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La goutte d’eau : opération programmée :(

Publié le 05 avril 2014 par Ma_zelle @ma_zelle

dentiste-

Je voudrais bien rencontrer le crétin qui nous a pondu une aberration anatomique : les dents de sagesse ; et j’aimerai aussi comprendre pourquoi au cours de l’évolution humaine, elles n’ont pas disparues puisque de toute évidence tous les dentistes/stomato/ortho s’accordent tous à dire qu’elles ne servent à rien d’autre que de leur faire gagner du fric ?

Les 2 miennes (oui pour une fois que je fais les choses à moitié !) sont sorties quand j’avais 18ans. Mon corps a été intelligent : elles sont bien sorties, toutes belles sans gêner les autres. Elles se sont développées sans foutre le bronx dans ma bouche… et comme je suis très sage, elles sont trop sorties (quasi 4mm de plus que mes autres dents, ce qui crée un « pallier »)

Mais voilà, elles se sont développées dans une mâchoire tordue. Ah la vie était belle pour elles ! Maintenant que la mâchoire est dans le bon axe, elles elles ne se sentent plus à leur place et me l’ont fait savoir. Surtout celle de gauche, petite pute.
Hier donc, l’ortho m’annonce qu’il faut les retirer, enfin surtout celle de gauche pour le moment. En 3 mots, il a concrétisé toutes mes angoisses. Ils m’expliquent, me démontrent pendant 20min leur effet gênant… et m’explique que la gêne qu’elle provoque annihile l’effet de l’orthèse : ma mâchoire veut finir son placement « correct » mais ma p’tite pute la gêne. C’est donc pour cela que tous les symptômes d’avant (névralgie, vertiges, contractures etc. etc. etc.) sont de retour.

« On est parti ? »
Euh, la tout de suite, maintenant ? *Prise au dépourvue total*
Bah oui…
Euh, je ne suis pas sûre…

Je m’en doutais fortement, mais agir aussi vite, le choc psychologique est immense. D’ailleurs il s’en vite compte. Je deviens translucide, tremblante… Il essaie de me rassurer : c’est rien, ça ne dure que quelques secondes. Mais mon cerveau projette dans ma tête des images d’horreur : tenaille, bruit, arrachage. En fait, pour une dent de sagesse qui n’a pas poussé je vois comment ça se passe : on ouvre, on enlève, on recoud… mais une dent déjà sortie ? A part tirer dessus, je ne vois pas… et vu la taille de la dent, j’imagine la taille de l’outil et la force nécessaire…
Impossible de me raisonner. J’essaie de me dire « au moins c’est fait », et puis si je reporte je vais encore plus psychoter, mais non ; mon fort intérieur hurle « non pas maintenant ».
Il regarde quand même mes dents, constate que l’ouverture de ma bouche est encore limitée et est juste suffisante pour qu’il y ait accès correctement. Sauf que maintenir la bouche 2min ouverte c’est déjà clairement insupportable : mes muscles se tétanisent, ma lèvre se met à trembler et pire, la mâchoire craque et j’ai l’impression qu’elle va juste « lâcher »…

Je rappelle que je peux l’ouvrir à 2cm max… si il appuie sur l’articulation (au niveau de la tempe), ça estompe un peu la douleur (ça la diffuse plutôt qu’elle ne reste « centrée ») et j’arrive juste à 2,5cm…

ouverture
« C’est juste, mais c’est possible pour lui ». C’était la phrase de trop… c’est « juste » : donc en gros, tu vas tirer sur ma bouche pour la maintenir ouverte donc je suis assurée de déclencher une névralgie dans la foulée…

Il m’explique qu’en l’enlevant il est relativement probable que celle juste à côté développe une carie. C’est le pompon… Je manque le malaise. Je me décompose encore plus…

Il tente l’humour.
Non, ne cherche pas, t’es pas drôle mec. Absolument pas. Tu pourrais faire n’importe quoi le singe avec une plume dans le cul que tu ne serais toujours pas drôle ; pour moi là, t’es juste un monstre qui va enlever un bout de moi.

Il me dit finalement, je ne vous sens pas… ça tombe bien, moi non plus je me sens pas là : on va vous mettre sous anti-inflammatoire et anti-douleur… le fait d’avoir moins mal vous aidera probablement.

Euh, je ne crois pas… mais si tu veux !

Il m’explique un peu… Je demande pour les gonflements (je travaille 2jours après) : il n’y en aura pas. Mouais, vu ma chance, je suis sûre de tripler de volume genre éléphant man, le tout surement accompagné de bleu…
Juste, il m’explique que les 2 jours après je ne devrais pas fumer ou le minimum.
Ah, et juste avant, j’ai le droit de fumer le paquet complet ou bien ?!
Il rigole… Il me répète que c’est une opération bénigne, anodine et quasi quotidienne pour lui. D’ailleurs, le patient avant vient de le faire, ça a duré 10sec en tout. C’est une histoire de confiance.
Non, c’est une histoire d’angoisse, de trouille, de peur viscérale et je le sais irrationnelle, mais voilà, je ne contrôle pas. Et puis, je n’ai jamais eu de problème, jamais charcutée, anesthésiée, ouverte, allo, tu m’en demandes beaucoup… surtout quand tu sais qu’un simple détartrage m’angoisse. Non pas que j’avais eu mal aux dents, mais parce que garder la bouche « « grande » » ouverte est un véritable supplice et que la douleur traine sur plusieurs jours. Je lui demande si il a quelque chose à me filer pour l’angoisse car je risque d’être ingérable, casse-couille, infecte… Il me dit non, ça ne sert à rien. Ok, à tes risques et périls mecs… je ne peux pas ouvrir la bouche, par contre mordre, je maitrise encore.
La secrétaire aussi tente de me rassurer et puis elle me montre sur le dossier qu’il avait écrit que cette foutue pute dent de sagesse viendrait perturber le traitement à un moment. Je l’ai un peu mauvaise : pour lui c’était aujourd’hui… elle aurait pu me prévenir que ça risquait d’arriver et surtout que c’était possible qu’il me le propose le jour même ; certes, je me doutais qu’il me dirait ça, mais absolument pas qu’il me le proposerait cash. Pour moi c’est quelque chose qui se programme…

Je monte dans ma voiture, et je m’effondre.

J’ai la haine après lui, mêlé à un trop d’angoisse et à ces douleurs chroniques qui me rendent dingue… Il n’en fallait pas plus pour que je craque.

Je me reprends, et passe finalement à la pharmacie avec mon ordonnance, en mode automate, avec une seule idée en tête « et vous avez des trucs pour les angoisses TRÈS fortes ET passagères ?!». Elle me file de l’homéopathie (gelsemium et ignatia amara)… 3 de chaque par jour 2 jours avant, et 10 de chaque le jour J. Elle me regarde : en fait, vous pouvez commencer dès maintenant (donc une semaine avant). Quoi, ça se voit tant que ça ?!

Me voilà donc chez moi à stresser, j’ai fait des cauchemars ignobles cette nuit… et je viens de me rendre compte qu’il m’a prescrit des anti-inflammatoires que bien entendu, je ne supporte pas (pour changer !!)… oui la trouille m’a fait oublier de vérifier l’ordonnance.
Au final, tout le monde me dit que j’ai été conne d’avoir refusé et reporter… Mais pour moi non. J’ai besoin d’un temps, même si ça ne changera rien à la peur : attend, on va m’enlever un bout de mon corps, certes inutile, mais on va mutiler ma bouche… oui, je sais c’est une drôle de façon de voir les choses, mais c’est ainsi que je le vis.

Ma peur est irrationnelle, et j’en suis consciente, mais rien y fait. Je n’en parle pas car tout le monde me dit « c’est rien, tu verras, ils ont l’habitude ». Et alors? Qu’est-ce que je m’en fous qu’il ait l’habitude ou pas? C’est ma dent, ma bouche.

C’est comme pour les gynécos ça : « mais ils s’en foutent ils voient des chattes toute la journée »… Je m’en fous, quand c’est la mienne, c’est différent !
Et je ne suis pas débile, je sais que c’est un acte anodin… je le sais. Mais je sais aussi la douleur non-stop que je supporte depuis octobre. Je sais que c’est inévitable pour que le traitement fasse son oeuvre. Je sais que personne n’en est mort, je sais aussi qu’on ne sent rien avec l’anesthésie…
Mais voilà, j’ai peur de l’anesthésie (la seule que j’ai faite n’a jamais fonctionné… fais-toi recoudre sans anesthésie, tu comprendras), j’ai peur qu’il galère (poissarde comme je suis!), j’ai peur d’entendre ma mâchoire se déboîter (car qu’on se le dise, j’ai un gros risque que cela arrive), j’ai peur du bruit, j’ai peur que mes dents se déplacent par la suite, j’ai peur de cette potentielle carie, j’ai peur d’avoir une grosse névralgie après.
Et puis c’est con, mais je le vis vraiment comme une mutilation… on t’enlève un bout de toi (oui je sais aussi, c’est complètement idiot).
Mais j’ai peur, je me chie littéralement, et ça, ça ne se contrôle pas!!

J’ai RV jeudi… Au secours.

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