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En un monde parfait de Laura Kasischke

Par Séverine @Sev_chronique
En un monde parfait de Laura KasischkeJiselle, hôtesse de l'air, est la plus heureuse des femmes quand Mark Dorn, le très beau pilote, et le plus convoité, la demande en mariage. Elle quitte son boulot et part s'installer chez Mark et ses trois enfants, dont la mère, Joy, est décédée, renversée par un autocar devant leur maison. Être femme au foyer dans une maison encore imprégnée par la présence de Joy n'est pas de tout repos. D'autant plus que, si Sam le plus jeune des enfants accepte tout de suite l'arrivée de Jiselle dans leur vie, ce n'est pas du tout le cas des deux filles de Mark, Camille et Sara, bien décidées à mener lui mener la vie dure. Sans compter que Mark est souvent absent et qu'une étrange épidémie, surnommée la "grippe de Phoenix",  frappe les États-Unis, en faisant des ravages et en menaçant l'équilibre de tout un pays.
En commençant En un monde parfait, je m'attendais à une histoire peut-être un peu banale, qui tournait autour de la mort mystérieuse de la première femme de Mark (façon Daphne du Maurier dans son très bon roman Rebecca) : était-ce un simple accident ou un suicide voire un meurtre ? Mark y avait-il joué un rôle ? Mais en fait pas du tout ! Le talent de narration de Laura Kasischke nous fait basculer petit à petit dans un roman presque apocalyptique, dans lequel la vie confortable des Américains se fissure : l'épidémie mystérieuse et sans remède semble faire de nombreuses victimes que le gouvernement cherche à cacher, les Américains deviennent des pestiférés interdits de séjour dans les autres pays, l'économie s'effondre, les mentalités changent, les extrémismes montent, tandis que la pénurie de carburant, de denrées alimentaires et les coupures répétées d'électricité affectent durement la vie quotidienne.
Laura Kasischke parvient à faire ressortir de la beauté de ce monde qui s'écroule : elle nous montre une famille unie, la solidarité qui naît entre voisins, la nature qui reprend le dessus. Le personnage de Jiselle, soumise et effacée, prend peu à peu de l'ampleur (heureusement d'ailleurs, car elle était assez insipide au début) et elle trouve en elle une force et une détermination jusqu'à devenir véritablement le pilier de la famille. Le récit nous tient d'un bout à l'autre et on dévore ce roman en se prenant d'affection pour Jiselle et les enfants dont elle a la charge. 

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