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Osez, osez Joséphine

Par Marcel & Simone @MarceletSimone

Osez, osez Joséphine

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Jusqu’au 29 juin

Le musée du Luxembourg peut être très décevant. Il avait réussi la prouesse de me faire détester une exposition consacrée à l’un de mes peintres préférés (exposition Chagall, entre guerre et paix l’année dernière pour les curieux). N’étant pas une inconditionnelle de Joséphine, c’est vraiment à reculons que j’allais à cette exposition. Et pourtant.

L’exposition est claire, les objets sont bien mis en valeur, la scénographie est belle. On comprend l’influence de Joséphine sur les arts décoratifs ou la mode. On retrouve le mobilier délicat qu’elle aimait, les meubles aux essences de bois variés avec incrustations d’ébène ou de cuivre et autres psychés, guéridons ou serre-bijoux. Les portait exposés font écho à ses toilettes admirées et copiées dans toute l’Europe. On admire, nous aussi, la sublime robe de cour faite de soie, d’or et d’argent et on apprend que l'impératrice est à l’origine d’innovation tel le choix de la «chérusque», collerette qui montait derrière la tête, portée le jour de son sacre. On y découvre son goût pour les collections de peintures anciennes ou sa passion pour les fleurs. Elle recevait des cadeaux du pape Pie VII ou du roi de Naples Ferdinand IV mais achètait aussi sur le marché parisien en se faisant conseiller, notamment par Vivant Denon, futur directeur du Louvre ou l’expert Constantin. Ce dernier l’aurait surement incité a commandé un portrait du peintre Pierre-Paul Prud’hon. Peintre qui aurait le mieux saisit le charme, la douceur et la sensualité qu'on lui prêtait.

Robe et manteau de cour de l’impératrice Joséphine, Premier Empire, Reps de soie, broderies de fil d'or et d’argent,  tulle, 135 x 300 cm, Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Droits réservés

Robe et manteau de cour de l’impératrice Joséphine, Premier Empire, Reps de soie, broderies de fil d'or et d’argent, tulle, 135 x 300 cm, Musée national du château de Malmaison © Rmn-Grand Palais / Droits réservés

(détail) Pierre-Paul Prud'hon, Portrait de l'impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison, 1805-1809    Huile sur toile, 244 x 179cm, Musée du Louvre, Paris © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard  Blot

(détail) Pierre-Paul Prud'hon, Portrait de l'impératrice Joséphine dans le parc de Malmaison, 1805-1809 Huile sur toile, 244 x 179cm, Musée du Louvre, Paris © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Gérard Blot

Le rôle central de cette femme à la vie mouvementée est mis au grand jour. Née à la Martinique en 1763, une première fois mariée, elle devient rapidement veuve et échappe de justesse à la guillotine. Bonaparte s’éprend d’elle et l’épouse en 1796, l’entraînant dans sa fulgurante ascension. Elle s’appelle Rose, ce que Napoléon trouve niais. Il la renomme alors Joséphine, en féminisant son deuxième prénom. Napoléon se couronne lui-même puis la couronne impératrice à Notre Dame en 1804.

Dès 1799 ils achètent le château de Malmaison, refuge de Joséphine, où est rassemblé l’essentiel de sa collection. Hélas, elle ne peut donner d’enfant à son mari qui, inévitablement, divorce. Les documents officiels tel cette « Annulation Canonique du Mariage de Leurs Majestés l’Empereur et Roi Napoléon et l’Impératrice Reine Joséphine » donne un aspect terriblement réel et émouvant à cet événement historique. Elle se retire à Malmaison en continuant de cultiver son goût pour les arts et les jardins. Le divorce ne freine pas l'expansion de la collection de Joséphine qui continue de s’enrichir. Elle créé un jardin unique en Europe avec une ménagerie célèbre pour ses cygnes noirs et ses kangourous.

Pierre-Joseph Redouté, Tulipes et roses, 1802-1804, Aquarelles sur vélin, 48,8 x 35,7 cm, Upperville, Rachel L. Mellon, Oak Spring Garden  Library © Collection of R.Lambert. Mellon Oak spring  garden Library, Upperville

Pierre-Joseph Redouté, Tulipes et roses, 1802-1804, Aquarelles sur vélin, 48,8 x 35,7 cm, Upperville, Rachel L. Mellon, Oak Spring Garden Library © Collection of R.Lambert. Mellon Oak spring garden Library, Upperville

Malmaison fut l’œuvre de sa vie. C’est d’ailleurs à ce château, devenu musée, que l’on doit cette exposition au Luxembourg. Elle est couplée avec une autre exposition au Musée national des châteaux de Malmaison et Bois Préau, Joséphine, la passion des fleurs et des oiseaux, jusqu’au 30 juin. Une occasion de mieux connaître Rose.

En savoir plus :

Un mercredi soir pour débattre (18h30)

- Mercredi 14 mai, La mode est-elle de l’art ? avec Pascale Gorguet-Ballesteros, conservateur en chef du patrimoine au musée Galliera, Mathieu Buard, professeur à l’Ecole Duperré et Cyril Cabellos, responsable de l’image chez Kering.

- Mercredi 4 juin, Les femmes et le pouvoir, d’hier à aujourd’hui, avec Eliane Viennot, historienne de l’Ancien Régime, Christine Bard, historienne de l’époque contemporaine et Françoise Gaspard, sociologue et femme politique

Les rencontres du jeudi (18h30)

- Jeudi 27 mars, Joséphine et son image, avec Amaury Lefébure, commissaire de l’exposition et Olivier Palatre, scénographe de l’exposition

- Jeudi 10 avril, Joséphine et l’empire de la mode (intervenant à définir)

- Jeudi 22 mai, Conservation, technique et ornements du style Empire, avec Patrick Vastel, Isabelle Tamisier-Vetois et Olivier Lebossé, professeurs à l’École Boulle

- Jeudi 19 juin, Napoléon et les femmes, avec Jean Tulard, historien

Séance dédicace au musée de 17h à 18h avant la conférence


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