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Gestion des financements corporate : vers de nouveaux acteurs ?

Publié le 24 juin 2014 par Sia Conseil

Gestion des financements corporate : vers de nouveaux acteurs ? Suite aux crises financières, à la crise de liquidité et face au contexte règlementaire actuel, les banques ont réduit certaines de leurs activités trop consommatrices en liquidité ou capital et ont mis en place une nouvelle stratégie: le modèle Originate to Distribute[1].

Dans ce nouveau modèle de financement, la banque recherche des investisseurs pour participer aux financements. L’objectif des BFI les plus en pointe dans ce modèle est de transférer 80% de leurs créances aux investisseurs, les 20% restants étant portés sur le bilan de la banque.

Ces investisseurs sont notamment des fonds de placement, des compagnies d’assurance, des asset managers qui cherchent des sources de revenus à long terme et peu risquées.

Intéressés par le rendement et la diversification que permet d’apporter un investissement en loans; ils ne souhaitent néanmoins pas pour autant mettre en place au sein de leur organisation tout le dispositif pour les gérer.

En effet, posséder une part dans un financement syndiqué via un pool bancaire impose des tâches de gestion back-office spécialisées pour gérer les flux associés à cette part (tirages, remboursements, perceptions d’intérêts et commissions‌).

Dans une BFI, toutes les étapes de gestion sont totalement intégrées dans des processus Front-Middle-Back, permettant de gérer des milliers de tranches en bilatéral, en tant qu’agent ou en tant que participant. Mais pour un simple « investisseur en loans » accédant à un nombre plus limité de participations, les seules tâches de gestion qui lui sont strictement nécessaires sont :

  • la comptabilisation matérialisant in fine cet investissement dans ses livres,
  • une vision globale sur le risque et son évolution (pas au niveau du suivi du moindre covenant, mais plutôt dans une analyse de masse, de niveau portefeuille).

Les BFI offriront de nouveaux services pour étendre la base d’investisseurs dans les financements.

Les banques disposent d’infrastructures industrielles de gestion des financements (humain et systèmes) qui peuvent être mises à disposition d’autres acteurs. Cela n’est cependant pas immédiat pour elles car il s’agit de passer de processus purement internes à des processus ouverts vers des clients. Or leurs systèmes et organisations n’ont pas été conçus dans cette perspective.

Plusieurs niveaux de services vis-à-vis des investisseurs sont alors envisageables. Tout d’abord concernant les modalités d’intervention des investisseurs : en tant que simple participant en financement direct (la banque n’intervenant alors qu’en tant que prestataire de services).

Pour se différencier auprès des investisseurs, les banques devront travailler sur les services offerts :

  • mettre en place le bon reporting, facilement exploitable et riche pour les investisseurs,
  • mettre en place un dispositif de réponse aux questions des investisseurs
  • ne pas se limiter à de la gestion  de cash flows, à de la domiciliation de flux, mais avoir une base de services suffisamment large.

Cela permettra d’étendre leurs offres à de plus nombreux acteurs, sans se limiter à quelques gros assureurs partenaires.

Lorsque les BFI proposent un service de loan servicing à des tiers investisseurs, cela s’inscrit totalement dans leur stratégie Originate-to-Distribute. Certes, elles percevront des frais pour cette gestion mais cela doit surtout permettre d’étendre la base d’investisseurs servis. Cependant, ne pourrait-on pas également voir des services de gestion plus indépendants émerger sur ce marché de la gestion pour compte de tiers ?

…nouveaux services, nouveaux acteurs ?

Dans la mesure où ils pourraient offrir un service compétitif en termes de coĂťts, l’arrivée de nouveaux acteurs qui proposeraient d’assurer des prestations de gestion deviendrait théoriquement possible. L’externalisation complète du BO et de la fonction agent étant alors envisageable.

De tels acteurs, ont évidemment plus de chances d’être lancés sur la base d’un existant :

  • par l’ouverture d’un service de gestion pour compte de tiers par une banque, qui pourrait être placé dans une structure non-bancaire dans un second temps ;
  • par la mise en commun par plusieurs banques de leurs back-offices financements dans une structure commune…

Le scénario du spin-off de structures bancaires existantes dans des sociétés de service est un scénario plus probable qu’une création ex-nihilo. Cette dernière option n’est pourtant pas techniquement impossible. Il faudrait cependant disposer d’un premier portefeuille de taille critique à gérer pour lancer l’activité. Le mouvement pourrait donc aussi être initié par un ou plusieurs investisseurs en loans.

Une évolution telle que décrite ici vers des prestataires de servicing indépendants est donc tout à fait possible dans le monde du financement. Ce qui reste maintenant à voir c’est comment et avec quels partenaires émergeront les premières usines notables si elles réussiront à attirer suffisamment de clients…

Sia Partners


[1] : Cf. Article Stratégies Originate to Distribute : l’heure est au premier bilan dans les BFI


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