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Interview the breeze│«faire danser et puis pleurer»

Publié le 03 avril 2014 par Acrossthedays @AcrossTheDays

A l’occasion de la sortie le de leur EP Riviera, on a eu la chance de partager un moment avec les nouveaux occupants de la scène cold wave française : The Breeze. Entre rythmes entêtants, mélodies mélancoliques et textes sombres, les Bordelais réussissent un coup de maître en prouvant que la nouvelle scène française peut faire danser un public sans forcément parler amour et coquillages. The Breeze, c’est une douce blessure, une jolie violence, et beaucoup d’autres oxymores qui résument assez bien la pop noire aux accents presque post-punk du groupe. Rencontre.

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Across The Days : Parlez-moi de The Breeze, du moment où vous vous êtes rencontrés jusqu’à la formation du groupe.

The Breeze : Au début on était au lycée ensemble, c’était une formation à trois avec un batteur, puis un bassiste nous a rejoint. Ca a duré un an et demi, deux ans dans cette formation à quatre. On a commencé en terminale à jouer sur Paris et à gagner pas mal de tremplins puis on a intégré la pépinière du Krakatoa. Notre batteur est parti vivre en Angleterre donc on a changé de batteur et sorti l’EP Vapeurs Mécaniques. Notre nouveau batteur a quitté le groupe un an après, et c’est là qu’on a décidé de changer de formation pour faire quelque chose de plus électronique, plus dur et rêche.

 ATD : Donc la formation actuelle a beaucoup changé depuis le début du groupe ?

The Breeze : Ouais, car on voulait être sur la même longueur d’onde. On a rencontré Mattei et on est partis sur ce projet à quatre, avec un nouveau bassiste, François, dans le but de vivre de notre musique désormais.

ATD : Parlez-moi un peu de vos influences autres que musicales, j’ai vu que vous évoquiez Xavier Dolan par exemple ?

The Breeze : Oui, on a été touchés par l’omniprésence de la bande-son qui fait de ses films des vidéoclips permanents. Après il y’a beaucoup d’autres références qui n’influencent par forcément notre son mais plutôt la couleur de notre univers. On accroche pas mal avec Lynch, les frères Coen et pour cet EP, on a été vraiment inspirés par Gaspar Noé, ou encore par l’esthétique du film « Akira », ses néons, sa vitesse et la marginalité des personnages.

ATD : Oui, on retrouve cette noirceur dans les textes de Riviera d’ailleurs (« Ta tête heurte les rochers, quand tu plonges dans les eaux vives »)Qui écrit et d’où vous vient l’inspiration ?

Etienne : C’est moi qui écris les paroles, ça traite du quotidien, des choses que je vois, qui me touchent et que j’essaye de retranscrire d’une certaine manière. Je reste explicite mais pas trop afin de me protéger et de ne pas tomber dans la naïveté.

ATD : Et d’ailleurs pourquoi écrire en français plutôt qu’en anglais ? Vous vous sentez proche de la nouvelle scène « French Pop » ?

The Breeze : Pas vraiment, on vient d’une génération différente déjà. Le français nous permet de nous exprimer pleinement, et il y a une esthétique dans les mots que l’on ne pourrait pas transmettre en chantant en anglais.

 INTERVIEW THE BREEZE│«FAIRE DANSER ET PUIS PLEURER»
ATD : En parlant d’esthétique, la pochette de Riviera représente une femme qui flotte à la surface de l’eau, que l’on retrouve d’ailleurs dans le clip. Métaphore, signification ou simplement pour l’esthétique de la photographie ?

The Breeze : Déjà ça fait écho aux paroles du morceau, et on trouvait la symbolique très forte : la personne entraînée par le courant. L’eau est aussi une référence à l’espace des origines, donc ce personnage isolé dans cette position laisse planer le doute car on ne sait pas si c’est le début de sa vie ou la fin.

ATD : Maintenant que votre public vous connaît bien, vous voulez lui transmettre quoi sur scène avec votre nouvel EP ?

The Breeze : Beaucoup d’énergie déjà, mais aussi le faire entrer dans un univers particulier. C’est un peu ambitieux mais on aimerait qu’il puisse pleurer en dansant, qu’il ait une décharge émotionnelle tout en pensant à rien, qu’il puisse s’oublier complètement tout en étant pris aux tripes.

ATD : Pour ce qui est des belles dates, vous êtes servis en ce moment. Entre la première partie de Fauve (lire notre interview) au Krakatoa samedi dernier, la première partie de Stuck In The Sound lundi prochain…

The Breeze : Ouais, Fauve c’était le Krakatoa complet, 1200 personnes devant toi, c’est impressionnant. Et puis voir les gens qui accrochent alors qu’ils ne sont pas venus pour toi, c’est vraiment gratifiant.

ATD : Vous avez également joué à l’Iboat dans le cadre du concours des Inrocks Lab. C’est quoi vos références de la scène actuelle bordelaise ?

The Breeze : Nos potes de Be Quiet. On était hyper contents de se retrouver sur scène avec eux.

ATD : Pour se projeter un peu, comment vous voyez le successeur de Riviera ?

The Breeze : Un peu dans la même veine, mais plus dur et plus électronique encore. Malgré ça, il y aura toujours cet esprit de tristesse et de mélancolie dans notre son. Après, on travaillera la réalisation, les sons et les arrangements d’une façon naturellement différente, car ça suivra notre évolution.

ATD : Et du coup on peut vous souhaiter quoi pour les années à venir ?

The Breeze : Un clip avec Gaspar Noé, la première partie mondiale de Crystal Castles ou de The Horrors ! Non plus sérieusement pouvoir sortir un album sur un bon label en 2015/2016.

ATD : Pour finir en musique, donnez moi… la 1ère chanson que vous avez aimée ?

Etienne : The Man Who Sold The World par Nirvana

Gaëtan : Pieces Of What de MGMT

ATD : La chanson que vous écoutez en ce moment ?

Etienne : Sing de Slowdive

Gaëtan : La reprise de The Suburbs d’Arcade Fire par Mr. Little Jeans

ATD : La chanson que vous écoutez pour partir en vacances ?

The Breeze : Les Smiths, principalement.

ATD : La chanson que vous chantez systématiquement quand vous êtes saouls?

The Breeze : 99 Luftballons de Nena

Le groupe sera en concert le 12/04 au El Chicho à Bordeaux, le 24/04 au Café Charbon à Paris et le 18/06 à la Place de la Victoire à Bordeaux. Retrouvez-les ici.

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