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Black Coal, l’Ours d’or de la dernière Berlinale – notre avis

Publié le 08 juillet 2014 par Tempscritiques @tournezcoupez

Black Coal est le troisième long métrage du prometteur cinéaste chinois Diao Yi’nan. Ours d’or au dernier festival de Berlin et Ours d’argent du meilleur acteur, ce film a fait sensation et s’est glissé au dessus du lot lors du dernier festival allemand.

Black Coal film Diao Yi'nan

Surprise de cette année cinématographique, le film de Diao Yi’nan, bien que non sans aucun défaut, offre un pur moment de plaisir qui trouve son origine, entre autres, dans le jeu d’acteur très sensible et juste, le réel sens du cadre, la photo léchée, et l’amour perceptible du metteur en scène pour le film noir.

Evidemment sombre, le scénario pourrait  être digne des grands films noirs américains des années 1940-1950. Des parties de corps humains sont retrouvées à des centaines de kilomètres les uns des autres. Le flic chargé de l’affaire, désabusé, finit par abandonner l’enquête, puis son métier, et se reconvertit dans la sécurité. Il reprend ensuite indirectement du service suite à une convergence d’éléments, relançant l’enquête initiale.

Jugée par certains alambiquée voire difficilement intelligible, l’intrigue s’avère tout de même fluide même si elle recèle, ça et là, quelques zones d’ombre. Le film aurait gagné en puissance en ajoutant au scénario une dose supplémentaire de suspense et de rebondissements, mais le réalisateur a fait le choix d’un style plus contemplatif, s’attachant principalement à la psychologie des personnages plus qu’à l’enquête à proprement parler.

Les talents conjugués du metteur en scène et du chef opérateur offrent de véritables séquences de cinéma qui marquent incontournablement les esprits, et finiront par rester en tête chez le spectateur plusieurs jours après qu’il se soit immergé dans cette oeuvre glauque. La mise en scène oscille entre une tonalité quasi burlesque et un rythme nonchalant (la scène de la tuerie dans le salon de coiffure) et des moments de pure poésie (le tête à tête dans la grande roue ou la poursuite sur la patinoire) durant lesquels le travail de la photographie est visuellement saisissant de beauté.

Si le film ne possède pas la puissance dramatique des grands films noirs d’époque, ni la profondeur métaphorique et métaphysique de l’admirable Touch of Sin, par exemple, il n’en demeure pas moins agréable et offre, qui plus est, une grande satisfaction visuelle. A voir !

Affiche Black Coal critique film


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