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Critique Ciné : Only Lovers Left Alive, rockeur vampirique

Publié le 22 février 2014 par Delromainzika @cabreakingnews

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Only Lovers Left Alive // De Jim Jarmusch. Avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton et Mia Wasikowska.


Jim Jarmusch, réalisateur branché, à l’origine notamment de Dead Man (avec Johnny Depp) ou encore de Broken Flowers (avec Bill Murray), avait ici envie de nous parler des vampires de façon originale même si le film repose également sur un immense poncif du registre. En effet, qui n’a pas déjà pensé au fait que les vampires et le rock vont bien ensemble ? Donc vous avez votre réponse. Only Lovers Left Alive est avant tout un film que la critique a beaucoup apprécié du coup j’avais hâte de voir ce que celle-ci avait pu lui trouver. Le film fait quelques constats intelligents sur le monde d’aujourd’hui : le fait que l’on infecte notre sang de tout un tas de merdes, que l’on se bat pour le pétrole alors que la chose la plus importante dans ce monde c’est l’eau (notre corps en est fait à près de 60% tout de même), etc. Et puis il y aussi quelques références assez amusantes au passé (notamment la rumeur qui a toujours dit que Shakeapeare n’avait pas écrit Hamlet). Si l’on met tout cela de côté et l’exploitation inutile du fascinant personnage d’Ana (incarné par Mia Wasikowska), ce film est une grosse déception.
Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?
Ce que je n’aime pas dans ce film c’est son côté nombriliste. On sent constamment que le réalisateur se regarde prendre son pied. Cela rend le film assez long à suivre. Pourtant j’ai beaucoup aimé certains passages (notamment la première demi-heure qui sert de préface à l’histoire ou encore le personnage d’Ana, vrai moment de gaité dans un univers brut et peu fouillé). Car oui, l’histoire manque d’un petit plus. On a l’impression que tout ce que l’on voit a déjà été vu et revu et ce même si ce genre de films de vampires, je n’en avais jamais encore vu. Je me demande si le problème ce n’est pas que le sujet a été surexploité ces dernières années au travers de fables adolescentes sans saveur mais avec beaucoup d’humour également. Au casting on retrouve donc Tom Hiddleston (récemment vous sous les traits de Loki dans la franchise Thor). C’est lui qui m’a le plus intéressé dans ce film même si l’on ne peut pas dire que sa prestation d’homme caverneux soit ce qu’il ait pu faire de plus subtile et passionnant.
On retrouve également Tilda Swinton (We Need toTalk About Kevin). Cette actrice que j’ai tendance à trouver assez juste était particulièrement chiante (il faut dire ce qui est) ici. C’est la faute à son personnage. Bien que celui-ci ne soit pas vidé de son sens ou de sa substance, je n’ai pas réussi à apprécier le tout comme il se doit. Du coup, on s’ennui terriblement. Only Lovers Left Alive n’est pas ce que j’attendais car même si l’on ne peut rien redire sur les images qui sont magnifique, le scénario est vraiment raté. Avec un concept aussi intelligent il y avait de quoi faire autre chose. Notamment avec le personnage d’Ana qui m’a fasciné tout du long de sa présence. La bande son est elle aussi réussie. Finalement, je suis donc déçu car je m’attendais à un truc fascinant et j’ai l’impression d’avoir vu un truc assez pompeux et assommant. Une fois le film terminé il m’en a fallu du temps pour sortir de cette torpeur nocturne tant le tout m’a fatigué.
Note : 4/10. En bref, si la base de cette histoire est fascinante, les longueurs et les lourdeurs scénaristiques basées sur peu de choses ennuient.


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