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CINEMA: Vincent Macaigne, "2 automnes 3 hivers"/"2 Autumns 3 Winters", "Tonnerre"

Par Bullesdeculture @bullesdeculture

Avec trois films sortis cette année (La Bataille de Solférino, La fille du 14 juillet et 2 automnes 3 hivers) et plusieurs autres à venir en 2014 (dont "Tonnerre"), le metteur en scène, acteur et réalisateur français, Vincent Macaigne a étrenné son corps massif et mélancolique dans les jeux de l'amour d'une frange du jeune cinéma français (Justine Triet, Antonin Peretjatko, Sébastien Betbeder, Guillaume Brac).
With three films released this year (Battle of Solferino, The Rendez-Vous of Deja vu and 2 Autumns 3 Winters) and many more to come in 2014 (including "Tonnerre"), the French theatre director, actor and film director, Vincent Macaigne has shown his massive and melancholy body in the love games with a part of the young French cinema (Justine Triet, Antonin Peretjatko, Sébastien Betbeder, Guillaume Brac).More in English >>
"Jean-Paul Belmondo était le symbole de la Nouvelle Vague. Emmanuelle Devos celle de la lignée Why Not (du nom de la boite de production qui produit Despléchin, Audiard...). Vincent Macaigne est l'emblème du jeune cinéma réaliste des années 2010" (Sophie Benamon, Studio Ciné Live). Formé au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, Macaigne est un metteur en scène qui ne laisse indifférent ni au théâtre (spectacle au Festival d'Avignon 2011, artiste associé au théâtre de Nanterre-Amandiers en 2014) ni au cinéma (Grand Prix au Festival International du Court-métrage de Clermont-Ferrand en 2012).

Et dans son premier film, le moyen métrage Ce qu'il restera de nous (2012), il y transpose ses excès et sa cruauté au théâtre par des conflits exacerbés entre ces personnages.
D'abord metteur en scène pour les autres, Macaigne est aussi un corps dont s'empare rapidement une jeune scène française marginale et fauchée. "Il était une fois un acteur hyperinconnu du public, mais pourtant présent dans un film sur deux du «jeune» cinéma français. «Jeune» entre guillemets parce que finalement pas si jeune..." (Anne Diaktine, Libération). C'est Un monde sans femmes (2011) de son ami Guillaume Brac qui va le mieux révéler ce corps atypique dans le paysage cinématographique français.


Un monde sans femmes va poser les caractéristiques contradictoires du personnage trentenaire campé par Macaigne : massif et peu sûr de lui, pudique et excessif, gentil et colérique, sentimental et mélancolique, fonceur et looser.
C'est ce personnage contrasté que l'on retrouve dans son personnage de père de famille déboussolé dans La Bataille de Solférino de Justine Triet et dans son personnage burlesque dans La fille du 14 juillet de Antonin Peretjatko.


Il s'agit toujours d'amour chez le personnage Macaigne. D'histoires d'amour chez les trentenaires déboussolés d'aujourd'hui. Piochons dans sa filmographie récente. Première pioche avec son rôle de trentenaire décidé à changer de vie dans "2 Automnes, 3 Hivers" de Sébastien Betbeder.

Dans ce film, Sébastien Betbeder reprend le personnage de Macaigne mélancolique et excessif décrit plus haut. Il y ajoute un dispositif proche de la télé-réalité où les personnages disent ce qu'ils ressentent par des voix over. Paradoxalement, ce dispositif sensé nous faire entrer dans leur intériorité nous empêche toute proximité avec eux. Les personnages, celui de Macaigne le premier, errent dans un monde éloigné de toute réalité (le personnage de Macaigne n'a par exemple pas de métier) et ce qui leur arrive paraît très superficiel, très déconnecté du réel qui les et nous entoure.
Deuxième pioche avec "Tonnerre" de Guillaume Brac dont la sortie est prévue en début d'année 2014.

Guillaume Brac y filme dans la petite ville de Tonnerre un Macaigne en rocker blasé parti chercher l'inspiration chez son vieux et fantasque père (Bernard Ménez) et qui va trouver l'amour chez une jeune femme très indécise (Solène Rigot). Si le film souffre de longueur et perd un peu le côté décalé des courts-métrages du réalisateur dont le déjà cité Un monde sans femmes, on y retrouve encore le looser Macaigne qui tente de lutter en vain contre un destin toujours contraire.
"L’énergie de réalisateurs et d’acteurs venus d’ailleurs, des Beaux-Arts ou du théâtre, donne un coup de jeune aux milieux cinéphiles" (Stéphane Delorme, Les Cahiers du Cinéma).
L'année 2013 s'achève donc sur la figure d'un Vincent Macaigne en looser amoureux et mélancolique. Souhaitons que l'acteur et ceux qui le filment mettront à profit l'année 2014 pour nous montrer d'autres facettes de ce corps atypique.
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