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Malavita - Critique

Par Nopopcorn @TeamNoPopCorn

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Téléfilm calibré pour les soirées de TF1 !

On se souvient d'un temps où Robert DeNiro acteur des acteurs alignait les performances mémorables dans des chefs d'œuvre, et celui où les films de Luc Besson wonderboy du cinéma français constituaient de vrais événements. 

Depuis Besson produit des séries B d'action allant du très bon (Taken) au très mauvais (Taken 2) en même temps que ses propres films perdaient en qualité et en audience (curieusement après avoir dépassé la limite de dix films qu'il s'était lui-même fixé). Quand à Bobby D il entra dans une période ou le chèque était plus important que l'artistique finissant même par figurer dans des Direct to DVD.
L'annonce de leur réunion pour un film de mafia même sous les auspices de Martin Scorcese producteur exécutif (traduction "j'ai pris un petit billet") n'était pas forcément très attendue.

Malavita-Photo-Michelle-Pfeiffer-Robert-De-Niro-01Le(s) plus

Malavita n'apportera rien à la gloire passée de ses auteurs et acteurs nous sommes en présence d'une comédie plus proche des comédies françaises des années 80 que de l'hommage aux films de mafia qu'il ambitionne d'être.
Toutefois il n'est pas la purge qu'on pouvait craindre, le film est fait par des techniciens rodés, en particulier Thierry Arbogast le directeur de la photo historique de Besson.

Même si la réalisation de Besson est dans l'ensemble bien fonctionnelle parfois quelques cadrages décalés intéressants parviennent à se glisser rappelant l'époque de Léon ou Nikita. J'ai toujours aimé la façon de filmer les gunfights de Besson et même si ils sont plutôt sur un mode comique dans Malavita, j'ai été content de les retrouver.

Le casting trois étoiles fait proprement le travail, Tommy Lee Jones toujours carré ressuscite son personnage de Marshall Gerard du Fugitif sous un autre nom pour quelques échanges avec Bobby D., un DeNiro assez bon sobre par rapport à des prestations récentes bien qu'un peu d'excès dans son jeu aurait bénéficié au film.
Mais c'est je trouve, Michelle Pfeiffer qui s'en sort le mieux (néanmoins si vous voulez la voir en femme de mafieux de comédie revoyez plutôt 'Veuve, mais pas trop...' de Jonathan Demme).

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Le(s) moins

Malavita n'est hélas pas non plus une réussite, de cet argument potentiellement intéressant d'une famille mafieuse sous protection du FBI dans un petit village de Normandie (ou toute la population est anglophone! ), Besson ne tire que le minimum syndical. Il s'appuie sur un des seul running gag où De Niro règle de manière violente (ou imaginant des solutions encore plus violentes) ses problèmes de voisinage avec le plombier, le maire etc...

Quand il veut rendre hommage aux classiques de Scorsese, nous avons droit à des reconstitutions aussi vivantes que des installations au musée Grévin, il ne suffit pas de coiffer Robert DeNiro comme dans 'les Affranchis' pour réussir son coup. Seul moment de vraie nostalgie lors d'une scène où l'on projette ce film au personnage de Robert DeNiro et où l'on entend les premières minutes du chef d'œuvre de Scorcese.

En revanche si vous êtes clients de l'humour Bessonien vous serez comblés, le film devenant une comédie lycéenne très années 80 centrée sur les enfants du couple DeNiro / Pfeiffer dont la vedette de Glee Dianna Agron à qui je recommande de poursuivre sa carrière à la télé.

Le plus grand crime de Besson est de réunir pour la première fois dans un film ces deux géants que sont Robert DeNiro et Tommy Lee Jones pour leur offrir des scènes aussi passionnantes qu'une conversation de bureau à la machine à café !

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Conclusion

Téléfilm calibré pour les soirées de TF1, Malavita n'est pas un désastre mais parvient à décevoir alors qu'on n'en attendait rien en ne tirant d'un tel casting qu'un film très moyen.

5/10


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Malavita

Réalisé par: Luc Besson.
Avec: Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones, Dianna Agron et John D'Leo.
Genre: Comédie, Action.
Nationalité: Français, américain.
Distributeur: EuropaCorp.
Titre original: The Family.
Durée: 1h51min.
Date de sortie: 23 octobre 2013.
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis : "Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s'installe avec sa famille dans un petit village de Normandie.
Malgré d'incontestables efforts d'intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s'agira de régler les petits soucis du quotidien...
"

  • Bande annonce

  • Les Anecdotes !


    Malvita est adapté du roman éponyme de Tonino Benacquista. L'auteur n'a pas souhaité collaborer au scénario mais a beaucoup accompagné le film. "Je savais qu'EuropaCorp [société de production et de distribution de Luc Besson] pouvait produire un film qui puisse être distribué aussi bien aux États-Unis qu'en France, ce qui était très tentant étant donné le sujet. D'autre part, le casting me semblait primordial (...). Il fallait des acteurs américains indiscutables qui portent en eux leur propre légende et qui, quand ils apparaissent à l'écran, n'ont pas besoin de convaincre", déclare-t-il.

    L'équipe n'a opéré que peu de changements sur l'histoire, modifiant légèrement les relations au sein de la famille Blake pour rendre les parents un peu plus émouvants, comme le remarque la productrice Virginie Besson-Silla. "Pour la première fois, je me suis contenté de suivre l'intrigue existante. J'ai simplement ajouté quelques dialogues pour que l'adaptation soit plus cinématographique. Mais, en toute honnêteté, la structure et les personnages étaient déjà en place", ajoute Besson.

    Luc Besson a rapidement imaginé Robert De Niro dans le rôle principal. "Je n'en ai pas parlé à Tonino Benacquista. Au contraire, je lui ai demandé qui il verrait dans le rôle de Fred. Et il m'a répondu qu'il rêverait de le proposer à Robert De Niro. On l'a donc appelé, on lui a envoyé le livre", raconte le cinéaste. De Niro a aimé le livre, et après s'être attelé à l'écriture, Besson a envoyé le scénario au comédien, qui s'est embarqué dans l'aventure.

    Lorsque l'on regarde la filmographie de Robert De Niro, on s'aperçoit que les films de mafia, ça le connaît ! Il avoue que c'est le tournage des Affranchis, de Martin Scorsese, qui lui a été le plus utile pour Malavita. "Étant donné le milieu d'où mon personnage est issu et le contexte mafieux du film, Luc m'a immédiatement dit : Tu connais des choses que j'ignore totalement alors n'hésite pas à me donner des conseils", raconte-t-il.

    Pour se préparer au rôle, le comédien s'est beaucoup renseigné sur le Programme de Protection des Témoins : "J'avais besoin de m'assurer qu'une situation comme celle qui est décrite dans le film (...) peut exister. Non seulement j'ai constaté que c'était bien le cas mais j'ai aussi appris que ce type de situations possède des implications politiques, liées aux accords d'extradition passés entre deux pays."

    Il a également fait appel à un vieil ami, le scénariste Nicholas Pileggi, qui a beaucoup écrit sur la mafia et qui lui a raconté une multitude d'anecdotes. "On s'est retrouvé à parler tous les trois au téléphone et Pileggi a eu la gentillesse de nous raconter des histoires qui pourraient donner lieu au moins à une quinzaine de films !", révèle Luc Besson.

    Parmi les raisons qui ont poussé Michelle Pfeiffer à accepter le projet, l'envie de donner la réplique à Robert De Niro était en tête de liste. En effet, les deux acteurs avaient déjà partagé l'affiche de deux films, mais sans jamais avoir de scènes communes (le film d'aventures Stardust, le mystère de l'étoile, et la comédie romantique Happy New Year). Ils ne s'étaient donc encore jamais retrouvés au même moment sur un plateau !

    Les acteurs de Malavita sont unanimes lorsqu'ils affirment que l'une des caractéristiques principales de Luc Besson est d'être un cinéaste qui travaille très rapidement. "Il est d'une grande rapidité (...). Il ne perd pas de temps avec le clap ou avec d'autres protocoles du même genre", déclare Robert De Niro. Un propos que l'on retrouve dans la bouche de Tommy Lee Jones. "Ce qui est à la fois difficile et stimulant, c'est (...) qu'il faut être constamment réactif. Il m'arrive par moments de prendre un peu trop mon temps pour me préparer à une scène : il a fallu que je me fasse un brin violence pour changer mes habitudes de travail", confie de son côté Michelle Pfeiffer.

    Dianna Agron et John D'Leo, qui incarnent les enfants Blake, Belle et Warren, sont arrivés en Normandie deux semaines avant les autres acteurs. Ils se sont rencontrés au moment des essais maquillage. Dianna Agron revient sur une anecdote amusante concernant leurs premiers échanges : "Je me suis approchée de lui et je lui ai fait la bise. On s'est mis à discuter jusqu'à ce qu'il me demande : « Et toi, tu fais quoi sur ce film ? La coiffure ? Le maquillage ? » Je lui ai répondu : « Je suis ta soeur! » Il a rougi jusqu'aux oreilles et c'est devenu un sujet de blague entre nous."

    Bien que connaissant Luc Besson depuis des années et ayant déjà travaillé avec lui à plusieurs reprises (Besson a notamment produit son film Trois enterrements), Tommy Lee Jones n'avait encore jamais joué sous sa direction. C'est aussi la première fois qu'il partage l'affiche avec Robert De Niro !

    La scène que Dianna Agron a préféré interpréter est une séquence durant laquelle elle frappe des garçons prêts à abuser d'elle à coups de raquette de tennis. "Non seulement je n'avais jamais tourné une situation pareille mais j'ai dû apprendre tous les gestes techniques propres à une scène de combat. J'ai fait de la danse quand j'étais petite et j'ai eu le sentiment que c'était très proche d'une chorégraphie", confie l'actrice. Il se trouve que cette scène est aussi la préférée de la productrice Virginie Besson-Silla !

    Au départ, il n'était pas prévu que Luc Besson réalise le film. Il devait simplement l'écrire et le produire. Lorsque Robert De Niro a rejoint le projet, ils ont réfléchi à un potentiel cinéaste idéal pour le mettre en scène. Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones ont ensuite rejoint l'équipe. "Je me suis dit qu'il était hors de question de confier ce projet à qui que ce soit ! Comme je connais bien la culture américaine et la culture française, j'ai fini par vouloir le réaliser moi-même. Robert est très malin parce qu'il ne m'a rien dit avant que je ne me laisse tenter par l'idée. Il m'a demandé pourquoi je ne le réaliserais pas moi-même. Et je lui ai dit : « C'est bon, tu as gagné »", indique Besson.

    Une grande partie du tournage de Malavita s'est déroulée en Normandie, là où prend place l'action du film. "J'ai une maison de famille en Normandie : quand j'ai lu le livre, je me suis rendu compte que la petite ville où se déroule l'intrigue est à une dizaine de kilomètres de chez moi", révèle Luc Besson. "La maison que nous avons trouvée est à 7 ou 8 km de chez moi (...), ce qui était très pratique. Pour être franc, quand on a entamé les repérages, j'ai demandé à ce qu'on me montre les maisons qui se trouvaient dans un rayon de 20 km autour de chez moi car c'était beaucoup plus simple pour moi de me rendre d'un endroit à l'autre. Au final, tous les comédiens ont séjourné chez moi."

    Malavita, c'est aussi l'histoire d'un choc culturel : une famille d'Américains qui débarquent en Normandie et se retrouvent confrontés à l'incompréhension de la population locale. Or, le réalisateur connaît bien les deux cultures, française et américaine. "J'ai passé quelques années aux États-Unis et j'ai donc une double culture et une grande affection pour ces deux pays : il fallait tout simplement que je fasse ce film !", s'exclame Luc Besson, en poursuivant : "J'ai un peu égratigné les Américains et je me suis surtout moqué des Français. J'ai vécu en Normandie mais j'ai aussi vécu à New York et à Los Angeles, du coup, c'était amusant de réunir ces deux cultures dans un petit village."

    D'après la productrice, Virginie Besson-Silla, épouse de Luc Besson, les comédiens étaient enchantés de venir en France, notamment pour bien manger ! L'un des acteurs, Jimmy Palumbo, se souvient : "Je me souviendrai longtemps de ce petit restaurant dans la propriété de Luc Besson où il n'y avait que six ou sept tables et où nous mangions tous les soirs : pendant six dîners de suite, Tommy Lee Jones s'est assis à notre table, à Domenick et moi, pendant qu'autour de nous, Robert De Niro et Michelle Pfeiffer dînaient ! Un autre soir encore, on a vu Harvey Keitel débarquer !"

    Il est arrivé pendant le tournage que le réalisateur enregistre une séquence pendant les répétitions : "S'il trouve la répétition d'une scène satisfaisante, il n'hésite pas à la mettre en boîte. C'est ce qui s'est passé pour la séquence du barbecue : il a filmé la répétition et c'est la prise qu'il a conservée au montage. C'est ça, la méthode Luc Besson !", explique Domenick Lombardozzi, qui interprète l'un des agents du FBI chargés de la sécurité de la famille Blake.

    Pour Besson, la dernière partie du film a été la plus compliquée à orchestrer. Pour cause, tous les acteurs étaient dans un lieu différent et devaient se retrouver de manière synchrone au même endroit ! "Le père est à un endroit, la mère à un autre, la fille est dans la rue, le fils est à la gare, et Tommy Lee Jones est à un autre endroit encore, tandis que les mafieux se rapprochent. Il fallait donc beaucoup de coordination pour que tous ces personnages, dispersés aux quatre coins de la ville, soient présents dans la scène jusqu'à ce que leurs chemins se croisent et qu'ils se retrouvent au même endroit pendant deux minutes. (...) Il fallait que je vérifie que chaque comédien arrive sur place au bon moment, et que cela réponde à une logique. C'était un cauchemar !", révèle Besson.

    Luc Besson a tourné une partie de Malavita dans les studios de la Cité du Cinéma, qu'il a lui-même inaugurée en septembre 2012 après en avoir porté le projet. La Cité du Cinéma, important pôle cinématographique, est située en Seine-Saint-Denis et héberge notamment les Studios de Paris. "C'était le premier long métrage que j'y tournais en tant que réalisateur (...). C'est extrêmement pratique et cela ressemble à n'importe quel studio américain : (...) c'est très fonctionnel car tout est réuni au même endroit – les bureaux, les décors, les salles de montage, les labos etc. Du coup, on ne perd pas de temps. C'est un rêve, pour un cinéaste, de travailler dans de telles conditions et les plateaux sont flambant neufs", déclare Besson.

    Le comédien John D'Leo avait lu le roman de Tonino Benacquista dont est adapté Malavita. Pour se préparer à jouer le fils d'un grand ponte de la mafia, le jeune comédien confie avoir regardé "énormément de films de mafia" et essayé de s'en inspirer. Il a d'ailleurs bien failli ne pas décrocher le rôle. C'est ce que raconte Luc Besson : "Au départ, John D'Leo n'était pas bon. En réalité, il avait tellement envie de décrocher le rôle qu'il surjouait et qu'en en faisant des tonnes, il tuait toute spontanéité. Du coup, j'ai dû déconstruire ce qu'il avait construit."

    Le cinéaste Martin Scorsese a accepté d'être le producteur exécutif de Malavita. Luc Besson raconte : "Quand on a pensé à Robert De Niro pour le rôle principal, on s'est dit qu'on devrait demander à Martin Scorsese s'il accepterait de participer au projet car on lui rend hommage et que son nom est même cité dans le film. On lui a donc envoyé le scénario : il a été emballé, il a beaucoup ri et nous a donné son accord très rapidement."

    Michelle Pfeiffer n'en est pas à son premier coup d'essai en matière de films de gangsters. En effet, c'est dans le Scarface de Brian De Palma qu'elle a été révélée au grand public, en 1983. Elle y incarnait la sublime Elvira, la femme fatale convoitée par Tony Montana.

    Dianna Agron, qui interprète la fille de Robert De Niro et Michelle Pfeiffer dans Malavita, est surtout connue pour avoir incarné la chef des pom-pom girls, Quinn Fabray, dans la série à succès Glee. C'est d'ailleurs la fille de Luc Besson qui, fan de la série, lui a fait connaître la comédienne : "J'ai rencontré Dianna Agron grâce à ma fille qui en est folle depuis qu'elle l'a découverte dans la série Glee. Elle m'a montré quelques épisodes, je lui ai dit que je la trouvais charmante et il se trouve qu'elle était à Paris."

    Pour son film culte Léon, Luc Besson avait en tête de donner le rôle de Jean Reno à Robert De Niro ! Malavita a ainsi constitué l'occasion parfaite pour les deux hommes de collaborer ensemble.

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