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"Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !" : 42ème Salon des Artistes

Publié le 10 avril 2014 par Marcel & Simone @MarceletSimone

42ème Salon des Artistes

Centre d’Animation Pierre Jacques

Fontaines-Lès-Dijon

Jusqu’au 21 avril

Renseignement : 03 80 58 05 88

Chauffemarcelliens, chauffemarcelliennes ! J’entends mugir dans nos campagnes ! Vous avez voulu voir Vesoul ? J’ai mieux !

Et si on allait plutôt à Fontaine-Lès-Dijon, au 42ème salon des Artistes ? Hein ? Hein ?

Je pourrais vous dire que cette initiative a pour but de promouvoir des artistes de la région. Vous mentirais-je alors ? Par omission sans doute. L’exposition se pare chaque année d’un invité d’honneur, mais les autres gouttent à la sauce aigre-douce d’un casting sévère. Le concours est ouvert à toutes formes d’arts plastiques, aux professionnels comme aux amateurs, mais c’est un jury composé d’amateurs d’art (et non d’artistes) qui élit les exposants.

Le résultat : 39 peintres et 7 sculpteurs triés sur le volet et rassemblés dans ce qui est vraisemblablement la plus belle exposition de l’agglomération dijonnaise. Difficile de ne pas trouver son bonheur dans ce vivier. Les œuvres ont l’espace nécessaire pour respirer, sans se parasiter les unes les autres, et cela alors que, bien souvent, les mondes qu’elles représentent se trouvent à des univers de distance.

Car c’est la richesse de ce salon : la diversité. Seriez-vous par hasard amateurs d’hyperréalisme ? Les toiles de Bernard Poisot vous invitent à l’entrée de son salon illusoire d’où vous pourrez subir à votre tour le supplice de Tantale. Littéralement. La sublimation de la réalité impacte directement le cortex, la texture de ce fauteuil en velours appelle la caresse, cette carafe de vin donne soif, c’est très frustrant.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

A l’opposé (mais juste à côté), vous trouverez Reshat Ameti, un peintre macédonien voyageur. Ici la lumière et les formes géométriques déconstruites évoquent à la fois la terre et ciel, l’humainement concevable et des sommets réservés à Zeus-et-ses-potes, les profondeurs de la psyché comme l’âpreté de la matière.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

Ou rien du tout, chacun son truc ! Après tout si vous voulez du viscérale j’ai aussi ! Mann expose deux toiles, d’une grande brutalité. Violence du trait, violence du sujet, violenceviolenceviolence. C’est un peu « vanitas vanitatis of the dead ». Que les fans des bisounours passent leur chemin, Mann ne joue pas à la marelle. Si vos terreurs nocturnes ont un visage, ça pourrait être celui là.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

Si en revanche vous recherchez du serein et de l’apaisant, du beau, de l’esthétique et du dépouillé, vos pas pourraient faire pire que de vous mener du côté D’Hisako IIhashi. Un trait de calligraphe pour représenter le nu, et une étrange continuité de l’intention. Comme si un mouvement intérieur contaminait le pinceau qui, devenu vivant à son tour, animait le corps sur la toile.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

Mais vous aimez le travail de la pierre, la révélation d’une matière propice à l’art brut. Allez donc voir les sculptures de Christophe Temple. Gargouilles ? Aliens ? Art primaire sur ciment ? Une série de monolithes rassemblés là semble s’apprêter à célébrer quelque rite païen venu tout droit de l’espace ou d’une civilisation perdue. Et quelle est cette étrange vie qui émane de la pierre ? Ctuluh ? C’est toi ?

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

Il m’est impossible de citer tout le monde, je ne fais que mettre en lumière les extrémités du large spectre présent au Salon. Néanmoins il me faut absolument mentionner Micheline Reboulleau et ses aquarelles, toutes invitées d’honneur. Vous percevrez l’hypnotisante mouvance de ces objets inanimés, vous vous demanderez aussi comment un bateau peut à ce point avoir l’air de respirer.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !

Je suis loin d’avoir fait le tour et ne rend même justice à aucun des artistes cités. J’aurais bien parlé de Robert Hezard, amoureux de Nicolas De Staël, Edith Nicot, plasticienne qui donne vie à la fibre de Kozo, Igor Misyats et sa peinture sur verre, Sophie Verbeek, calligraphe d’ombre et de lumière…mais je vous laisse le plaisir de les découvrir. Ceci n’est après tout qu’une invitation et si vous l’acceptez, vous devrez bien admettre que vous n’êtes pas déçus du voyage.

Mais je te le dis, j’irai pas à Paris !


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