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Mon opinion définitive sur la charte des valeurs québécoises

Publié le 23 octobre 2013 par Fradette
Mon opinion définitive sur la charte des valeurs québécoises

On me demande souvent mon opinion sur la charte.

En fait, non. On ne me demande jamais mon opinion sur la Charte. Habituellement on me demande de quitter la salle, de sortir du véhicule ou encore de ramasser mon dégât dans l’allée.

Mais je vais vous la donner pareil, mon opinion sur la Charte. Parce que criss, ça a l’air que pas mal tout le monde l’a donnée, pis là je me ramasse encore tout seul dans mon coin. Pis si j’ai pas une opinion sur la Charte, ben c’est comme si j’étais un moins que rien.

Faque voilà: J’suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai entendu Bernard Drainville annoncer le projet de Charte l’autre jour. Certains diront que c’est dû aux 17-18 vodka canneberges ou encore à la qualité douteuse de mes chaises fifs de chez Jysk combinée à mon léger surplus de poids, mais vous avez tout faux.

J'ai déjà vu Rod dans un meilleur état.

J’ai déjà vu Rod dans un meilleur état.

J’étais vraiment surpris quand j’ai entendu la conférence de presse de Bernard Drainville. J’étais sûr que Bernard Drainville c’était celui qui jouait Rod dans La petite vie. Finalement c’est celui qui jouait le journaliste dans Le Téléjournal.

Je vais vous l’avouer, je l’ai même pas lue, la Charte. Quand j’ai dit ça au gars du dépanneur, il m’a répondu « Haha, normal, elle existe pas encore! ».

Il peut ben travailler dans un dépanneur, maudit gnochon. Si elle existait pas, j’pense pas qu’on en parlerait autant partout, Einstein.

Anyway. Je connais les grandes lignes. C’est l’essentiel. Pas besoin de toute lire pour savoir de quoi on parle. J’ai pas lu les frères Kalamazoo, mais je sais que c’est en russe pis que c’est super bon. Certainement meilleur que les frères Kostitsyn (ce qui est surprenant, vu qu’ils venaient de la Belle Russie).

La Charte, ça parle surtout des affaires qu’on peut mettre pis pas mettre quand on travaille au gouvernement. Les affaires religieuses, là. Parce que, comme j’ai appris pendant ma jobbe temporaire au gouvernement, les bermudas trop sales pis les casquettes à bière « Fuck mon foie » sont très mal vues.

Moi, les débats sociaux, ça me passionne. C’est là que se forme, dans mon éminent esprit, ce que j’appelle une dichotomie du je. Parlons du cas présent. D’une part, indigné de ce possible affront aux libertés individuelles, je me moque de ces quidams xénophobes qui supportent la charte. Mais une autre partie de mon je vient fâchée noire après les mangeux de souvlaki pita pour qu’ils enlèvent leur torchon de sur le dessus de leur tête. Oui, c’est surtout par souci de vengeance envers Tariq, le sale gérant sale du Métro-Richelieu, qui refuse toujours de me laisser sortir une douze après 23h. C’est des intransigeances de même qui mène ces radicaux-là à péter des avions dans l’Empire State Building.

Bref, je suis comme un mini-Wheats (avec un soupçon supplémentaire de gras saturé). D’une part, j’comprends l’argument que le voile est souvent perçu comme un symbole d’oppression, et qu’en l’interdisant on puisse participer à l’émancipation de la femme. D’un autre côté, plus la femme est faible et opprimée, plus j’ai des chances de me mettre, plutôt que de me faire crisser une mornifle quand je la siffle au Valentine. En plus, si elle a un voile full-face, j’aurai pu à savoir quel genre d’horrible pichou je ramasse.

Mais plus que tout, je suis pro-charte parce que les anti-charte m’énarvent. Pis je suis anti-charte parce que les pro-charte m’énarvent. Vous m’énarvez toutes, finalement, faque je vais me faire un drink pis pu penser à ça.


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