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Un lieu, une histoire: la lente attente de la mort à la tour de Londres

Publié le 18 avril 2014 par Romain Delannoy

Etre condamné à mort est un supplice que je ne souhaite à personne mais quand en plus on la repousse après vous avoir enfermé dans l'une des tours les plus célèbres du monde, nous pouvons parler de torture mentale même si ce n'était pas la volonté des bourreaux. Cette femme s'appelait Anne Boleyn et est devenue la deuxième femme du roi Henri VIII consummant alors la séparation de l'Angleterre avec le pape. Pourtant quelques années plus tard, son joli minois allait être tranché par une épée bien aiguisée. Comment passe-t-on du trône à l'échafaud?

 

Un lieu, une histoire: la lente attente de la mort à la tour de Londres

Henri VIII, n'en doutez pas mais on peut le surnommer le roi niqueur

Au départ, c'est tranquillement aux Pays Bas qu'Anne entame son éducation mais elle arrive à la cour d'Angleterre car son père est un diplomate très doué en langues et apprécié d'Henri VIII, le roi. Un roi colérique, roux et qui commence à s'engrosser comme une vieille pintade même s'il n'a pas encore atteint le quintal et que son furoncle n'est pas encore sorti de sa chair. A l'époque, il est roi alors qu'il n'aurait pas du l'être. Il profite de la mort de son frère Henri VII alors souverain. La mort d'un roi fait le trône d'un autre. Pour femme, on eut la bonne idée de le marier à Catherine d'Aragon, la veuve de son frère. Les souverains anglais pratiquent donc la tournante familiale. C'est clair qu'en famille, on a beaucoup plus confiance. Cependant, cet orageux personnage aimait créer la tempête sous la couette (non, je ne parle pas de pets dégueulasses) et enchaînait les maîtresses. Catherine d'Aragon, bien que lui ayant donné une fille, n'a jamais réussi à lui donner de garçons. Anne arrive donc dans ce climat et fait mouche sur Henri VIII qui s'est déjà tapée Mary, la soeur d'Anne, qui a accouché d'un de ses fils, jamais reconnu. "Plus belle la vie", c'est d'une simplicité à côté. Sauf que Anne refuse les avances du roi, ce qui accroît son désir. Finalement, elle finit par succomber et le roux veut en faire sa reine. Là, la papauté refuse d'accorder son divorce et il décide de se déclarer chef de l'Eglise d'Angleterre et envoie Catherine d'Aragon se faire chier au couvent.

Un lieu, une histoire: la lente attente de la mort à la tour de Londres

Anne Boleyn quand elle avait une tête

Anne Boleyn, alors peu appréciée du peuple, jouit de cette situation. Henri VIII met toute sa vigueur sexuelle pour obtenir un enfant avec sa promise. Le jour heureux arrive et le sort semble se foutre du gros car c'est la petite Elizabeth qui naît, future grande souveraine. Mais pourquoi Dieu ne souhaite pas lui donner un garçon? La rancoeur commence à naître envers la jeune Anne et les maîtresses s'enchaînent. Elle reprend du bide et cela annonce un nouvel événement, heureux le souhaite-t-on. Seulement, alors qu'on est sur que c'est un garçon, la brunette fait une fausse couche. C'était d'ailleurs bien un mâle, le foetus l'attestant. Ivre de colère, le roi se rapproche d'une blonde, catholique, cette fois, Jane Seymour. C'est le début de la descente aux enfers pour l'ex amante.

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La prison de la reine

Très vite des rumeurs circulent sur le soit disant adultère d'Anne Boleyn qui se serait tapée une tripotée de mecs dont, tenez vous bien ... son frère. Les histoires de coucheries familiales, c'en est trop. Ceci fait en tout cas les affaires d'Henri VIII qui se retrouve un peu con car il fallait trouver un moyen d'écarter cette nouvelle reine, elle pour qui il avait fait des pieds et des mains allant jusqu'à entamer une rupture avec le pape. Anne Boleyn est donc accusée de haute trahison et est enfermée dans la tour de Londres. Henri VIII ne viendra d'ailleurs jamais la voir jusqu'à la mort. En ce qui concerne la culpabilité de la jeune femme, les historiens semblent converger vers de la pure calombie. Elle serait donc innocente mais la prison l'accueille quand même à bras fermés. N'imaginez pas une pièce avec de la paille dans un vieux cachot. C'est une pièce noble où elle a encore des serviteurs. En 1936, soit 3 ans après son couronnement, Anne Boleyn attend la sentence. Celle-ci est prononcée. Anne Boleyn prie et se sent prête à mourir mais on lui annonce que la mort sera reportée au lendemain. Savoir qu'on va mourir est chose pénible à vivre sans jeu de mots mais en plus faire durer le suspense, c'est carrément dégueulasse. Ce n'est pourtant nullement une volonté du roi de se délecter d'un plaisir macabre. En réalité, ce bon Henri a été plutôt clément et a opté pour la décapitation plutôt que pour le bûcher, pour le coup très infamant. Il avait donc demandé à un bourreau de Calais de venir mais celui-ci fut en retard. Le but était de trouver un professionnel qui lui trancherait la tête à l'épée afin que la mort soit rapide pour lui éviter les souffrances. En tout cas, surtout pas la hache pour laquelle on pouvait s'y reprendre à plusieurs reprises. Imaginer donc les pauvres têtes qui attendent de tomber. Le lendemain, Anne se dirige vers l'échafaud et fait un discours à la gloire de Dieu et du bon roi d'Angleterre, le syndrome de Stockholm en quelque sorte. Là alors que l'ambiance est pesante, le bourreau demande "Où est mon épée?". Pourtant, il a son épée. Ce n'était qu'astuce afin qu'Anne tourne la tête et ne s'aperçoive pas qu'elle allait mourir. Quoiqu'il en soit, elle demeura sans tête. L'histoire apprendra par la suite à Catherine Howard, la cinquième femme d'Henri VIII, que ses femmes n'avaient pas toujours toute leur tête en l'épousant.


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