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COEURS DE ROUILLE de Justine Niogret

Par Phooka @Phooka_Book

COEURS DE ROUILLE de Justine NiogretÉditions  Le Pré aux ClercsCollection PandoreNombre de Pages : 273Prix : 16 €
Présentation de l'éditeur:
« Qui a dit que tu avais le choix ? »

La cité du ciel est en plein déclin. Les robots, jadis fidèles serviteurs, régressent jusqu'à devenir des machines stupides ou de terrifiants prédateurs. Saxe est un artiste qui survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une jolie automate qui n'a connu que le luxe avant que son maître l'abandonne. Tout les sépare, et pourtant ils vont partager un rêve commun : s'enfuir de la forteresse volante. Traqués par un tueur mécanique qui écorche les humains pour voler leur peau, ils se lancent dans une course peut-être sans espoir : retrouver la mythique porte ouvrant sur la liberté.
Un roman de Steam Fantasy, inspiré par le meilleur du manga (Fullmetal Alchemist) aussi bien que par les chefs-d'oeuvre classiques (Metropolis), où l'action et la poésie font la part belle à l'angoisse...
L'avis de Phooka:

Voilà un livre que je ne savais pas trop comment aborder, car je ne connaissais l'auteur que de "renommée". Et si pour certains le nom de Justine Niogret semble être une valeur sûre, il semble aussi qu'il y ait quelques bémols car pas toujours facile à lire. Bref, j'étais à la fois curieuse de la découvrir et un peu anxieuse aussi.

Du coup, ce "jeunesse" me paraissait être totalement adapté pour une rencontre avec cet auteur. Et visiblement j'ai bien fait. Quel univers ! A mi-chemin entre Metropolis et un conte de fée. Et quelle écriture.  Justine Niogret arrive à nous faire aimer des golems et ce n'est pas chose aisée. Aimer ces "êtres" à priori sans âmes, dont les seules qualités sont leur force et leur longévité ? Ça parait chose impossible, et pourtant. Ces "machines" utilisées par les hommes, telles des esclaves, puis abandonnées pour un meilleur modèle, plus "moderne" ou parce qu'elle est cassée.  Robots bêtes et méchants ? A travers Dresde, un golem abandonné par son maître, on apprend "la condition golemienne", leur vie au service exclusif de leur maître. A l'époque du roman, la connaissance qui permet de construire de nouveaux golems a disparu, alors on se contente de réparer comme on peut, en prenant des pièces par ci par là. Et surtout, on détruit sans remords les anciens golems, trop puissants, trop dangereux. Dresde est restée "vivante" par hasard, parce qu'elle attend son maître depuis des lustres sans bouger, telle une "bonne esclave". On commence par la prendre en pitié, et petit à petit on en vient à l'aimer elle et tous ses semblables disparus. C'est réellement un tour de force de l'auteur de nous faire aimer ces "choses" si peu "aimables" pourtant et elle le fait par petites touches, tel un tableau impressionniste.Mais ne croyez pas que Coeurs de rouille soit un roman du genre "philosophique" dans lequel on se pose des questions sur l'humain et qu'il ne s'y passe rien. Bien au contraire ! Tout le roman est une course poursuite, mettant en scène d'un côté Saxe, un jeune homme et Dresde, et d'un autre Pue-la-viande, un golem survivant lui aussi et devenu fou. Le but de Saxe et de Dresde est simple: sortir. Sortir, voir le "dehors", du moins s'il existe. Voir ce qui se passe en dehors de la cité, est ce que les animaux, les fleurs et les arbres existent "en vrai" ? Mais Pue-la-viande est bien décidé à leur barrer la route. Et c'est pendant cette poursuite effrénée que Saxe et Dresde vont apprendre à se connaître. De golem, Dresde va devenir "personnage", un vrai, de ceux que l'on oublie pas.Ce récit extraordinaire est servi par une plume non moins extraordinaire. Les phrases coulent toutes seules, la beauté du langage s'ajoute à celle des sentiments que l'on ressent. Justine Niogret dépeint un univers tout à la fois glauque et poétique. Les pages tournent toutes seules et une fois arrivé à la fin on aimerait rester plus longtemps en compagnie de ces héros si peu ordinaires.Bref, je n'en dirais pas plus, mais je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman. Et, puisque c'est de saison, si vous cherchez un cadeau de Noël, vous l'avez trouvé ! Coup de cœur (de rouille ou pas) assuré !

D'autres avis chez Ptitetrolle, Thalyssa ...

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