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[Critique] HOLY SMOKE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
  • 17 mai 2014
  • Nicolas Cambon
  • STAR VIDEO CLUB
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[Critique] HOLY SMOKE

Titre original : Holy Smoke

Note:

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Origines : Australie/États-Unis
Réalisation : Jane Campion
Distribution : Kate Winslet, Harvey Keitel, Sophie Lee, Daniel Wyllie, Paul Goddard, Julie Hamilton, Tim Robertson, Pam Grier…
Genre : Drame
Date de sortie : 24 novembre 1999

Le Pitch :
Lors d’un voyage en Inde (ou plutôt d’un trip, dans tous les sens du terme), la jeune australienne Ruth Barron tombe sous la coupe d’un gourou (elle appelle ça « éveil spirituel »). Elle refuse alors de rentrer au pays, fuit ses parents, et se fait appeler Nazni. Après avoir essayé de la convaincre en vain de revenir, sa mère use d’un subterfuge pour la faire rentrer et lui fait rencontrer P.J. Waters, un exorciste qui fait décrocher les gens des sectes. Entre Ruth et P.J., une relation ambigüe va naître…

La Critique :
Le cinquième long-métrage de Jane Campion se détache du classicisme de ses œuvres majeures, dont Un Ange à Ma Table, La Leçon de Piano et Bright Star. Ici, on voyage entre l’Inde et un village au fin fond de l’Australie. Il se dégage une atmosphère de trip mystique tout au long du film. Comme à son habitude, Jane Campion dépeint le combat d’une femme forte presque seule contre tous. Mais à la différence de l’épouse mutilée pour son adultère de son premier long-métrage, ou de sa femme flic meurtrie au fur et à mesure de son enquête dans Top Of The Lake, l’héroïne de Holy Smoke est bien plus ambiguë. C’est quand elle est sûre d’elle, au début, qu’elle est finalement la plus fragile. À l’inverse, au moment où elle craque, se mettant à nu, au sens propre comme au figuré, elle inverse finalement les rapports de domination sur son « exorciste », joué par Harvey Keitel. Elle détruira méthodiquement sa misogynie et son orgueil, devenant métaphoriquement une torera. Ce changement va bousculer également le spectateur dans l’idée qu’il se faisait sur l’héroïne. À travers une scène notamment, qui est un tantinet perturbante, (quand Kate Winslet est nue), de par son caractère empoisonné et l’ambigüité des dialogues, et qui se positionne donc bien loin de certaines scènes de nu sexy dans d’autres films.

Holy Smoke suscite des sentiments partagés. C’est l’impression qui prédomine dans le film, via la confrontation entre Ruth et PJ. On est dans une tension permanente et une atmosphère électrique. Une passion assez peu saine entre un exorciste qui outrepasse ses devoirs et cède à ses pulsions et une femme qu’il est sensé soigner. Une relation totalement ignorée par l’entourage de Ruth, complice sans le savoir, mais aussi par l’épouse trop conciliante de PJ, jouée par une Pam Grier, qui effectue là une superbe apparition bien que furtive.
Partagée, c’est aussi l’impression que suscite le travail de Jane Campion sur cette œuvre. On a le sentiment que parfois, elle hésite entre pur délire et descente aux enfers, et cela donne quelques courtes séquences drôles, mais la réalisatrice n’allant pas jusqu’au bout, elles tombent un peu à plat et créent des longueurs inutiles qui plombent un chouïa le film. Des scènes auxquelles on préfère les séquences de déglingue entre les deux personnages principaux pour lesquelles Jane Campion, mais aussi ses acteurs, semblent curieusement bien plus à l’aise. Harvey Keitel, pour sa deuxième collaboration avec la réalisatrice, livre une magnifique prestation dans la lignée de ce qu’il a produit tout au long de sa belle carrière. Il campe un personnage ambigu et manipulateur comme il semble les aimer, qui sera finalement malmené jusqu’au point de non-retour, atteint durant le climax du film. Kate Winslet quant à elle, sort de sa zone de confort pour retrouver cette folie qu’elle avait dans Créatures Célestes.

Mené par un duo d’acteurs au sommet, poussés dans leurs retranchements, magnifié par une très belle photo, Holy Smoke aurait pu s’éviter certaines scènes inutiles. Néanmoins, même s’il ne restera pas le plus grand long-métrage de Jane Campion, il demeure un très bon film d’auteur, audacieux. Une œuvre mystique et vénéneuse.

@ Nicolas Cambon

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Crédits photos : Bac Films

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