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Saramago et Teulé

Publié le 29 mai 2014 par Montagnessavoie


Je ne savais pas si j'allais vraiment vous parler de ces deux livres-là. Non qu'ils m'aient véritablement déçue, mais je n'ai pas été transcendée par leur lecture. D'autres en ont dit qu'ils étaient génialissimes. Je suis assez réservée sur le superlatif. Quoi qu'il en soit, ils sont solides par leur construction, cohérents par leur ambiance. Ils me restent en mémoire, c'est pourquoi j'ai fini par vous en causer deux mots (deux, pas plus).  José Saramago, La lucarne. Une amie m'a récemment conseillé d'aller lire l'intégrale de Saramago. D'après elle (et c'est une spécialiste en littérature), c'est un génie. J'ai commencé par celui-là, peut-être n'aurais-je pas dû ? Peut-être dois-je retenter ma chance avec un autre roman du même auteur pour me faire une idée plus précise, plus objective ? La lucarne est apparemment une oeuvre de jeunesse que les éditeurs, à l'époque, avait refusée, et qui est ressortie de derrière les fagots après la mort de l'auteur. On dit que Saramago n'aurait sans doute pas produit une telle oeuvre si cette première création avait été éditée. On dit aussi que ce premier opus porte en lui le germe de toute l'écriture du Portugais. Je me suis retrouvée dans une atmosphère proche de certains auteurs espagnols de la première moitié du vingtième siècle : ce mélange de poésie fataliste, de peinture sociale réaliste et de drame sous-jacent.  Les personnages qui déambulent dans l'immeuble ont à la fois tout et rien à raconter. Aucune action véritable dans La lucarne, et pourtant tout y est dit de la condition humaine, de ses travers, de ses élans assouvis ou réprimés. Une fresque littéraire du genre de celles que peignait le peintre mexicain Diego Rivera en son temps.  Jean Teulé, Le magasin des suicides. Il s'agit là d'un tout autre ton. Nous sommes dans l'absurde le plus total : une famille aux prénoms significatifs qui, au lieu de vendre des farces et attrapes, vend des potions mortelles, des cordes pour se pendre, des pistolets à un coup et autres artifices pour en finir avec la vie. Le seul personnage qui détonne au-milieu de ces êtres tragiques, c'est le fils cadet, un sourire constamment scotché aux lèvres, et qui fait le malheur de ses parents. C'est bien trouvé, bien écrit. C'est drôle. C'est mignon. Je ne dénigre pas, l'idée est excellente et le sujet est maîtrisé. Mais on s'attendrait, étant donnée la maîtrise de la plume, à plus d'audace, vers le trash ou vers le burlesque. Malheureusement, on reste dans l'entre-deux. On attend que le coup parte, et rien ne vient. A lire dans une salle d'attente, dans le bus pour se distraire, sans rien demander de plus qu'un bon moment. Mais, au fond, n'est-ce pas ce qu'on recherche parfois avec les livres ? Par acquis de conscience, il faudra que j'essaie de voir l'adaptation faite par Patrice Leconte :

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