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Jacky au royaume des filles - Critique

Par Nopopcorn @TeamNoPopCorn

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Riad Sattouf au royaume des filles !

Cinq ans après le culte « Les Beaux Gosses », Riad Sattouf revient au cinéma avec une comédie fantaisiste au cœur d'une dictature où les femmes ont pris le pouvoir !
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Après sa comédie adolescente, le réalisateur nous plonge dans un univers fantaisiste et original appelé le royaume de Bubunne, dictature où les femmes dominent les hommes.
Tourné dans un petit village de Géorgie pour créer une ambiance de dictature style Corée du nord, Sattouf parodie aussi les religions et le fanatisme avec les « voileries » que portent les hommes où encore la vénération des « chevalins » aux pouvoirs télépathiques.

Le film brille avant tout grâce à son casting.
On retrouve avec plaisir les deux « beaux gosses » Vincent Lacoste en ado (encore) qui rêve d'épouser la fille de la colonel et de devenir le « grand couillon » ainsi qu' Anthony Sonigo aux côtés de la belle et impressionnante Charlotte Gainsbourg qui joue la fille de la colonel Anémone qui interprète la dictateur maladroite de la « république démocratique et populaire » de Bubunne.
Côté second rôles, deux belles surprise, Didier Bourdon en oncle cruel et Michel Hazanavicius en gigolo révolutionnaire !

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Son œuvre a beau être originale, le nouveau film de Riad Sattouf souffre principalement d'une absence de style.
On parlera ici d'un téléfilm budgété sans vrai découpage ni effets de mise en scène.

L'humour du film se base principalement sur l'inversion du rapport hommes/femmes qui fait sourire tout en restant assez puéril.

Pour mettre en image son univers fantaisiste, le réalisateur alterne décor naturel avec ce village géorgien dont la plupart des figurants sont des vrais habitants qui se sont prêtés au jeu de la parodie de la dictature, tournage en studio et fausses images de propagande dont l'esthétique type « fond vert » est complètement ratée et empêche dès le début du film le spectateur de rentrer dans l'univers.

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Conclusion

Le retour très attendu de Riad Sattouf à la réalisation est donc une déception car il abandonne le style de son précédent film au profit de son univers qui ne fera rire que les citoyens de sa république imaginaire.

Ma note: 4.5/10


Jacky au royaume des filles

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Synopsis : "En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s'occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d'organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper..."
Réalisé par: Riad Sattouf / Avec: Vincent Lacoste, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon, Anémone, Valérie Bonneton, Michel Hazanavicius, Noémie Lvovsky, Laure Marsac, William Lebghil et Anthony Sonigo / Genre: Comédie / Nationalité: Français / Distributeur: Pathé Distribution
Durée: 1h30min / Date de sortie: 29 janvier 2014
Plus d'informations !

  • Les Anecdotes !


    Jacky au royaume des filles s'inspire d'une courte histoire publiée dans une des bandes-dessinées de Pascal Brutal (un personnage présenté comme viril créé par Riad Sattouf). Mais le metteur en scène Riad Sattouf a avoué s'être également inspiré de l'histoire de Cendrillon : "Comme tous les enfants, je me suis demandé : mais pourquoi est-ce que Cendrillon ne se rebelle pas contre sa famille qui la maltraite ? Pourquoi est ce que, quand elle finit par s'enfuir, elle cherche quand même à aller au bal comme tout le monde ? Pourquoi y-a-t-il plein de filles à la disposition d'un seul Prince Charmant ? Pourquoi le Prince préfère-t-il Cendrillon, soumise et molle, aux demi-soeurs, qui pourtant ont l'air vachement plus vives et avec de plus fortes personnalités ? Pourquoi Cendrillon pardonne à sa famille à la fin ? Pourquoi l'histoire se finit-elle par un mariage ? Quand je posais ces questions, on me répondait : mais c'est parce que c'est comme ça, c'est la vie. Il existe 12 000 versions différentes du conte de Cendrillon dans le monde, c'est un des contes les plus célèbres de l'humanité. J'ai donc eu envie de faire ma propre version de Cendrillon, mais en y transférant le pouvoir des hommes aux femmes, afin de voir ce qu'elle pouvait raconter sur le patriarcat et le conditionnement culturel des sexes."

    Le film de Riad Sattouf impressionne par son inversion des rôles et des codes entre hommes et femmes : "La question que pose mon film n'est pas « Comment serait devenu le monde si les femmes avaient le pouvoir depuis 3000 ans ? », mais plutôt « Comment nous apparaît notre monde à nous, si on intervertit les rôles ? »."

    En plus de l'inversion des rôles entre hommes et femmes, le réalisateur a également voulu utiliser un alphabet spécial employé par les femmes qui ont désormais pris le pouvoir face aux hommes : "Les mots importants et autoritaires sont féminisés dans le monde de Bubunne. Par exemple «Blasphème» devient «Blasphèmerie», et les mots dégradants et ridicules son masculinisés : « Culotte » devient « Culotin »... Il était important d'illustrer la domination sexuelle par le langage. J'ai voulu également un alphabet spécifique, utilisé aussi bien sur les affiches dans le film, que dans l'écriture manuscrite des personnages. Comme l'alphabet gothique, qui fait peur, l'alphabet bubunne impose une uniformité, une violence et une ambiance."

    L'une des images fortes du film est bien évidemment le port du voile par les hommes. Un habit qui suscite depuis bien longtemps des débats animés au sein de la société française. Riad Sattouf explique son choix : "Dans mon film, la voilerie n'est pas différente des robes. Elle sépare les sexes et uniformise. L'Islam et le monde musulman font partie de ma vie et par là même, de mon imaginaire : j'ai grandi dans un village paysan sunnite, en Syrie dans les années 80 où la famille de mon père vivait de la même manière qu'au XVIIe, XVIIIe, XIXe siècle, avec quelques heures d'électricité par jour en plus. J'ai abordé ce sujet dans mon livre «ma circoncision», publié en 2004. Toutes mes tantes et cousines étaient voilées ; les femmes avaient moins de droits que les hommes, qui eux décidaient de toutes choses ; et oui, la majorité d'entre elles étaient heureuses de cet état de fait et le défendaient avec ardeur. Tout cela n'est pas spécifique au monde musulman ! Il correspond à une organisation sociale et juridique des rapports humains que l'on trouve partout sur terre et qui s'appelle le patriarcat : l'autorité des hommes sur les femmes. C'est le sujet de mon film."

    Le cinéaste et scénariste Riad Sattouf retrouve Noémie Lvovsky et Anthony Sonigo, deux acteurs avec lesquels il avait travaillé dans Les Beaux Gosses. Il retrouve surtout Vincent Lacoste, qu'il avait révélé dans son premier long-métrage. Les deux hommes sont restés très proches depuis.

    La rencontre entre Riad Sattouf et Charlotte Gainsbourg fut atypique : "La première fois que je suis allé la rencontrer, elle m'a fait attendre cinq minutes devant sa porte, sans ouvrir, alors que j'entendais des bruits dans l'appartement. C'était parfait : elle allait faire une colonelle géniale !"

    Le tournage a essentiellement eu lieu en Géorgie, créant un certain parallèle entre le contexte dictatorial du film et le passé communiste du pays. Comme l'explique le metteur en scène : "Le choix de la Géorgie s'est imposé par la nécessité d'avoir des décors réalistes : je voulais que tout soit le plus vrai possible. Ce pays possède de nombreux vestiges communistes, au milieu d'une nature très présente. Idéalement j'aurais aimé tourner en Corée du Nord !"

Et vous qu'avez-vous pensé du film Jacky au royaume des filles ?

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