué avec mes racines alternatives.
[...] Je ne suis pas un quelqu’un de féministe. Je ne crois pas que ces slogans sur les T-shirt expliquent de manière adéquate la complexité de l’existence humaine. (Rires)
Il y a beaucoup de principes avec lesquels vous êtes d’accord. C’est indéniable. Il y a tellement de choses qui doivent être dites et beaucoup d’autres qui vous mettent vraiment en colère, mais en tant qu’homme, c’est difficile de s’identifier. Cela va toujours être un problème pour les hommes qui ne se reconnaissent pas dans la description.
[...] Les gens sont convaincus qu’il est difficile d’adapter Wonder Woman au cinéma. Je sais que Warner Bros n’est pas particulièrement désireux de lancer des films avec des rôles féminins, et la plupart des grands studios ne le sont pas non plus. C’est juste une chose à Hollywood – ils ont des craintes à ce sujet. Ils croient également que le public est composé principalement d’hommes de 18 à 30 ans, qui ne veulent pas entendre parler de femmes. (Rires)
Je pense que vous auriez pu facilement voir un film incroyable si vous aviez Angelina Jolie dans le rôle. Je pense qu’elle l’aurait bien fait, mais je ne sais pas si il y a un grand nom d"actrice qui puisse le faire maintenant.
Les dirigeants ne font qu’exécuter ces choses par dessus la tête en se disant : «Je ne sais pas si cela vaut la peine de mettre de l’argent là-dedans. Ce n’est pas un succès infaillible. Les garçons veulent voir Batman." Croyez-moi, c’est ce qu’ils pensent: "Les garçons ne veulent pas voir un tas d’Amazones qui courent partout."
Je ne sais pas, je suppose qu’ils vont faire un film Justice League et puis peut-être un film Wonder Woman.

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